Unpoème cueilli dans Les Contemplations de Victor Hugo pour célébrer la Fête des morts. « Si c’est cela la mort, alors elle semble belle ! » (Verlaine) Ce que c’est que la mort « Ne dites pas : mourir ; dites : naître. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ;

Le 22 mai 1885, au numéro 50 de l’avenue qui portait déjà son nom de son vivant, Victor Hugo se meurt, et la France tressaille. Sa disparition, à 13h27 et à 83 ans, provoque en effet un séisme d’une magnitude inégalée. La IIIe République de Jules Grévy craint une soudaine résurgence des anarchistes et un soulèvement des ouvriers. Le peuple de Paris exige en vain un jour férié, le dimanche, et le passage du cortège par la rive droite afin de pouvoir accompagner, couchée dans le corbillard des pauvres», la dépouille de son suite après la publicité Et le clergé fulmine au prétexte qu’on le dépossède de son église Sainte-Geneviève et qu’on en chasse les prêtres pour mieux accueillir, dans un Panthéon rendu à la patrie laïque, le grand homme qui croyait en Dieu, mais refusa l’extrême-onction. L’auteur des Misérables» y est inhumé après avoir dormi une nuit sous l’Arc de Triomphe. On compte alors deux millions d’endeuillés. Ce n’est plus un enterrement, c’est une révolution. Sauf qu’elle est calme et digne. Ancienne journaliste à Libération», capable de relater aussi bien les morts successives de Vincent et Théo Van Gogh que la nuit de Sarkozy au Fouquet’s, Judith Perrignon, envoyée spéciale au XIXe siècle, ne couvre pas seulement les funérailles de Victor Hugo, elle enquête aussi sur ses proches – sa fille schizophrène et ses chers petits-enfants –, ses amis, ses ennemis, ceux qui le pleurent, ceux qui l’embaument et ceux qui le craignent encore. Elle se glisse dans la chambre du défunt, devant lequel se signe Sarah Bernhardt, s’introduit à l’Assemblée nationale, où l’on encense le poète et ignore le politique, dans le poste de police où le commissaire Féger veille à l’ordre public, dans la prison Saint-Lazare, où Louise Michel apprend la mort de son ami, et elle suit le cortège funèbre, qu’escortent la cavalerie et l’infanterie, de l’Etoile à la Concorde, du boulevard Saint-Germain à la rue de Rennes. On croyait tout savoir des adieux de Victor Hugo à la vie et de la France à Victor Hugo, mais Judith Perrignon y ajoute une exaltation et une émotion étonnamment contemporaines. Elle fait mieux que raconter, elle s’engage. Jérôme GarcinLa suite après la publicité Victor Hugo vient de mourir, par Judith Perrigon, l'Iconoclaste, 250 p., 18 euros. A noter ce livre figure actuellement dans les sélections du prix Décembre, du prix Renaudot essai et du prix Femina. Paru dans "L'Obs" du 3 septembre 2015. Les 1ères pages de "Victor Hugo vient de mourir"

Introduction Le poème Mors de Victor Hugo que nous allons étudier est un poème de 20 vers qui nous présente le triomphe absolu de la mort, par la description d'une atmosphère d'apocalypse que les deux derniers vers ne parviennent peut-être pas à dissiper. Le poème s'organise autour d'un double jeu de sensations. Ce que c'est que la mort - Victor Hugo LA MORT ET LE DEUILTHEME GENERAL Ce que c'est que la mort "Les Contemplations" - 1856Victor HugoRécitant Michel BouquetNe dites pas mourir ; dites naître. voit ce que je vois et ce que vous voyez ;On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ;On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ;On tâche d’oublier le bas, la fin, l’écueil,La sombre égalité du mal et du cercueil ;Quoique le plus petit vaille le plus prospère ;Car tous les hommes sont les fils du même père ;Ils sont la même larme et sortent du même vit, usant ses jours à se remplir d’orgueil ;On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe,On monte. Quelle est donc cette aube ? C’est la suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnuVous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbresDe ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ;Et soudain on entend quelqu’un dans l’infiniQui chante, et par quelqu’un on sent qu’on est béni,Sans voir la main d’où tombe à notre âme méchanteL’amour, et sans savoir quelle est la voix qui arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sentFondre et vivre ; et, d’extase et d’azur s’emplissant,Tout notre être frémit de la défaite étrangeDu monstre qui devient dans la lumière un ange. _________________La poésie, c'est les paroles éparses du réel Octavio Paz Permission de ce forumVous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
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Ne dites pas mourir ; dites naître. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ; On tâche d’oublier le bas, la fin, l’écueil, La sombre égalité du mal et du cercueil ; Quoique le plus petit vaille le plus prospère ; Car tous les hommes sont les fils du même père ; Ils sont la même larme et sortent du même oeil. On vit, usant ses jours à se remplir d’orgueil ; On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe, On monte. Quelle est donc cette aube ? C’est la tombe. Où suisje ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu, Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbres De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ; Et soudain on entend quelqu’un dans l’infini Qui chante, et par quelqu’un on sent qu’on est béni, Sans voir la main d’où tombe à notre âme méchante L’amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, d’extase et d’azur s’emplissant, Tout notre être frémit de la défaite étrange Du monstre qui devient dans la lumière un ange. Les contemplations Voter pour ce poème!
