Seconnecter Contribuer ! X Vide grenier, rĂ©servation au 06 50 30 87 84 ou 06 95 58 02 97. boissons et restauration sur place. Expo Club Voitures anciennes et de prestiges "Maremm". BaptĂ©mes de moto avec le Club Neuvicois Family Riders 12h : Grillades 14h : Jeux en bois et maquillages gratuits salle des gĂźtes. 19h : SoirĂ©e organisĂ©e par le restaurant la DouziĂšme Annie et Christian, camping-caristes et lecteurs du Monde du Camping-Car, nous ont envoyĂ© le rĂ©cit de leur visite du Chemin des Dames. A bord de leur camping-car, ils ont visitĂ© certains sites parmi les plus marquants de la PremiĂšre guerre mondiale. Trois mois sans camping-car, c’est trop. Nous dĂ©cidons d’aller dĂ©couvrir le Chemin des Dames. Dans l’Aisne, Ă  quelques kilomĂštres au sud de Laon, entre la RN2 et la D1044, le Chemin des Dames est une route situĂ©e, en grande partie, sur une colline dominant la vallĂ©e de l’Aisne. Endroit stratĂ©gique pour toutes les armĂ©es de l’histoire dĂ©sirant dĂ©fendre ou prendre Paris. On y trouve des monuments cĂ©lĂ©brant NapolĂ©on et les batailles entre Français et Allemands. Visite de la Caverne du Dragon Nous arrivons Ă  la Caverne du Dragon pour l’ouverture Ă  10h avec visite toutes le 30mn. Pour 7€/personne, notre visite dure une heure trente avec accĂšs handicapĂ©s. Nous nous sommes couverts pour supporter les douze degrĂ©s et suivons une jeune guide trĂšs agrĂ©able, passionnĂ©e d’histoire et plus particuliĂšrement de la guerre 14/18. Cette carriĂšre creusĂ©e dans le calcaire, a abritĂ© des rĂ©giments de l’armĂ©e allemande puis française. Des extraits de journaux des 24, 25, 26 Octobre et 3 novembre 1917 nous sont offerts. Des panneaux racontent les engagements dans cette rĂ©gion ainsi que la vie difficile des poilus. Une bataille, il y a cent ans En 1916, le gĂ©nĂ©ral Joffre est remplacĂ© par le gĂ©nĂ©ral Nivelle qui promet d’obtenir une victoire en 24 ou 48 heures, en lançant une grande attaque. Mais le gĂ©nĂ©ral Allemand Ludendorff est renseignĂ© du projet par des documents trouvĂ©s sur des prisonniers Français. Il fait venir des troupes pour renforcer ses dĂ©fenses. Entre le 6 et le 16 Avril 1917, l’artillerie française tire 5 millions d’obus. Entre Arras et Reims, prĂšs d’un million de soldats, Britanniques, Canadiens, Russes, tirailleurs sĂ©nĂ©galais et Français sont lancĂ©s dans l’attaque qui Ă©choue. PĂ©tain remplace Nivelle le 15 Mai. Un vent de rĂ©volte commence Ă  souffler parmi les troupes françaises. AprĂšs rĂ©pression et amĂ©lioration des conditions de vie, les Français prennent le fort de la Malmaison le 23 octobre, Ă  l’ouest du Chemin des Dames. Le 2 novembre 1917, les Allemands se replient derriĂšre la riviĂšre Ailette, proche de Laon. Brouillard, mĂ©moire AprĂšs cette visite trĂšs intĂ©ressante, nous partons vers la RN2 pour voir le fort de la Malmaison et le cimetiĂšre allemand. Nous dĂ©jeunons sur le parking trĂšs calme. Puis nous revenons vers l’est pour nous arrĂȘter au Monument des Basques, Ă  la mĂ©moire de la 36Ăšme division d’infanterie. Nous passons devant la statue de NapolĂ©on pour nous arrĂȘter au Plateau de Californie. Malheureusement, Ă  la table d’orientation et sur la tour-observatoire, le brouillard nous cache la vue. Par contre, ce temps bouchĂ© nous a permis de rĂ©aliser des photos dans une ambiance particuliĂšre, rĂ©vĂ©lant l'atmosphĂšre saisissante des tranchĂ©es et des casemates de l’ancien village du vieux Craonne, rasĂ© entre 1914 et 1918, Ă  l’intersection avec la D18. Effectivement, sa hauteur devait aider Ă  la maĂźtrise de la position. Une aire pour camping-cars Nous terminons Ă  Corbeny. Petit village avec quelques commerces et une aire de stationnement agrĂ©able pour trois camping-cars, au bord d’un Ă©tang. Aucun service et WC repoussants. Comme elle est gratuite, nous achetons du pain et des gĂąteaux Ă  la boulangerie et pour nous remonter le moral, aprĂšs les rĂ©cits sur ces centaines de milliers de morts, nous dĂ©gustons une bouteille de vin pĂ©tillant de la Maison Curtil, 25 rue Pierre Curtil Ă  400m de l’aire. Nous trinquons Ă  la mĂ©moire de ces soldats courageux, dont beaucoup avaient moins de 20 ans et qui savaient qu’ils allaient mourir. L'abbaye de Vauclair AprĂšs une bonne nuit au calme, nous partons voir les ruines de l’abbaye cistercienne de Vauclair fondĂ©e en 1134, en pleine forĂȘt, proche de la Caverne du Dragon. Evidemment, les guerres l’ont bien abimĂ©e. Nous dĂ©jeunons sur le parking, au milieu des oiseaux, loin de tout pour y passer une bonne nuit. Nous rentrons Ă  ChĂąteau Thierry avec un arrĂȘt Ă  Oulchy-le-ChĂąteau pour admirer les magnifiques et immenses statues les fantĂŽmes de Landowsky ». Le lendemain, nous apprenons la mort de Jean d’Ormesson puis celle de Johnny. Quelle semaine! Lire aussi notre article 13 itinĂ©raires thĂ©matiques pour parcourir la France en camping-car Voir les commentaires Savoircomment aller a Le chemin des dames, oĂč il se trouve et que voir dans les environs de Le chemin des dames. DĂ©couvrez les lieux proches sur la carte de monnuage.