ARCHIVES- Il y a 130 ans, Victor Hugo, génie littéraire et homme politique s'éteint après une longue agonie. Le Figaro du 23 mai 1885 lui consacre l'intégralité de son supplément
Ne dites pas mourir ; dites naître. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ; On tâche d’oublier le bas, la fin, l’écueil, La sombre égalité du mal et du cercueil ; Quoique le plus petit vaille le plus prospère ; Car tous les hommes sont les fils du même père ; Ils sont la même larme et sortent du même œil. On vit, usant ses jours à se remplir d’orgueil ; On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe, On monte. Quelle est donc cette aube ? C’est la tombe. Où suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu, Impur, hideux, noué des mille nœuds funèbres De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ; Et soudain on entend quelqu’un dans l’infini Qui chante, et par quelqu’un on sent qu’on est béni, Sans voir la main d’où tombe à notre âme méchante L’amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, d’extase et d’azur s’emplissant, Tout notre être frémit de la défaite étrange Du monstre qui devient dans la lumière un ange. Au dolmen de la tour Blanche, jour des Morts, novembre 1854.
\n\n \n\n ce que c est que la mort victor hugo
Quiest-ce qui se doute que vous faites un exemple là ? — ( Victor Hugo , fragments sur la peine de mort , dans Œuvres complètes de Victor Hugo , vol.2 Bruxelles, 1837, p.540) Autour d'elle, chacun se répétait mentalement le «voilà ma vieille bonne femme de tante.» Nous présentons deux textes de Victor Hugo. Le premier est celui du récit de la mort d'Honoré de Balzac 1799-1850 tandis que le deuxième est celui de l'oraison funèbre qu'il a prononcée devant la tombe du célèbre écrivain. Écrit d'un ton familier, le premier est truffé d'anecdotes. Le second est chargé de gravité, exaltant le génie de Balzac et méditant la mort qui est une grande égalité et une grande liberté».La mort de Balzac par Victor Hugo Le 18 août 1850, ma femme, qui avait été dans la journée pour voir Mme de Balzac, me dit que M. de Balzac se mourait. J'y courus. M. de Balzac était atteint depuis dix-huit mois d'une hypertrophie du coeur. Après la révolution de Février, il était allé en Russie et s'y était marié. Quelques jours avant son départ, je l'avais rencontré sur le boulevard; il se plaignait déjà et respirait bruyamment. En mai 1850, il était revenu en France, marié, riche et mourant. En arrivant, il avait déjà les jambes enflées. Quatre médecins consultés l'auscultèrent. L'un d'eux, M. Louis, me dit le 6 juillet Il n'a pas six semaines à vivre. C'était la même maladie que Frédéric Soulié. Le 18 août, j'avais mon oncle, le général Louis Hugo, à dîner. Sitôt levé de table, je le quittai et je pris un fiacre qui me mena avenue Fortunée, n° 14, dans le quartier Beaujon. C'était là que demeurait M. de Balzac. Il avait acheté ce qui restait de l'hôtel de M. de Beaujon, quelques corps de logis bas échappés par hasard à la démolition ; il avait magnifiquement meublé ces masures et s'en était fait un charmant petit hôtel, ayant porte cochère sur l'avenue Fortunée et pour tout jardin une cour longue et étroite où les pavés étaient coupés çà et là de plates-bandes. Je sonnai. Il faisait un clair de lune voilé de nuages. La rue était déserte. On ne vint pas. Je sonnai une seconde fois. La porte s'ouvrit. Une servante m'apparut avec une chandelle. Que veut monsieur ? » dit-elle. Elle pleurait. Je dis mon nom. On me fit entrer dans le salon qui était au rez-de- chaussée, et dans lequel il y avait, sur une console opposée à la cheminée, le buste colossal en marbre de Balzac par David. Une bougie brûlait sur une riche table ovale posée au milieu du salon et qui avait en guise de pieds six statuettes dorées du plus beau goût. Une autre femme vint qui pleurait aussi et me dit Il se meurt. Madame est rentrée chez elle. Les médecins l'ont abandonné depuis hier. Il a une plaie à la jambe gauche. La gangrène y est. Les médecins ne savent ce qu'ils font. Ils disaient que l'hydropisie de monsieur était une hydropisie couenneuse, une infiltration, c'est leur mot, que la peau et la chair étaient comme du lard et qu'il était impossible de lui faire la ponction. Eh bien, le mois dernier, en se couchant, Monsieur s'est heurté à un meuble historié, la peau s'est déchirée, et toute l'eau qu'il avait dans le corps a coulé. Les médecins ont dit Tiens ! Cela les a étonnés et depuis ce temps-là ils lui ont fait la ponction. Ils ont dit Imitons la nature. Mais il est venu un abcès à la jambe. C'est M. Roux qui l'a opéré. Hier on a levé l'appareil. La plaie, au lieu d'avoir suppuré, était rouge, sèche et brûlante. Alors ils ont dit Il est perdu ! et ne sont plus revenus. On est allé chez quatre ou cinq, inutilement. Tous ont répondu Il n'y a rien à faire. La nuit a été mauvaise. Ce matin, à neuf heures, monsieur ne parlait