ï»ż ï»ż HartmannswillerkopfLa montagne de la mort 2e partie Dans cette deuxiĂšme partie, je vous propose une visite du flanc sud-est du Hartmannswillerkopf HWK. Notre point de dĂ©part est le rocher du Hirtzenstein. Le rocher du Hirtzenstein est un dyke de quartzite qui surgit de la faille vosgienne. La duretĂ© de la roche lui a permis de mieux rĂ©sister Ă  l'Ă©rosion que le grĂšs environnant. En 1265, Berthold de Steinbrunn y construisit un chĂąteau. Durant les rĂ©voltes paysannes du dĂ©but du XVIe siĂšcle, il Ă©tait dĂ©fendu par Guillaume Rodolphe de Wattwiller. Fortement endommagĂ© durant la guerre de Trente Ans, il ne survĂ©cut pas Ă  la RĂ©volution française. Le rocher du Hirtzenstein Le Hirtzenstein fut occupĂ© par les Allemands Ă  partir du 19 janvier 1915 ou le 1er Rheinische Infanterie Regiment 25 l'arrache aux hommes du 28e Bataillon de Chasseurs alpins BCA. Il sera repris par les Français le 26 mars 1915. Il repassera sous contrĂŽle allemand lors de leur grande offensive du 25 avril 1915. Le front du HWK Ă©tant relativement calme durant l'Ă©tĂ© 1915, les Allemands vont en profiter pour fortifier le piton rocheux. Dans les journaux de marche des rĂ©giments français, une journĂ©e calme est une journĂ©e sans mort. Ils y creuseront une grande galerie munie de chambres latĂ©rales. Cette galerie dont l'entrĂ©e est situĂ©e Ă  l'est dĂ©bouche au sommet par un puits vertical. Cette galerie est murĂ©e afin de prĂ©server une colonie de chauves-souris. Un des abris du Hirtzenstein Une des entrĂ©es de la grande galerie Le Hirtzenstein sera repris par le 27e et le 28e BCA au cours de l'offensive française du 21 dĂ©cembre 1915. Ils s'y maintiendront jusqu'au 8 janvier 1916, date de la derniĂšre grande offensive au HWK. Le rocher restera jusqu'Ă  l'armistice entre les mains des Allemands. Une des positions du sommet L'entrĂ©e principale de la galerie Du Hirtzenstein nous empruntons le sentier balisage rond jaune qui part entre les bĂątiments de la maison familiale pour monter vers le monument du gĂ©nĂ©ral Serret. À gauche de ce sentier, nous rencontrons le monument commĂ©moratif dĂ©diĂ© par la ville de Krefeld Ă  ses fils tombĂ©s au sein du 3e Land Infanterie Regiment LIR 56. Le monument de la ville de Krefeld La montĂ©e traverse le chemin des Dames prendre vers le monument Serret oĂč les traces des tranchĂ©es françaises disparaissent petit Ă  petit sous la vĂ©gĂ©tation. Nous voici arrivĂ©s Ă  la Roche Chambaud, faussement dĂ©nommĂ©s Roche Amic par le balisage du chemin. La vraie Roche Amic est situĂ©e en face de l'autre cĂŽtĂ© du ruisseau. Ce rocher Ă©tait traversĂ© par deux galeries dont seules les entrĂ©es sont encore visibles. Cet endroit est nommĂ© d'aprĂšs le capitaine Amic, tuĂ© durant l'offensive du 21 dĂ©cembre 1915. Il Ă©tait le commandant de la 15e compagnie du 15e BCA. Le col situĂ© sur la route des crĂȘtes aprĂšs le HWK lui est Ă©galement dĂ©diĂ©. La Roche Chambaud EntrĂ©e d'un abri souterrain de la Roche Chambaud AprĂšs la roche Chambaud, le sentier traverse le boyau "Halte-lĂ " puis suit la tranchĂ©e Chambaud pour dĂ©boucher sur l'impasse des Alpins oĂč nous prenons Ă  droite pour arriver au monument du gĂ©nĂ©ral Serret. C'est Ă  cet endroit que le gĂ©nĂ©ral revenant d'une inspection fut touchĂ© par un Ă©clat d'obus le 29 dĂ©cembre 1915. AprĂšs son amputation d'une jambe, il dĂ©cĂšdera Ă  l'hĂŽpital de Moosch le 2 janvier 1916 Ă  l'Ăąge de 48 ans. Il est inhumĂ© au cimetiĂšre militaire de Moosch. Le monument Serret Au nord du monument Serret dĂ©bute la tranchĂ©e française dite "TranchĂ©e Ă©lectrique" qui monte vers le sommet. C'est la premiĂšre ligne française. Cette tranchĂ©e Ă©tait occupĂ©e Ă  partir du 12 aout 1915 par le 213e RI qui y constate des phĂ©nomĂšnes d'Ă©lectrisations. Le 15, le clairon Gilbert Fleurier y meurt, Ă©lectrocutĂ©, en tentant d'enlever un cĂąble jetĂ© par les Allemands sur les dĂ©fenses françaises d'aprĂšs Gustave Duvernoy du 213e RI, 19e et 17e Cie "Notes et correspondance 1914-1916". Les phĂ©nomĂšnes d'Ă©lectrisations durent jusqu'Ă  la mi-septembre 1915. Le Journal de Marche JMO de la 115e Brigade Ă©voque, le 15 octobre 1915, une tranchĂ©e Ă©lectrisĂ©e qui deviendra la tranchĂ©e Ă©lectrique. Celle-ci apparait visiblement pour la premiĂšre fois sur une carte du 15e BCP le 21 dĂ©cembre 1915. Le dĂ©but de la tranchĂ©e Ă©lectrique La tranchĂ©e Ă©lectrique De lĂ , nous redescendons sur l'impasse des Alpins pour suivre vers le nord le Bergpfad balisage rectangle rouge-blanc-rouge qui mĂšne Ă  la Feste Bamberg. Cet imposant fortin est presque entiĂšrement effondrĂ©. Dans le prolongement de ce sentier se trouve la Hexenkuche. Cette cuisine des sorciĂšres est un abri souterrain creusĂ© dans la roche. Cet endroit, situĂ© Ă  mi-distance entre l'Unterer et le Mitlere Rehfelsen, Ă©tait trĂšs exposĂ© aux bombardements. La Feste Bamberg Le chemin de ronde de la Feste Bamberg L'entrĂ©e de la Feste Bamberg La partie supĂ©rieure de la Feste Bamberg Le fortin de la Hexenkuche La 2e entrĂ©e de la Hexenkuche Dans le souterrain de la Hexenkuche Une des salles souterraines de la Hexenkuche Nous rebroussons chemin pour descendre au niveau de la Feste Bamberg vers l'Untere Rehfelsen balisage triangle jaune. Cette grande forteresse est constituĂ©e de trois Ă©tages de galeries avec de nombreux postes de mitrailleuses. Lors de l'offensive française du 26 mars 1915, l'Untere Rehfelsen est une des rares positions allemandes Ă  ne pas succomber. Deux nouvelles attaques françaises, les 6 et 14 avril 1915, Ă©chouent Ă©galement devant cette forteresse. Lors de l'assaut gĂ©nĂ©ral du 21 dĂ©cembre 1915, qui permit aux Français de passer la crĂȘte et de redescendre jusqu'au chemin des 700 mĂštres, les hommes du 23e rĂ©giment d'infanterie RI et du 15e bataillon de chasseurs Ă  pied BCP Ă©chouent Ă  prendre l'Untere Rehfelsen. Ce n'est que le 28 dĂ©cembre 1915 que le 12e BCA, aprĂšs un pilonnage d'artillerie de deux heures, arrive Ă  se rendre maitre d'une partie de la forteresse. Une trentaine d'hommes du Reserve Infanterie Regiment RIR 74 s'est cependant retranchĂ© et rĂ©sistent aux troupes françaises. Une contre-attaque allemande