plus. Madame a fait chercher un prêtre. Le prêtre est venu et a donné à Monsieur l'extrême- onction. Monsieur a fait signe qu'il comprenait. Une heure après, il a serré la main à sa soeur, Mme de Surville. Depuis onze heures il râle et ne voit plus rien. Il ne passera pas la nuit. Si vous voulez, monsieur, je vais aller chercher M. de Surville, qui n'est pas encore couché. » La femme me quitta. J'attendis quelques instants. La bougie éclairait à peine le splendide ameublement du salon et de magnifiques peintures de Porbus et de Holbein suspendues aux murs. Le buste de marbre se dressait vaguement dans cette ombre comme le spectre de l'homme qui allait mourir. Une odeur de cadavre emplissait la maison. M. de Surville entra et me confirma tout ce que m'avait dit la servante. Je demandai à voir M. de Balzac. Nous traversâmes un corridor, nous montâmes un escalier couvert d'un tapis rouge et encombré d'objets d'art, vases, statues, tableaux, crédences portant des émaux, puis un autre corridor, et j'aperçus une porte ouverte. J'entendis un râlement haut et sinistre. J'étais dans la chambre de Balzac. Un lit était au milieu de cette chambre. Un lit d'acajou ayant au pied et à la tête des traverses et des courroies qui indiquaient un appareil de suspension destiné à mouvoir le malade. M. de Balzac était dans ce lit, la tête appuyée sur un monceau d'oreillers auxquels on avait ajouté des coussins de damas rouge empruntés au canapé de la chambre. Il avait la face violette, presque noire, inclinée à droite, la barbe non faite, les cheveux gris et coupés courts, l'oeil ouvert et fixe. Je le voyais de profil, et il ressemblait ainsi à l'Empereur. Une vieille femme, la garde, et un domestique se tenaient debout des deux côtés du lit. Une bougie brûlait derrière le chevet sur une table, une autre sur une commode près de la porte. Un vase d'argent était posé sur la table de nuit. Cet homme et cette femme se taisaient avec une sorte de terreur et écoutaient le mourant râler avec bruit. La bougie au chevet éclairait vivement un portrait d'homme jeune, rose et souriant, suspendu près de la cheminée. Une odeur insupportable s'exhalait du lit. Je soulevai la couverture et je pris la main de Balzac. Elle était couverte de sueur. Je la pressai. Il ne répondit pas à la pression. C'était cette même chambre où je l'étais venu voir un mois auparavant. Il était gai, plein d'espoir, ne doutant pas de sa guérison, montrant son enflure en riant. Nous avions beaucoup causé et disputé politique. Il me reprochait ma démagogie». Lui était légitimiste. Il me disait Comment avez-vous pu renoncer avec tant de sérénité à ce titre de pair de France, le plus beau après le titre de roi de France» - Il me disait aussi J'ai la maison de M. de Beaujon, moins le jardin, mais avec la tribune sur la petite église du coin de la rue. J'ai là dans mon escalier une porte qui ouvre sur l'église. Un tour de clef et je suis à la messe. Je tiens plus à cette tribune qu'au jardin.» - Quand je l'avais quitté, il m'avait reconduit jusqu'à cet escalier, marchant péniblement, et m'avait montré cette porte, et il avait crié à sa femme Surtout, fais bien voir à Hugo tous mes tableaux.» La garde me dit Il mourra au point du jour.» Je redescendis, emportant dans ma pensée cette figure livide ; en traversant le salon, je retrouvai le buste immobile, impassible, altier et rayonnant vaguement, et je comparai la mort à l'immortalité. Rentré chez moi, c'était un dimanche, je trouvai plusieurs personnes qui m'attendaient, entre autres Riza-Bey, le chargé d'affaires de Turquie, Navarrete, le poète espagnol et le comte Arrivabene, proscrit italien. Je leur dis Messieurs, l'Europe va perdre un grand esprit.» Il mourut dans la nuit. Il avait cinquante et un ans. Extrait de Chez Soi, n° 43, 10 août 1907; Site Les célébrités et la mort ses-obseques-sa-tombe-anecdote Dicours prononcé aux funérailles de M. Honoré de Balzac 29 août 1850 Messieurs, L'homme qui vient de descendre dans cette tombe était de ceux auxquels la douleur publique fait cortège. Dans les temps où nous sommes, toutes les fictions sont évanouies. Les regards se fixent désormais non sur les têtes qui règnent, mais sur les têtes qui pensent, et le pays tout entier tressaille lorsqu'une de ces têtes disparaît. Aujourd'hui, le deuil populaire, c'est la mort de l'homme de talent; le deuil national, c'est la mort de l'homme de génie. Messieurs, le nom de Balzac se mêlera à la trace lumineuse que notre époque laissera à l'avenir. M. de Balzac faisait partie de cette puissante génération des écrivains du dix-neuvième siècle qui est venue après Napoléon, de même que l'illustre pléiade du dix-septième est venue après Richelieu - comme si, dans le développement de la civilisation, il y avait une loi qui fit succéder aux dominateurs par le glaive les dominateurs de par l'esprit. M. de Balzac était un des premiers parmi les plus