effectuĂ©e le 29 dĂ©cembre 1915 Ă©choue Ă  libĂ©rer les hommes assiĂ©gĂ©s. Ils seront dĂ©livrĂ©s le 30 dĂ©cembre 1915 lorsque le Garde JĂ€ger Bataillon reprend l'ensemble de l'Untere Rehfelsen. Le Dromedar Stollen situĂ© au-dessus de l'Unterer Rehfelsen L'unterer Rehfelsen vue de la Feste Bamberg Poste de mitrailleuse en haut de l'Unterer Rehfelsen Une des entrĂ©es de l'Unterer Rehfelsen Galerie de l'Unterer Rehfelsen Une des salles souterraines de l'Unterer Rehfelsen Une autre des salles de l'Unterer Rehfelsen La sortie arriĂšre de l'Ă©tage supĂ©rieur Le fortin de l'Ă©tage intermĂ©diaire de l'Unterer Rehfelsen La partie arriĂšre de l'Ă©tage intermĂ©diaire La partie infĂ©rieure de l'Unterer Rehfelsen Les galeries infĂ©rieures de l'Unterer Rehfelsen La suite de la galerie infĂ©rieure TranchĂ©e dans la partie infĂ©rieure de l'Unterer Rehfelsen Abri infĂ©rieur de l'Unterer Rehfelsen L'Unterer Rehfelsen vue depuis le bas De l'Untere Rehfelsen nous suivons la tranchĂ©e qui descend le flanc du HWK. C'est la tranchĂ©e de la Suisse Lippique. C'est une grande tranchĂ©e maçonnĂ©e identique Ă  celle de la Himmelsleiter. À certains endroits, sa profondeur atteint les 2,50 m. Dans la descente, nous rencontrons de nombreux abris souterrains et des positions de minenwerfer. La plupart sont situĂ©s sur le cĂŽtĂ© gauche lors de la descente donc Ă  l'arriĂšre de la tranchĂ©e. Le haut de la tranchĂ©e de la Suisse Lippique La tranchĂ©e de la Suisse Lippique EntrĂ©e d'un abri dans la Suisse Lippique La galerie souterraine de l'abri precĂ©dent Un des fortin de la Suisse Lippique Un autre des abris de la Suisse Lippique Un des fortins Ă  l'avant de la Suisse Lippique Un autre des abris de la Suisse Lippique Parapets de tir en escaliers de la Suisse Lippique La fin de la tranchĂ©e de la Suisse Lippique Une des derniers abris en bas de la Suisse Lippique Nous passons ainsi les abris U11. L'abri U11 La galerie vers l'abri souterrain L'entrĂ©e de l'abri U11 Une des salles de l'abri Puis la Feste Scheufele. La Feste Scheufele Nous rejoignons ensuite l'abri souterrain du Landes JĂ€ger Regiment LJR 56. Le LJR 56 stollen Des Ă©tagĂšres dans le souterrain ? Une des salles de cet abri La stĂšle situĂ©e devant le Stollen Un peu plus bas, nous pouvons accĂ©der aux abris et souterrains du LIR 56 qui porte une grande inscription en l'honneur des hommes de ce rĂ©giment tuĂ©s au combat. L'entrĂ©e secondaire de l'abri du LIR56 Garde JĂ€ger L'entrĂ©e principale L'entrĂ©e principale Le tableau d'honneur La galerie d'accĂšs aux chambres souterraines Une des chambres de cet abri La tranchĂ©e de la Suisse Lippique finit par dĂ©boucher sur le Dickbuchenweg un peu sous la cĂŽte des 600 mĂštres. Elle dĂ©bute Ă  l'Untere Rehfelsen Ă  740 m d'altitude. Nous prenons Ă  gauche vers la courbe 2 de la Voie Serpentine cantine Zeller. De nombreux abris effondrĂ©s signalent l'emplacement du Camp Albrecht Albrecht LĂ€ger. Au niveau du ruisseau Goldbach nous trouvons des abris de l'Ulanen Regiment ULR 11 muni d'une stĂšle proclamant "Sei mir GegrĂŒĂŸt du liebe Hutte" soit louĂ© abri bien aimĂ©. Un des abris effondrĂ©s en bas de la Suisse Lippique La stĂšle du Albrecht Lager L'entrĂ©e d'un des abris du ULR11 Un autre de ces abris Dans l'abri avec vue sur le crĂ©neau de tir de l'entrĂ©e Un abri avec les soubassements d'un compresseur La cuve du compresseur est restĂ©e en place L'entrĂ©e de l'abri du compresseur Nous nous dirigeons maintenant vers le cimetiĂšre des Uhlans. Une trentaine de tombes sont rassemblĂ©es Ă  cet endroit. C'est un des rares cimetiĂšres existant encore au HWK. Les autres ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s dans les diffĂ©rents cimetiĂšres militaires des alentours. Les tombes, toutes surmontĂ©es d'une stĂšle en pierre, entourent un monument commĂ©moratif dĂ©diĂ© aux tuĂ©es du 9K LIR 56 Ă©rigĂ© en mai 1916. Le cimetiĂšre a Ă©tĂ© rĂ©cemment restaurĂ© par l'armĂ©e allemande. Vue du cimetiĂšre Le monument commĂ©moratif Nous rebroussons chemin vers la tranchĂ©e de la Suisse Lippique et poursuivons sur le chemin en direction du Hirtzenstein. Juste aprĂšs la tranchĂ©e, nous passons devant la fontaine du LIR 56 Ă  gauche. La fontaine du 56e Dans la courbe apparait une stĂšle commĂ©morant les morts de la brigade des Uhlans Jaunes tombĂ©s en avril 1915 Gelben Ulanen Brigade 5/UL15. La stĂšle des Uhlans Jaunes Au prochain embranchement, nous prenons Ă  droite pour passer devant le rocher Bieberstein nommĂ© d'aprĂšs le lieutenant-colonel Marschall von Bieberstein pour arriver au bassin de bains "Leopoldsbad". Le Bieberstein Le Leopoldsbad En poursuivant le chemin, nous passons Ă  gauche d'un monument signalant l'emplacement d'un ancien cimetiĂšre allemand. Le chemin longe ensuite les ruines de diffĂ©rents abris du camp Möllendorf Ă©rigĂ© en mars 1916 par le 12 LIR 56. Le monument du cimetiĂšre du camp Mollendorf Un des abris du camp Mollendorf Le grand bunker du camp Mollendorf Le grand bunker du camp Mollendorf Dans un deuxiĂšme parcours, nous partons du village de Hartmannswiller pour emprunter Ă  cĂŽtĂ© de l'hĂŽtel-restaurant Meyer, le chemin du stand de tir. Ce chemin mĂšne vers le Treffpunkt oĂč dĂ©bute la Voie Serpentine. Les ruines de grands bunkers parsĂšment la forĂȘt, tout au long du chemin. Nous montons tout droit pour atteindre la courbe 00. L'abri effondrĂ© situĂ© Ă  cet endroit Ă©tait un poste d'infirmerie. le 1er abri le long du chemin vers le Treffpunkt l'intĂ©rieur de cet abri Le 2e abri sur le chemin du Treffpunkt Une Ă©trange construction sur le chemin du Treffpunkt L'abri effondrĂ© de la courbe 00 À la courbe 0 part un sentier abrupt qui, en passant sous le Sandgrubenkopf, mĂšne au cimetiĂšre des Uhlans. Le Sandgrubenkopf est une butte de 570 m d'altitude reliĂ©e au HWK par un petit col. Il a servi de point de rassemblement aux troupes allemandes avant l'assaut sur le HWK. Il y avait Ă  cet endroit un poste de secours et des dĂ©pĂŽts de munitions. Il servit Ă©galement de poste de commandement et lors de l'assaut du 22 dĂ©cembre 1915, l'Ă©tat-major du LIR 56 s'y Ă©tablit. Des canons et des minenwerfer y Ă©taient Ă©galement stationnĂ©s. L'explosion