grands, un des plus hauts parmi les meilleurs. Ce n'est pas le lieu de dire ici tout ce qu'était cette splendide et souveraine intelligence. Tous ses livres ne forment qu'un livre, livre vivant, lumineux, profond, où l'on voit aller et venir et marcher et se mouvoir, avec je ne sais quoi d'effaré et de terrible mêlé au réel, toute notre civilisation contemporaine; livre merveilleux que le poète a intitulé comédie et qu'il aurait pu intituler histoire, qui prend toutes les formes et tous les styles, qui dépasse Tacite et qui va jusqu'à Suétone, qui traverse Beaumarchais et qui va jusqu'à Rabelais; livre qui est l'observation et qui est l'imagination; qui prodigue le vrai, l'intime, le bourgeois, le trivial, le matériel, et qui par moment, à travers toutes les réalités brusquement et largement déchirées, laisse tout à coup entrevoir le plus sombre et le plus tragique idéal. À son insu, qu'il le veuille ou non, qu'il y consente ou non, l'auteur de cette oeuvre immense et étrange est de la forte race des écrivains révolutionnaires. Balzac va droit au but. Il saisit corps à corps la société moderne. Il arrache à tous quelque chose, aux uns l'illusion, aux autres l'espérance, à ceux-ci un cri, à ceux-là un masque. Il fouille le vice, il dissèque la passion. Il creuse et sonde l'homme, l'âme, le coeur, les entrailles, le cerveau, l'abîme que chacun a en soi. Et, par un don de sa libre et vigoureuse nature, par un privilège des intelligences de notre temps qui, ayant vu de près les révolutions, aperçoivent mieux la fin de l'humanité et comprennent mieux la Providence, Balzac se dégage souriant et serein de ces redoutables études qui produisaient la mélancolie chez Molière et la misanthropie chez Rousseau. Voilà ce qu'il a fait parmi nous. Voilà l'oeuvre qu'il nous laissé, oeuvre haute et solide, robuste entassement d'assises de granit, monument, oeuvre du haut de laquelle resplendira désormais sa renommée. Les grands hommes font leur propre piédestal; l'avenir se charge de la statue. Sa mort a frappé Paris de stupeur. Depuis quelques mois il était rentré en France. Se sentant mourir, il avait voulu revoir la patrie, comme la veille d'un grand voyage on vient embrasser sa mère! Sa vie a été courte, mais pleine; plus remplie d'oeuvres que de jours! Hélas! ce travailleur puissant et jamais fatigué, ce philosophe, ce penseur, ce poète, ce génie, a vécu parmi nous de cette vie d'orages, de luttes, de querelles, de combats, commune dans tous les temps à tous les grands hommes. Aujourd'hui, le voici en paix. Il sort des contestations et des haines. Il entre, le même jour, dans la gloire et le tombeau. Il va briller désormais, au-dessus de toutes ces nuées qui sont nos têtes, parmi les étoiles de la patrie. Vous tous qui êtes ici, est-ce que vous n'êtes pas tentés de l'envier? Messieurs, quelle que soit notre douleur en présence d'une telle perte, résignons-nous à ces catastrophes. Acceptons-les dans ce qu'elles ont de poignant et de sévère. Il est bon peut-être, il est nécessaire peut-être, dans une époque comme la nôtre, que de temps en temps une grande mort communique aux esprits dévorés de doute et de scepticisme un ébranlement religieux. La Providence sait ce qu'elle fait lorsqu'elle met ainsi le peuple face à face avec le mystère suprème, et quand elle lui donne à méditer la mort qui est la grande égalité et qui est aussi la grande liberté. La Providece sait ce quelle fait, car c'est là le plus haut de tous les enseignements. Il ne peut y avoir que d'austères et sérieuses pensées dans tous les coeurs, quand un sublime esprit fait majestueusement son entrée dans l'autre vie! quand un de ces êtres qui ont plané longtemps au-dessus de la foule avec les ailes visibles du génie, déployant tout à coup ces autres ailes qu'on ne voit pas, s'enfonce brusquement dans l'inconnu! Non, ce n'est pas l'inconnu! Non, je l'ai déjà dit dans une autre occasion douloureuse, et je ne me lasserai pas de le répéter, non, ce n'est pas la nuit, c'est la lumière! Ce n'est pas la fin, c'est le commencement! Ce n'est pas le néant, c'est l'éternité! N'est-il pas vrai, vous tous qui m'écoutez? De pareils cercueils démontrent l'immortalité; en présence de certains morts illustres, on sent plus distinctement les destinées divines de cette intelligence qui traverse la terre pour souffrir et pour se purifier et qu'on appelle l'homme, et l'on se dit qu'il est impossible que ceux qui ont été des génies pendant leur vie ne soient pas des âmes après leur mort! Victor Hugo, Littérature et philosophie mêlées, Tome 2 , Paris, Librairie L. Hachette et Cie, 1868
ሴонощаζ ոኖωмυጠըκω якрዚωснዠф οጩօሃረ եκегеւοшዚзθփоշощин окрахεቸир ጸсвОц φተшօл зեկիբ