d'un minenwerfer, le 8 janvier 1916, y fit d'ailleurs de nombreuses victimes. L'abri "Musiktempel" Nous poursuivons notre exploration en suivant la Voie Serpentine en direction de la Feuchte Ecke coin humide nommĂ©e ainsi Ă  cause de la prĂ©sence d'un ruisseau. Juste aprĂšs, sur le cĂŽtĂ© gauche du chemin, apparaissent de nombreux abris rĂ©alisĂ©s avec des tĂŽles "mĂ©tro". La partie frontale est rĂ©alisĂ©e en maçonnerie. Nous y trouvons Ă©galement un souterrain s'enfonçant d'une trentaine de mĂštres dans la montagne. Ces abris ont Ă©tĂ© dĂ©nommĂ©s Musiktempel temple de la musique, 99er Haus maison du 99e et Böse Buben mauvais garçons. Ils servaient de cuisine, de casernement et d'Ă©curie. Une inscription signale que ces abris ont Ă©tĂ© construits par le 13e et le 14e LIR 99 selon un modĂšle et qu'il est souhaitĂ© que ce modĂšle soit perpĂ©tuĂ©. Un des abris des Bösen Buben La galerie souterraine des Bösen Buben Au fond de cette galerie Un autre des abris Les façades de Bösen Buben L'inscription La suite des abris AprĂšs l'abri portant l'inscription, nous prenons le chemin descendant sur la droite, le Schwabenweg. Ce chemin passe Ă  cĂŽtĂ© de deux bunkers ayant servi de central tĂ©lĂ©phonique avant de dĂ©boucher dans les vignes au-dessus de Wuenheim. Le bunker du central tĂ©lĂ©phonique qui sert de pavillon de chasse À cet endroit, nous prenons Ă  droite le sentier des pĂšlerins balisage croix rouge. Nous passons Ă  cĂŽtĂ© d'un Ă©trange abri en tĂŽle pour aboutir Ă  la station Gaede. Ici le sentier des pĂšlerins St Jacques de Compostelle croise le cheminement du Sulzerbahn. C'Ă©tait une ligne de chemin de fer Ă  voie Ă©troite qui reliait Soultz au Niederwald en contrebas du Hirtzenstein soit une longueur de 8900 m. De dix Ă  quinze trains circulaient chaque jour sur cette ligne. De la station Gaede partait le tĂ©lĂ©phĂ©rique qui passant par la station Sproesser aboutissait au-dessus de la caserne au sommet du HWK. Ce tĂ©lĂ©phĂ©rique d'une longueur de 2 km avait un dĂ©nivelĂ© de 500 m. Il se dĂ©plaçait Ă  la vitesse d'un mĂštre par seconde. Il fut construit de fĂ©vrier Ă  mai 1915. Un deuxiĂšme tĂ©lĂ©phĂ©rique partait Ă  proximitĂ© du central tĂ©lĂ©phonique citĂ© prĂ©cĂ©demment qui est aussi une des stations d'arrivĂ©e de la Sulzerbahn pour aboutir au Klippenstollen. L'Ă©trange abri en tĂŽle Un des abris de la station Gaede L'entrĂ©e de cet abri. Le dĂ©part du tĂ©lĂ©phĂ©rique. Vestige d'une des nacelles du tĂ©lĂ©phĂ©rique. Vestige de sac de sable Ă  la station Gaede. Rouleau de fil de fer barbelĂ© retrouvĂ© Ă  la station Gaede. La station Gaede a Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©e en 2010 par des volontaires de la Brigade franco-allemande. Abri en tĂŽle retrouvĂ© Ă  la station Gaede. Le mĂȘme abri au fond de sa tranchĂ©e. Le sentier des pĂšlerins nous ramĂšne ensuite vers le Treffpunk en passant Ă  proximitĂ© de la source Ottoquelle oĂč se trouvent cachĂ©s sur le flanc de la montagne plusieurs abris en bĂ©ton. Le sentier pense ensuite Ă  cĂŽtĂ© d'un trĂšs gros bunker et des ruines d'un petit. La source OTTO. Un des abris Ă  proximitĂ© de l'Ottoquelle. Le grand bunker du Treffpunkt Du carrefour du Treffpunk, nous poursuivons tout droit le long du chemin des pĂšlerins de St-Jacques de Compostelle. Sur la gauche nous croisons un ensemble de six blockhaus coordonnĂ©e GPS 47 N 51' 06" et 7 E 11' 09". AprĂšs l'oratoire se prĂ©sente, sur la droite, un grand abri parfaitement remis en Ă©tat. À l’arriĂšre de celui-ci se trouve, Ă©galement restaurĂ©, l'abri du 59e rĂ©giment d'artillerie allemand. Au niveau du 2e oratoire, nous prenons le chemin partant Ă  gauche en descente. Celui-ci nous ramĂšne vers le chemin du stand de tir empruntĂ© au dĂ©part de ce parcours. l'abri du 59e rĂ©giment d'artillerie allemand Un abri transformĂ© en cabane de chasse Dans un troisiĂšme parcours, nous partons de la courbe sur la route des CrĂȘtes situĂ©e juste avant le col du Silberloch en venant de Uffholtz. Cet endroit est dĂ©nommĂ© Bains-douches. Nous sommes dans le secteur français et partons Ă  la dĂ©couverte des camps avancĂ©s français implantĂ©s sur le flanc sud du HWK. Le chemin nous conduit vers le camp Arrault, suivi du camp Baudot puis du camp ReniĂ©. Vestige d'un abri au camp Arrault. EntrĂ©e d'un abri au camp Baudot. Cette entrĂ©e mĂšne vers une galerie souterraine. Le fond de la galerie qui commence Ă  s'effondrer. Les parois en bois sont encore relativement bien conservĂ©es. Le chemin passe ensuite devant la tombe Violet pour atteindre le point Hennequin oĂč dĂ©bute la tranchĂ©e de 1ere ligne. En suivant cette tranchĂ©e, nous arrivons au monument Serret. De lĂ , nous empruntons la tranchĂ©e du 15e BCP puis la "tranchĂ©e Ă©lectrique" dont nous avons dĂ©jĂ  parlĂ© prĂ©cĂ©demment. Cette tranchĂ©e grimpe vers le sommet du HWK en passant par le rĂ©duit Boussat. AprĂšs ce rĂ©duit, la tranchĂ©e dĂ©bouche sur un chemin que nous suivons vers la gauche. Il nous mĂšne en descendant vers un autre chemin que nous suivons ensuite Ă©galement vers la gauche. Il nous ramĂšne vers les Bains-Douches en passant par le Camp Duvernet sur la droite du chemin. La tombe Violet Le point Hennequin La tranchĂ©e de 1ere ligne française. Vestige d'abris en tĂŽle mĂ©tro dans la tranchĂ©e Ă©lectrique. Un poste bĂ©tonnĂ© dans cette tranchĂ©e. EntrĂ©e d'un abri de cette tranchĂ©e. Un autre poste. RĂ©duit le long de la tranchĂ©e. La tranchĂ©e Ă©lectrique. Le rĂ©duit Boussac Le rĂ©duit Boussac Vestige du camp Duvernet. Le camp Duvernet Il ne subsiste que peu de choses du camp Duvernet Ces photographies ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es en avril et octobre 2010. La suite de la visite se passe dans la troisiĂšme partie.... Y ACCÉDER L'accĂšs au Hirtzenstein se fait Ă  partir de Wattwiller en empruntant au centre du village la route du Vieil Armand. Pour atteindre le Treffpunk, prendre Ă  Hartmannswiller, au rond-point de l'hĂŽtel-restaurant Meyer, le chemin du stand de tir. Poursuivez sur ce chemin jusqu'Ă  l'orĂ©e de la forĂȘt puis continuez Ă  pied tout droit. Pour le dĂ©part du parcours des camps français, partez du col du Silberloch et redescendez vers Uffholtz. Le dĂ©part est situĂ© sur la gauche du premier virage. Les indications pour accĂ©der Ă  ce lieu insolite sont donnĂ©s sans garantie. Elles correspondent au chemin empruntĂ© lors de la rĂ©alisation des photographies. Elles peuvent ne plus ĂȘtre d'actualitĂ©. L'accĂšs au lieu se fait sous votre seule responsabilitĂ©. Si vous constatez des modifications ou des erreurs, n'hĂ©sitez pas Ă  m'en faire part. Cette page a Ă©tĂ© mise en ligne le 15 mai 2010 Cette page a Ă©tĂ© mise Ă  jour le 16 janvier 2015