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Lesmorts sont des invisibles, mais non des absents. Victor Hugo. 9. Le prodige de ce grand départ céleste qu'on appelle la mort, c'est que ceux qui partent ne s'éloignent point. Ils sont dans un monde de clarté, mais ils assistent, témoins attendris, à notre monde de ténèbres. Ils sont en haut et tout près. Victor Hugo , Discours sur 403 ERROR The Amazon CloudFront distribution is configured to block access from your country. We can't connect to the server for this app or website at this time. There might be too much traffic or a configuration error. Try again later, or contact the app or website owner. If you provide content to customers through CloudFront, you can find steps to troubleshoot and help prevent this error by reviewing the CloudFront documentation. Generated by cloudfront CloudFront Request ID 38_ZAOAgOr2S7AxFob3Bp2tqyR7Scqd0MsolickVz4xr4_AKoGN46Q==
\n \n \n ce que c est que la mort victor hugo
Lexil de Victor Hugo est un épisode de la vie de l'homme de lettres français Victor Hugo au cours duquel il s'exile hors de son pays, à la suite du coup d'État du 2 décembre 1851, perpétré par Louis-Napoléon Bonaparte, et son bannissement par le décret du 9 janvier 1852. Quand s'est marier Victor Hugo ? Le 12 octobre 1822 , il épouse Adèle Foucher, son amie d'enfance, en
Bonjour, je souhaiterai savoir comment victor Hugo percoit la mort, et particulièrement dans ce poème " ce que c'est que la mort". Je dois en réalité réaliser une anthologie poétique et j'ai choisi le thème de la mort Voici le poème Ne dites pas mourir ; dites naître. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l'homme mauvais que je suis, que vous êtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ; On tâche d'oublier le bas, la fin, l'écueil, La sombre égalité du mal et du cercueil ; Quoique le plus petit vaille le plus prospère ; Car tous les hommes sont les fils du même père ; Ils sont la même larme et sortent du même oeil. On vit, usant ses jours à se remplir d'orgueil ; On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe, On monte. Quelle est donc cette aube ? C'est la tombe. Où suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu, Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbres De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ; Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est béni, Sans voir la main d'où tombe à notre âme méchante L'amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, d'extase et d'azur s'emplissant, Tout notre être frémit de la défaite étrange Du monstre qui devient dans la lumière un ange. Merci d'avance !
\n \n\n\n\n \n \nce que c est que la mort victor hugo
Le1er juin 1885, la dépouille de Victor Hugo est conduite au Panthéon. Le poète est décédé dix jours plus tôt, à 83 ans, en l'avenue qui porte son nom. Il écrit dans son testament : « Je donne cinquante mille francs [-or] aux pauvres. Nombre de vues 463 Ce que c’est que la mort Ne dites pas mourir ; dites naître. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ; On tâche d’oublier le bas, la fin, l’écueil, La sombre égalité du mal et du cercueil ; Quoique le plus petit vaille le plus prospère ; Car tous les hommes sont les fils du même père ; Ils sont la même larme et sortent du même oeil. On vit, usant ses jours à se remplir d’orgueil ; On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe, On monte. Quelle est donc cette aube ? C’est la tombe. Où suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu, Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbres De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ; Et soudain on entend quelqu’un dans l’infini Qui chante, et par quelqu’un on sent qu’on est béni, Sans voir la main d’où tombe à notre âme méchante L’amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, d’extase et d’azur s’emplissant, Tout notre être frémit de la défaite étrange Du monstre qui devient dans la lumière un ange. Victor HUGO 1802-1885 VictorHugo est un poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français, né le 26 février 1802 (7 ventôse an X) à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris.Il est considéré comme l'un des plus importants écrivains de la langue française.Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a eu un rôle idéologique majeur et occupe une place

Elle est fraîche, elle est rose, elle a de grands yeux, elle est belle ! On lui a mis une petite robe qui lui va bien. Je l’ai prise, je l’ai enlevée dans mes bras, je l’ai assise sur mes genoux, je l’ai baisée sur ses cheveux. Pourquoi pas avec sa mère ? – Sa mère est malade, sa grand mère aussi. C’est bien. Elle me regardait d’un air étonné ; caressée, embrassée, dévorée de baisers et se laissant faire ; mais jetant de temps en temps un coup d’œil inquiet sur sa bonne, qui pleurait dans le coin. Enfin j’ai pu parler. – Marie ! ai-je dit, ma petite Marie ! Je la serrais violemment contre ma poitrine enflée de sanglots. Elle a poussé un petit cri. – Oh ! vous me faites du mal, monsieur m’a-t-elle dit. Monsieur ! il y a bientôt un an qu’elle ne m’a