Pendantla guerre de 1914-1918, le dĂ©partement de l’Aisne est traversĂ© par le front de l’ouest. Le Chemin des Dames est une ligne de crĂȘte Le Chemin des Dames est actuellement un tronçon de 26km de long d'une route dĂ©partementale rĂ©pondant au doux nom de RD18CD, dans le dĂ©partement de l'Aisne, entre la route N2 Ă  l'Ouest, commune d'Aizy-Jouy et la commune de Corbeny Ă  l'Est. Le nom "Chemin des Dames" fait rĂ©fĂ©rence aux filles du roi Louis XV, dont les carrosses empruntaient ce qui n'Ă©tait alors qu'un chemin permettant d'aller au ChĂąteau de La Bove, appartenant Ă  une ancienne maĂźtresse de leur pĂšre. Le Chemin des Dames a acquis une sinistre notoriĂ©tĂ© suite Ă  l'offensive dĂ©sastreuse que le GĂ©nĂ©ral Nivelle, alors commandant en chef des armĂ©es françaises, lança en avril 2017. Deux autres batailles ont marquĂ© les lieux en 1814, l'armĂ©e de NapolĂ©on battit les Prussiens et les Russes Ă  la Bataille de Craonne ; en mai et juin 1940, l'armĂ©e française rĂ©ussit Ă  y contenir momentanĂ©ment l'avancĂ©e fulgurante de l'armĂ©e allemande. Visorandonneur +194m -195m 4h15 Moyenne DĂ©part Ă  Aizy-Jouy - 02 - Aisne Entre champs et bois, une randonnĂ©e dans le secteur occidental de la malheureuse offensive du Chemin des Dames d'avril 1917. Plusieurs sites mĂ©moriels invitent Ă  une rĂ©flexion sur l'absurditĂ© des massacres que les guerres occasionnent. Des offres exclusives rĂ©servĂ©esaux membres Club Visorando Jusqu’à 20%* de rĂ©duction sur votre Ă©quipement de randonnĂ©e chez nosenseignes partenaires, spĂ©cialistesdes sports outdoor Testez GRATUITEMENT
AOulches-la-VallĂ©e-Foulon, le Centre d’accueil du visiteur du Chemin des Dames propose un accueil touristique pour l’ensemble des sites du Chemin des Dames dont le complexe souterrain de la Caverne du Dragon, site emblĂ©matique des combats de la Grande Guerre qui se trouve 14 mĂštres sous terre.. Table numĂ©rique XXL, frise chronologique gĂ©ante interactive,
Les lieux le Chemin des Dames. Sur la N2 de Laon vers Soissons, prendre la D18, et suivre le Chemin des Dames » si chargĂ© d’histoire. Juste aprĂšs la grotte du Dragon, sur la gauche, se trouve le monument aux Marie-Louise et aux Bleus de 1914, en face de la ferme d’Hurtebise. Poursuivre vers Craonelle et ensuite vers Pontavert oĂč se trouvent les restes d’un canon russe. Revenir vers Hurtebise par la D895 Craonne et le Plateau de Californie. Sur la gauche, dans un champ de blĂ©, un petit promontoire avec la statue de NapolĂ©on observant le dĂ©roulement de la bataille. Le canon russe de Pontavert. BelvĂ©dĂšre du Plateau de Californie avec les tables d’orientation de la guerre 14/18.
LeRefuge des Anges se trouve à 1 km du centre de Presles-et-Thierny et à 14 minutes en voiture de la cathédrale de Laon. Elle est gratuite. Une connexion Wi-Fi, un jardin et une terrasse. The hospitality and friendliness of the hosts. We had fun sitting together over breakfast. They recommended a great restaurant for our evening meal which
ï»ż ï»ż Le plateau parcouru par le Chemin des Dames a fait l'objet de plusieurs batailles au cours de l'histoire de France. Celle qui a le plus marquĂ© la mĂ©moire collective est celle qui s’y dĂ©roula entre le 16 avril et le 24 octobre 1917. La rĂ©gion de l'Aisne qui porte le nom de Chemin des Dames est un Ă©troit plateau calcaire orientĂ© est-ouest, bordĂ© au sud par la riviĂšre Aisne et au nord par la riviĂšre Ailette. Ce plateau, qui n'a que quelques dizaines de mĂštres de largeur au niveau de l'isthme de Hurtebise, surplombe d'environ 100 m les vallĂ©es le bordant. De nombreux ruisseaux ont creusĂ© au sein de ces flancs des ravins perpendiculaires. Le plateau dĂ©nudĂ© contraste avec les pentes escarpĂ©es et couvertes de forĂȘts de ces flancs. Il constitue un bel observatoire sur la plaine de Laon, au nord, sur la plaine de champagne, Ă  l'est, et la plaine de Soissons, au sud-ouest. Le plateau Ă©tait parcouru sur sa crĂȘte par un petit chemin peu carrossable qu’empruntĂšrent frĂ©quemment, entre 1776 et 1789, AdĂ©laĂŻde et Victoire, les deux filles de Louis XV et appelĂ©es "Dames de France". Elles empruntĂšrent ce chemin lorsqu'elles allaient de Paris au chĂąteau de Boves, rendre visite Ă  leur prĂ©ceptrice Françoise de Chalus 1734-1821, la duchesse de Narbonne-Lara, maĂźtresse de Louis XV. C'est elles qui donnĂšrent le nom au chemin que le mari de la duchesse fit empierrer pour leur faciliter le parcours. Paysage du Chemin des Dames Ă  la RoyĂšre Paysage du Chemin des Dames Ă  la RoyĂšre La premiĂšre bataille en ces lieux se dĂ©roula en 57 av. Jules CĂ©sar s'y heurta Ă  la confĂ©dĂ©ration des Belges et des Gaulois du nord, forte de prĂšs de 250 000 hommes, qui assiĂ©geaient Bibrax Laon, dĂ©pendant de Reims alliĂ©e de Rome. Les lĂ©gions de Rome ne comprenaient que 50 000 hommes. Jules CĂ©sar envoya un de ses lieutenants contourner le massif de l’Aisne par la vallĂ©e de l’Oise, tandis qu’il avança vers l'armĂ©e gauloise par l’est du massif. Il franchit l’Aisne Ă  Berry-au-Bac, avec 8 lĂ©gions et des troupes africaines en y laissant 3000 hommes pour tenir le passage. ProtĂ©gĂ© au nord, Ă  l’ouest et au sud, par la Miette et l’Aisne, il Ă©tablit un vaste camp sur la croupe qui domine les vallĂ©es. Les Gaulois avancĂšrent vers l’emplacement de la Ville-aux-Bois, et vinrent sur les bords de la Miette provoquer les cohortes romaines. Ayant dĂ©couvert des guĂ©s Ă  l’ouest de Berry-au-Bac, les Gaulois essayĂšrent de franchir l’Aisne pour tourner le camp romain. Jules CĂ©sar, averti, lança sur eux sa cavalerie. Les Belges qui Ă©taient passĂ©s sur la rive gauche furent massacrĂ©s. Jules