vu, la pauvre enfant. Elle m’a oublié, visage, parole, accent ; et puis, qui me reconnaîtrait avec cette barbe, ces habits et cette pâleur ? Quoi ! déjà effacé de cette mémoire, la seule où j’eusse voulu vivre ! Quoi ! déjà plus père ! être condamné à ne plus entendre ce mot, ce mot de la langue des enfants, si doux qu’il ne peut rester dans celle des hommes papa ! Et pourtant l’entendre de cette bouche, encore une fois, une seule fois, voilà tout ce que j’eusse demandé pour les quarante ans de vie qu’on me prend. – Écoute, Marie, lui ai-je dit en joignant ses deux petites mains dans les miennes, est-ce que tu ne me connais point ? Elle m’a regardé avec ses beaux yeux, et a répondu – Ah bien non ! – Regarde bien, ai-je répété. Comment, tu ne sais pas qui je suis ? – Si, a-t-elle dit. Un monsieur. Hélas ! n’aimer ardemment qu’un seul être au monde, l’aimer avec tout son amour, et l’avoir devant soi, qui vous voit et vous regarde, vous parle et vous répond, et ne vous connaît pas ! Ne vouloir de consolation que de lui, et qu’il soit le seul qui ne sache pas qu’il vous en faut parce que vous allez mourir ! – Marie, ai-je repris, as-tu un papa ? – Oui, monsieur, a dit l’enfant. – Eh bien, où est-il ? Elle a levé ses grands yeux étonnés. – Ah ! vous ne savez donc pas ? il est mort. Puis elle a crié ; j’avais failli la laisser tomber. – Mort ! disais-je. Marie, sais-tu ce que c’est qu’être mort ? – Oui, monsieur, a-t-elle répondu. Il est dans la terre et dans le ciel. Elle a continué d’elle-même – Je prie le bon Dieu pour lui matin et soir sur les genoux de maman. Je l’ai baisée au front. – Marie, dis-moi ta prière. – Je ne peux pas, monsieur. Une prière, cela ne se dit pas dans le jour. Venez ce soir dans ma maison ; je la dirai. C’était assez de cela. Je l’ai interrompue. – Marie, c’est moi qui suis ton papa. – Ah ! m’a-t-elle dit. J’ai ajouté – Veux-tu que je sois ton papa ? L’enfant s’est détournée. – Non, mon papa était bien plus beau. Je l’ai couverte de baisers et de larmes. Elle a cherché à se dégager de mes bras en criant – Vous me faites mal avec votre barbe. Alors, je l’ai replacée sur mes genoux, en la couvant des yeux, et puis je l’ai questionnée. – Marie, sais-tu lire ? – Oui, a-t-elle répondu. Je sais bien lire. Maman me fait lire mes lettres. – Voyons, lis un peu, lui ai-je dit en lui montrant un papier qu’elle tenait chiffonné dans une de ses petites mains. Elle a hoché sa jolie tête. – Ah bien ! je ne sais lire que des fables. – Essaie toujours. Voyons, lis. Elle a déployé le papier, et s’est mise à épeler avec son doigt – A, R, ar, R, E, T, rêt, ARRÊT... Je lui ai arraché cela des mains. C’est ma sentence de mort qu’elle me lisait. Sa bonne avait eu le papier pour un sou. Il me coûtait plus cher, à moi. Il n’y a pas de paroles pour ce que j’éprouvais. Ma violence l’avait effrayée ; elle pleurait presque. Tout à coup elle m’a dit – Rendez-moi donc mon papier, tiens ! c’est pour jouer. Je l’ai remise à sa bonne. – Emportez-la. Et je suis retombé sur ma chaise, sombre, désert, désespéré. À présent ils devraient venir ; je ne tiens plus à rien ; la dernière fibre de mon cœur est brisée. Je suis bon pour ce qu’ils vont faire. Le dernier jour d'un condamné, Victor Hugo, 1829, Chapitre XLIII Les meilleurs professeurs de Français disponibles4,9 70 avis 1er cours offert !5 85 avis 1er cours offert !4,9 117 avis 1er cours offert !5 39 avis 1er cours offert !4,9 56 avis 1er cours offert !5 38 avis 1er cours offert !4,9 17 avis 1er cours offert !5 111 avis 1er cours offert !4,9 70 avis 1er cours offert !5 85 avis 1er cours offert !4,9 117 avis 1er cours offert !5 39 avis 1er cours offert !4,9 56 avis 1er cours offert !5 38 avis 1er cours offert !4,9 17 avis 1er cours offert !5 111 avis 1er cours offert !C'est parti On rappellera ici la méthode du commentaire composé vu en cours francais Partie du commentaireViséeInformations indispensablesÉcueils à éviter Introduction- Présenter et situer le texte dans le roman - Présenter le projet de lecture = annonce de la problématique - Présenter le plan généralement, deux axes- Renseignements brefs sur l'auteur - Localisation du passage dans l'œuvre début ? Milieu ? Fin ? - Problématique En quoi… ? Dans quelle mesure… ? - Les axes de réflexions- Ne pas problématiser - Utiliser des formules trop lourdes pour la présentation de l'auteur Développement - Expliquer le texte le plus exhaustivement possible - Argumenter pour justifier ses interprétations le commentaire composé est un texte argumentatif- Etude de la forme champs lexicaux, figures de styles, etc. - Etude du fond ne jamais perdre de vue le fond - Les transitions entre chaque idée/partie- Construire le plan sur l'opposition fond/forme chacune des parties doit impérativement contenir des deux - Suivre le déroulement du texte, raconter l'histoire, paraphraser - Ne pas commenter les citations utilisées Conclusion- Dresser le bilan - Exprimer clairement ses conclusions - Elargir ses réflexions par une ouverture lien avec une autre œuvre ? Événement historique ? etc.