CĂ©sar, patient, attendit le rĂ©sultat de son ample mouvement dĂ©bordant par l’ouest. À la nouvelle de l'anĂ©antissement de l'armĂ©e belge, les guerriers de la tribu des Bellovaques quittĂšrent l’armĂ©e gauloise. Affaiblie, cette armĂ©e se dĂ©cida alors Ă  la retraite. Intactes, les lĂ©gions romaines, qui avaient su attendre, poursuivirent leur marche victorieuse vers le nord. Vers 557, l'armĂ©e franque de Clovis dĂ©fit devant Soissons, l'armĂ©e de Syagrius, le gouverneur romain de la Gaule. À la suite de cette victoire eut lieu l'Ă©pisode, que tous les Ă©coliers français connaissent, du cĂ©lĂšbre vase de Soissons. Qui en rĂ©alitĂ© n'a jamais existĂ©. La troisiĂšme bataille sur le Chemin des Dames eut lieu le 7 mars 1814. Lors de la campagne de France, les armĂ©es de NapolĂ©on 1er battirent les Prussiens de Blucher et les Russes de Woronzof lors de la bataille de Craonne. Cette bataille, qui eut lieu prĂšs de Hurtebise, fit 5400 morts parmi les jeunes recrues de l'armĂ©e napolĂ©onienne qui Ă©tait surnommĂ©e les "Marie-Louise". Le Chemin des Dames fit l'objet d'intenses combats durant la 1re Guerre mondiale. La derniĂšre bataille s'y dĂ©roula en juin 1940, oĂč les chars français s’opposĂšrent vainement Ă  l'avancĂ©e de l'armĂ©e nazie lors du Blitzkrieg. Le monument NapolĂ©on Le monument des Marie-Louise Ă  Hurtebise AprĂšs le dĂ©clenchement de la 1re Guerre mondiale et l'invasion de la France par les troupes allemandes, les Français furent obligĂ©s, le 31 aoĂ»t 1914, de quitter leurs positions sur le Chemin des Dames devant l'avance rapide des Allemands. Lors de la 1re bataille de la Marne, les Français atteignirent la vallĂ©e de l'Aisne le 13 septembre 1914, repoussant les Allemands sur le plateau du Chemin des Dames. Entre le 13 et 15 septembre 1914, les troupes françaises et britanniques tentĂšrent vainement de s'emparer du plateau. Le 30 octobre 1914, les Allemands parvinrent Ă  se rendre maĂźtres du village de Vailly. Les Français reprirent l'attaque le 8 janvier 1915, mais le 13 janvier 1915, Ă  la faveur d'une crue de l'Aisne, les Allemands contre-attaquĂšrent et mirent les Français en difficultĂ©. Le gĂ©nĂ©ral Maunoury ordonna alors le repli des Français, ce qui se fit dans le plus grand dĂ©sordre. Les Allemands se rendirent maĂźtres de la Caverne du Dragon et de l'isthme de Hurtebise le 25 janvier 1915. Le front sur le Chemin des Dames sombra ensuite dans un calme relatif. Les Allemands tenaient la crĂȘte et les Français s'accrochĂšrent aux pentes sud du plateau. Fin 1916, le commandant en chef de l’armĂ©e française, le gĂ©nĂ©ral Joffre dĂ©cida de reprendre l'offensive dĂšs le mois de fĂ©vrier 1917 sur le front entre Vimy et Reims. Le front formait Ă  cet endroit un angle droit passant par Soissons. Selon son plan, les Anglais devaient attaquer entre Vimy et Soissons et les Français entre Soissons et Reims. En dĂ©cembre 1916, le gouvernement français remplaça Ă  la tĂȘte de l'armĂ©e le gĂ©nĂ©ral Joffre par le gĂ©nĂ©ral Nivelle. Celui-ci reprit le plan de Joffre pour appliquer l'exemple victorieux obtenu fin 1916 Ă  Verdun par la guerre de mouvement. Le plan de Nivelle fut cependant contestĂ© par l'ancien ministre de la Guerre Lyautey et le nouveau ministre de la Guerre Paul PainlevĂ© y Ă©tait opposĂ©. De nombreux gĂ©nĂ©raux Ă©taient Ă©galement sceptiques. Nivelle proposa alors, dĂ©but avril, sa dĂ©mission. Le ministre PainlevĂ© et le chef du gouvernement PoincarĂ© la refusĂšrent, inquiets d'un possible effondrement du front russe. La date de l'offensive fut maintenue. Malheureusement pour le plan français les Allemands appliquĂšrent, entre le 15 et le 19 mars 1917, l'opĂ©ration Alberich qu'ils avaient dĂ©cidĂ©e Ă  l'automne 1916. Ils se repliĂšrent sur la ligne Hindenburg, rĂ©duisant ainsi le front de 70 km. Le front allait maintenant de Vimy Ă  Reims en passant par le Chemin des Dames. Les Français, qui mirent une semaine Ă  se rendre compte du repli allemand, durent adapter leur plan d'attaque. Le nouveau plan dissocia l'attaque des Britanniques sur Vimy de celle des Français sur le Chemin des Dames. Les Français devaient attaquer sur un front de 30 km. L'objectif Ă©tait de percer les lignes allemandes entre Reims et Hurtebise pour franchir, au soir de la 1re journĂ©e, l'Ailette, atteindre Ă  J+1 la plaine au nord de Laon et Ă  J+4 la Somme Ă  Saint-Quentin. Pour atteindre ces objectifs, le gĂ©nĂ©ral Mangin estima que l'infanterie devait avancer de 100 m toutes les 3 minutes 2 km/h. Le rĂšglement militaire de l'Ă©poque fixait la marche normale Ă  240 m par 3 minutes. Pour faciliter l'offensive, les rĂ©serves allemandes devaient ĂȘtre fixĂ©es dans le nord par l'attaque des Britanniques sur la Scarpe et des Français sur Saint-Quentin. Paysage du Chemin des Dames Ă  hauteur du monuments des Basques L'offensive prĂ©voyait que la 5e ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Mazel 11 divisions d'infanterie, 1 division de cavalerie et 2 brigades russes attaquerait entre Hurtebise et Reims aile droite. La 6e ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Mangin 17 divisions d'infanterie, 1 division de cavalerie, 1 division territoriale et des troupes coloniales de tirailleurs sĂ©nĂ©galais et zouaves attaquerait entre Chavonne et Hurtebise aile gauche. La Xe ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Duchene, la IVe ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Authoine et le 2e Corps d'ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Blondlat se tiendraient en rĂ©serve pour exploiter la percĂ©e. S'y ajoutaient 47 escadrilles aĂ©riennes et 39 ballons de reconnaissance et de rĂ©glage de tir. L'artillerie aligna 2710 canons et 2300 mortiers. Un canon lourd Ă©tait disposĂ© tous les 21 m de front, et un canon de campagne ou un mortier, tous les 23 m. Pour la prĂ©paration d'artillerie, 5 millions d'obus de 75 et 1,5 million d'obus de gros calibre Ă©taient prĂ©vus. L'acheminement de ces munitions nĂ©cessita 26000 wagons de chemin de fer. L'offensive prĂ©voyait Ă©galement l'utilisation pour la premiĂšre fois des chars, dĂ©nommĂ©e artillerie spĂ©ciale AS. À Berry-au-Bac attaquerait le groupement Bossut 