- Les conclusions de l'argumentation- Répéter simplement ce qui a précédé Ici, nous détaillerons par l'italique les différents moments du développement, mais ils ne sont normalement pas à signaler. De même, il ne doit normalement pas figurer de tableaux dans votre commentaire composé. Les listes à puces sont également à éviter, tout spécialement pour l'annonce du plan. En outre, votre commentaire ne doit pas être aussi long que celui ici, qui a pour objectif d'être exhaustif. Vous n'aurez jamais le temps d'écrire autant ! Introduction Victor Hugo est un auteur français du XIXème siècle. Il est tout à la fois connu pour ses oeuvres poétiques, théâtrales et romanesques. Mais il était aussi un grand défenseur des droits, engagé politiquement pour les plus pauvres et pour les injustices, à travers ses oeuvres autant que son action politique. Le dernier jour d'un condamné, publié en 1829, fait partie de ces oeuvres engagées-là. Il y fait parler un condamné à mort, quelques semaines avant son passage à l'échafaud. Le lecteur lit ses pensées tandis que la date de son exécution approche, sans qu'on sache qui il est réellement et ce qu'il a fait pour subir un tel sort. Il s'agit, de fait, d'un réquisitoire contre la peine de mort. Le passage qui nous occupe ici relate la rencontre du condamné avec sa fille, un an après leur dernière entrevue. Surtout, c'est la dernière fois qu'il la verra avant l'exécution de sa peine. Annonce de la problématique Comment Victor Hugo se sert-il de cette scène pour affirmer l'inhumanité de la peine à mort ? Annonce des axes Nous verrons dans un premier temps le décalage qui existe entre le père et sa fille. Dans un second temps, nous analyserons la manière dont Victor Hugo en appelle à la sensibilité du lecteur. Perdu dans ses pensées, Victor Hugo a, pour sa part, toujours était un homme libre. Si libre que sa pensée lui a valu un exil mais pour l'auteur romantique, l'esprit et la création sont plus forts que tout. Développement Le décalage entre le père et la fille La première manière pour Hugo d'établir un malaise dans cette scène, c'est le décalage qu'il fait ressentir entre, d'une part, l'élan affectif du père et, d'autre part, la méfiance effrayée de la fille. Un père joyeux très vite déçu Le chapitre commence d'une manière très lyrique, avec une accumulation de termes mélioratifs, se terminant par un point d'exclamation Elle est fraîche, elle est rose, elle a de grands yeux, elle est belle ! ». Cela traduit la joie du père qui revoie sa fille après un an de séparation. L'impatience est également traduite par l'adverbe Enfin ». D'autres marqueurs témoignent de sa position, d'abord absolument joyeuse. Il qualifie sa fille de manière très positive fraîche », rose », belle », ma petite Marie », ses beaux yeux », jolie tête ». En outre, il est mu par des élans physiques emplis de douceur et de paternité, comme le montre le champ lexical associé à ses actes caressée », embrassée », dévorée de baisers », serrais », baisée », replacée sur mes genoux », couvant ». En dernier lieu, la proximité qu'il se sent en droit d'avoir avec elle - comme un père avec sa fille - est manifestée de différentes manières le tutoiement l'utilisation des pronoms possessifs ma », ses », etc. l'utilisation des pronoms démonstratifs qui donne cette », etc. Mais, devant l'attitude de sa fille, sa déception va crescendo. Ainsi, il s'aperçoit que sa fille ne le reconnait pas déjà effacé de cette mémoire » ou déjà plus père », avec l'anaphore sur le mot déjà » qui insiste sur son désespoir. Ainsi, la joie d'abord éprouvée se transforme en cauchemar et se termine par la volonté de la fuir emportez-la ». Berthe Morisot, Eugène Manet et sa fille au jardin, 1883 Car on peut analyser l'attitude de Marie, en tous points opposée à celle de son père, à travers le même déroulement. Une fille apeurée Ainsi, tandis qu'il voit sa fille d'une manière positive, elle le perçoit d'une manière négative du mal », non, mon papa était bien plus beau », etc. Elle reçoit également très mal les élans physiques et affectifs de son père coup d’œil inquiet » ; cri », crié », se dégager », criant », effrayée », pleurait ». En dernier lieu, sa distance contraste avec la proximité manifestée par le condamné, à travers les mêmes marqueurs elle le vouvoie elle le rejette se dégager de mes bras » Enfin, il y a un crescendo dans sa peur elle est d'abord seulement inquiète coup d'oeil inquiet », puis elle souffre physiquement Vous me faites du mal » et, finalement, elle pleure presque ». Ce décalage parfait entre les deux perceptions est aussi terrible en raison de la relation que devrait normalement entretenir un père et sa fille. L'amour filial est celui auquel tout le monde se destine, puisque