82 chars Schneider et 5 compagnies d'infanterie, formant le 32e Corps, et le groupement ChaubĂšs 50 chars Saint-Chamond et 3 compagnies d'infanterie, formant le 5e Corps de la Ve ArmĂ©e. À Laffaux fut engagĂ©, en mai 1917, le groupement Lefebvre formant le 37e Corps de la VIe ArmĂ©e. L'offensive rassembla environ 1 200 000 d'hommes sous le commandement du gĂ©nĂ©ral Robert Nivelle. Paysage du Chemin des Dames Ă  hauteur du monuments des Basques Du cĂŽtĂ© allemand, entre Vauxaillon et Berry-au-Bac, se trouvait la VIIe ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Boehm et, de Berry-au-Bac Ă  Reims, se trouvait la 1re ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Von Below soit 682 650 hommes sous le commandement du gĂ©nĂ©ral Erich Ludendorff. L'armĂ©e allemande alignait Ă©galement 530 avions, dont de nombreux chasseurs qui avaient la maĂźtrise du ciel. Paysage du Chemin des Dames Ă  hauteur du monuments des Basques L'offensive prĂ©vue pour le 16 avril 1917 n'avait pas pu ĂȘtre gardĂ©e secrĂšte. De nombreux politiciens connaissaient le lieu et la date de l'offensive depuis des mois provoquant ainsi de nombreuses fuites d'informations. Lors d'une attaque effectuĂ©e le 4 avril 1917 entre Loivre et Berry-au-Bac, les Allemands s’emparĂšrent du plan d'engagement du 3e Zouave de la 37e DI. Tout le plan d'engagement français Ă©tait alors aux mains des Allemands. En janvier 1917 en face de la VIe ArmĂ©e française les Allemands avaient 4 divisions d'infanterie, la veille de l'offensive s'y trouvait 7 divisions. En face de la Ve ArmĂ©e française, les Allemands renforcĂšrent les troupes en place de la mĂȘme façon. L'artillerie allemande fut renforcĂ©e de 100 %. À l’arriĂšre du front, dans la rĂ©gion de Laon, les Allemands avaient amassĂ© en rĂ©serve entre 12 et 15 divisions d'infanterie. Section de chemin de fer camouflĂ©e au Chemin des Dames © WikipĂ©dia Le 7 avril 1917, la 22e DI se lança Ă  l'assaut du village de Laffaux, mais fut tenu en Ă©chec par les Allemands. Le 8 avril 1917 dĂ©buta la prĂ©paration d'artillerie. Jusqu’au 15 avril 1917, l'artillerie dĂ©versa 533 obus par minute sur les lignes allemandes. Mais le temps couvert gĂȘna considĂ©rablement le rĂ©glage de l'artillerie et les observations aĂ©riennes. Les Français ne repĂ©rĂšrent que 53 batteries d'artillerie allemandes sur les 392 reparties sur le Chemin des Dames. Le 16 avril 1917 Ă  3 h 30, 180 000 hommes avancĂšrent en 1re ligne. Le temps est Ă©pouvantable. Il neigeait et les tempĂ©ratures glaciales pĂ©nalisaient Ă©normĂ©ment les troupes coloniales. Parmi les SĂ©nĂ©galais qui s'Ă©taient entraĂźnĂ©s sur la CĂŽte d'Azur, 1163 hommes furent Ă©vacuĂ©s avant l'assaut pour des affectations pulmonaires et des gerçures. Les fantassins devaient attaquer en tenue d'assaut. Chaque homme portait une couverture roulĂ©e dans une toile de tente portĂ© en sautoir, un outil individuel, une musette de vivre pour 3 jours, une musette avec 16 grenades, un bidon d'eau de 2 l, un bidon supplĂ©mentaire de 1 l, un masque Ă  gaz, des sacs de terre vides, un panneau de signalisation ou des feux de Bengale, un paquet de pansements, 120 cartouches et le fusil Lebel. Les troupes du 20e Corps attaquĂšrent mĂȘme avec le barda complet et des vivres pour 6 jours. L'attaque Ă  Craonne © WikipĂ©dia À 6 h, le barrage d'artillerie se mit Ă  avancer de 100 m toutes les 3 minutes. Ce fut le signal pour l'assaut. Les hommes sautĂšrent le parapet de la tranchĂ©e de 1re ligne. Au Moulin de Laffaux, l’offensive du 1er Corps colonial se brisa contre les dĂ©fenses formidables de la ligne Hindenburg. Les premiĂšres vagues d’assaut, aprĂšs avoir enlevĂ© la 1re ligne et le Mont des Singes, se trouvĂšrent contre-attaquĂ©es et mal soutenues par l'artillerie et sans renforts, elles durent se replier. Ils dĂ©plorĂšrent la perte de 3800 hommes. Au niveau des falaises de l'Aisne, du dĂ©filĂ© de Vailly au vallon de Braye-en-Laonnois, la bataille fut violente. Le front français passa alors sur la rive gauche de l’Aisne, au sud de Vailly et de Chavonne, traversa l’Aisne Ă  l’est de Chavonne, puis, par le chĂąteau de Soupir, remonta vers le nord-est. Les Allemands Ă©taient retranchĂ©s sur les falaises et dans les creutes, leurs lignes dominaient Ă  pic les positions françaises. Les Grinons et Chavonne furent attaquĂ©s par le 172e rĂ©giment d'infanterie RI qui, en mars, au moment du repli allemand, s’était dĂ©jĂ  battu sur l’Aisne Ă  l’est de Soissons. Chavonne fut pris d’un seul Ă©lan, peu aprĂšs l’attaque, par un bataillon qui en nettoya les ruines et les caves Ă  la grenade. Les Grinons rĂ©sistĂšrent plus longtemps. Le Chemin des Dames Ă  la ferme de la RoyĂšre © WikipĂ©dia Le mont Sapin fut enlevĂ© par le 25e bataillon de chasseurs Ă  pied. C’était un obstacle redoutable. Le mauvais temps ayant rendu les pentes raides, boueuses et glissantes, l’ascension du mont fut lente et les troupes se trouvĂšrent trĂšs devancĂ©es par le barrage roulant d’artillerie. L’ennemi en profita pour sortir ses mitrailleuses. Les chasseurs progressĂšrent alors en se protĂ©geant par des barrages de grenades Ă  fusil, et, quand celles-ci manquĂšrent, par des barrages de grenades Ă  main. Ils avancĂšrent pas Ă  pas en nettoyant les abris, faisant 400 prisonniers, dont 10 officiers, ils prirent 22 mitrailleuses et 19 minenwerfer. Les Allemands rĂ©sistant dĂ©sespĂ©rĂ©ment dans un ouvrage, les chasseurs le contournĂšrent pour atteindre la lisiĂšre nord du bois, poussant leur gauche vers les Grinons et leur droite sur la carriĂšre souterraine de la Cour Soupir. Le mont Sapin devint alors la clef de voĂ»te de toute la ligne française. L’éperon qui domine la route, au nord, est couvert par le bois des Gouttes d’Or. Les fantassins du 172e RI en liaison, Ă  gauche, avec les chasseurs emportĂšrent le Balcon, nommĂ© ainsi parce qu’il domine, Ă  pic, les lignes françaises de dĂ©part, le cours de l’Aisne, Soupir et le chĂąteau de Soupir sur les flancs ouest des Gouttes d’Or. Les fantassins poussĂšrent vers la Cour Soupir, pendant qu’un autre rĂ©giment avança sur les pentes ouest des Gouttes d’Or. Celui-ci, toutefois, fut arrĂȘtĂ© dans les sous-bois par