l'Homme peut être considéré comme fait pour se reproduire et élever son enfant. Or, ici, le condamné à mort est privé de ce droit. C'est un argument qu'utilise Hugo pour prouver le caractère inhumain de la situation de quel droit priver une fille de son père, et inversement ? L'appel à la sensibilité du lecteur Hugo, dans cet extrait, manie le registre pathétique à la perfection pour sensibiliser le lecteur à cette situation qu'il estime inhumaine. Pour rappel, le registre pathétique vise à susciter l'émotion du lecteur. Il fonctionne avec le champ lexical de la pitié ou de la souffrance et des figures de style telles que l'hyperbole ou l'anaphore. Émile Munier, 1882, Petite fille & chat L'adresse directe au lecteur Il est deux passages où Hugo s'adresse pratiquement explicitement au lecteur. Il convient de les analyser. Hélas ! n’aimer ardemment qu’un seul être au monde, l’aimer avec tout son amour, et l’avoir devant soi, qui vous voit et vous regarde, vous parle et vous répond, et ne vous connaît pas ! Ne vouloir de consolation que de lui, et qu’il soit le seul qui ne sache pas qu’il vous en faut parce que vous allez mourir ! L'utilisation du pronom personnel vous » est ainsi ambiguë. Elle se rapporte d'abord à lui-même, dans un élan lyrique et pathétique où le locuteur = celui qui parle s'adresse à lui-même. Mais, évidemment, c'est aussi le pronom personnel qui s'adresse à l'autre, et, ainsi, au lecteur. C'est la deuxième personne du pluriel ; en cela, elle revêt un sens collectif. Ici, le collectif, c'est l'humanité tout entière. On se rappellera les paroles de Dieu, dans La Genèse Fécondez et multipliez-vous », pour affirmer que se reproduire est l'un des marqueurs de notre humanité. Ainsi, Hugo, par l'intermédiaire de son personnage, en appelle à tous les pères et tous les mères pour témoigner du caractère inhumain d'une telle situation. C'est le sens du il », alors que Marie est un elle » il s'adresse à tous les parents de la Terre, au sujet de tous les enfants de la Terre. Pour un parent, seul l'enfant compte ; d'où la douleur de ne pas se voir reconnu par lui. L'expression pathétique du sentiment Une autre caractéristique du registre pathétique est l'expression du sentiment. Il y a un passage qui correspond absolument à cette définition Monsieur ! il y a bientôt un an qu’elle ne m’a vu, la pauvre enfant. Elle m’a oublié, visage, parole, accent ; et puis, qui me reconnaîtrait avec cette barbe, ces habits et cette pâleur ? Quoi ! déjà effacé de cette mémoire, la seule où j’eusse voulu vivre ! Quoi ! déjà plus père ! être condamné à ne plus entendre ce mot, ce mot de la langue des enfants, si doux qu’il ne peut rester dans celle des hommes papa ! Je l’ai couverte de baisers et de larmes. Le Monsieur » qui introduit la lamentation reprend certes la parole de l'enfant, mais, pris indépendamment, on pourrait également y voir une adresse directe au Monsieur » qui lit. Par ailleurs, la présence des points d'exclamation signifie bien le caractère expressif du passage on en trouve six !. Le tout se termine dans un élan ambigu et paradoxal, qui témoigne de toute la souffrance de sa situation il l'embrasse - signe de son amour absolu - et pleure - signe de son désespoir tout aussi absolu. En dernier lieu, il est une formule intéressante à relever dans ce contexte être condamné », qui fait évidemment écho à la situation du forçat, condamné à mourir. Dans une tragique ironie, le père souffre plus de la condamnation à ne plus jamais être appelé ainsi qu'à mourir. Eugène Delacroix, Le Prisonnier de Chillon, 1834 La condamnation par la fille Car le narrateur, après avoir été mis à mort par les juges, est mis à mort par sa fille - celle-là même qui fondait son plaisir à vivre et qui l'affirmait comme faisant partie du domaine de la vie, puisqu'ayant contribué à la perpétuer. Ainsi, elle lui dit Il est mort » ou encore il est dans la terre et dans le ciel ». On peut voir ce même sens dans la lecture qu'elle fait de son arrêt de mort. Aussi, puisque sa fille le renie, il n'a plus rien à faire sur Terre. A partir du moment où le narrateur se trouve nié dans sa paternité, la rupture de son dernier lien avec les vivants est consommé, il peut abandonner l'existence. Comme il le dit, empli de désespoir Et je suis retombé sur ma chaise, sombre, désert, désespéré. » La dernière fibre de mon cœur est brisé ». Conclusion Victor Hugo expose, par cette dernière rencontre entre un père et sa fille, toute l'inhumanité contenue dans la condamnation à mort de quelqu'un. Celui-ci est déjà privé de son existence avant que la peine soit exécuté. L'auteur choisit une situation pathétique = qui suscite la pitié et en tire des conclusions humanistes sur la condition du prisonnier. C'est prendre trop de pouvoir sur la vie que de priver l'homme de l'existence, au sein même de celle-ci.

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