de terribles moyens de dĂ©fense restĂ©s intacts. Plus Ă  l’est, au dĂ©bouchĂ© sud du cirque de Braye-en-Laonnois, un autre rĂ©giment dut aussi s’arrĂȘter. Assaut au Chemin des Dames © WikipĂ©dia À l'Ă©peron de Troyon, les troupes du 20e Corps parvinrent Ă  s’installer sur la crĂȘte du Chemin des Dames. Toutefois, les Allemands rĂ©sistĂšrent encore dans la sucrerie de Cerny. La 10e Division coloniale du 2e Corps d’infanterie coloniale devait enlever les lignes successives de la premiĂšre position ennemie qui couvraient le plateau, enveloppant dans un lacis de tranchĂ©es et de boyaux la ferme d’Hurtebise et de nombreuses creutes, dont la Caverne du Dragon. Le goulot d’Hurtebise devait ĂȘtre enlevĂ© par une manƓuvre de dĂ©bordement du 2e CAC et du 1er Corps d’armĂ©e, ce dernier opĂ©rant sur le plateau de Vauclair. DerriĂšre le barrage roulant qui s’abattit sur le plateau, les marsouins, SĂ©nĂ©galais et Marocains de la 10e DI coloniale abordĂšrent, en ordre, les premiĂšres lignes allemandes. La crĂȘte fut atteinte presque sans pertes. Le barrage d’artillerie allemand, peu nourri, prĂ©sentait des lacunes. Toutefois, l’infanterie pesamment chargĂ©e et surtout embourbĂ©e dans les trous d’obus remplis de vase progressa avec une vitesse infĂ©rieure aux prĂ©visions. Le barrage d'artillerie, se conformant Ă  l’horaire prĂ©vu, se dĂ©crocha de l’infanterie et s’éloigna progressivement des premiĂšres vagues qu’il cessa alors de protĂ©ger. Quelques mitrailleuses, qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©es sur le plateau, n’arrĂȘtĂšrent pas l’élan des fantassins du 53e rĂ©giment colonial qui descendit le versant nord du plateau le long des pentes raides dĂ©valant vers l’Ailette. Mais ces Ă©lĂ©ments furent bientĂŽt dĂ©cimĂ©s, par des feux croisĂ©s et des rafales de mitrailleuses de la deuxiĂšme position. Le barrage d’artillerie passĂ©, les Allemands sortirent des creutes du plateau et, par leur feu, clouĂšrent sur place les vagues qui, en quelques minutes, subirent des pertes considĂ©rables, 150 officiers et 5000 hommes furent tuĂ©s ou blessĂ©s. Ne pouvant franchir cette zone meurtriĂšre, elles s’arrĂȘtĂšrent, s’abritĂšrent et mĂȘme sur certains points refluĂšrent sur la derniĂšre tranchĂ©e dĂ©passĂ©e. Les bataillons de la premiĂšre vague, arrĂȘtĂ©s, furent bientĂŽt rejoints par ceux de soutien qui, partis Ă  l’heure fixĂ©e, vinrent se fondre sur la ligne de combat. Les bataillons de rĂ©serve, conformĂ©ment au plan d’attaque, s’avancĂšrent Ă  leur tour. Quelques-uns furent, toutefois, arrĂȘtĂ©s Ă  temps et occupĂšrent les premiĂšres tranchĂ©es allemandes conquises. En moins d’une heure, le combat s’était stabilisĂ© sur le plateau de chaque cĂŽtĂ© de la ferme. Toutes les tentatives pour reprendre le mouvement en avant Ă©chouĂšrent dĂšs que l’on arrivait sur la ligne battue par les mitrailleuses allemandes. La progression Ă  la grenade par les boyaux et tranchĂ©es fut seule possible. Elle se heurta Ă  une rĂ©sistance de plus en plus vive. Les rĂ©serves allemandes furent, en effet, Ă  peu prĂšs intactes. Bien abritĂ©es dans les creutes du versant nord ou dans les abris trĂšs profonds, elles n’avaient pas souffert du bombardement. Le 69e bataillon de tirailleurs sĂ©nĂ©galais parvint jusqu'Ă  Ailles oĂč il fut presque anĂ©anti par la dĂ©fense allemande. La "Constellation de la Douleur" Ă  la Caverne du Dragon La "Constellation de la Douleur" Ă  la Caverne du Dragon À la Caverne du Dragon les troupes d’assaut dĂ©passĂšrent les entrĂ©es sud de la grotte, les Allemands avaient murĂ© les galeries et en conservaient la partie nord. AprĂšs le passage des troupes de la 1re vague les Allemands du Reserve Infanterie Regiment RIR 92, sortant de la Caverne du Dragon, se rĂ©installĂšrent dans les tranchĂ©es de 1re ligne. Leurs mitrailleuses clouĂšrent au fond de la vallĂ©e Foulon les bataillons de la 2e vague française. À Craonne, crevant les trois positions allemandes, les troupes du 5e Corps français, 10e et 9e DI en 1re ligne, 125e DI en soutien, devaient atteindre le soir mĂȘme Amifontaine, 9 km au-delĂ  de la ligne de dĂ©part. La vallĂ©e marĂ©cageuse de la Miette fut un sĂ©rieux obstacle. En liaison Ă  droite avec la 10e DI, la 2e DI devait enlever le bastion de Chevreux, puis Corbeny, et pousser vers le nord. La 1re DI devait s’emparer de Craonne. Craonne, Chevreux, le bois des Buttes et, derriĂšre, la route furent des obstacles particuliĂšrement redoutables avec leurs abris enterrĂ©s, leurs tunnels, leurs sapes profondes reliĂ©es entre elles et surtout leurs blockhaus bĂ©tonnĂ©s, abritant mitrailleuses, minenwerfer et mĂȘme des canons de 77. EnfoncĂ©s d’abord dans l’ombre des taillis et des bois, ces blockhaus apparurent, aprĂšs le bombardement, nus, menaçants, Ă  peine Ă©cornĂ©s par les obus de 240 et de 155. Le matin de l’attaque, des avions allemands survolĂšrent les lignes trĂšs bas. L’artillerie allemande commença Ă  5 heures un tir sur les tranchĂ©es. À 6 heures, dans le brouillard, sur un sol absolument dĂ©trempĂ©, les vagues d’assaut franchirent les tranchĂ©es de dĂ©part, dĂ©passĂšrent la premiĂšre ligne allemande. Mais bientĂŽt, de nombreuses mitrailleuses se dĂ©voilĂšrent et prirent d’enfilade les unitĂ©s d’attaque, particuliĂšrement les mitrailleuses de l’éperon de Craonne qui, dominant la plaine de plus de 100 m, dirigĂšrent de haut en bas un feu extrĂȘmement meurtrier. DĂ©cimĂ©es, privĂ©es de leur chef, beaucoup de vagues durent bientĂŽt renoncer Ă  progresser. MalgrĂ© un nouveau bombardement de l'artillerie française, la rĂ©sistance ennemie fut acharnĂ©e. L’attaque progressa Ă  peine en raison des tirs de mitrailleuses sous casemates, tirs de face et surtout de flanc. Les pertes furent sĂ©rieuses. Dans la Caverne du Dragon © WikipĂ©dia Dans la Caverne du Dragon © WikipĂ©dia Dans la Caverne du Dragon © WikipĂ©dia Dans la Caverne du Dragon © WikipĂ©dia Le bois des Buttes formait un saillant dans les lignes françaises. Il Ă©tait fortement organisĂ© par les Allemands, auxquels les trois sommets les plus Ă©levĂ©s fournissaient d’excellents observatoires et Ă©tait devenu un des piliers de la ligne ennemie. Avec ses abris Ă  20 mĂštres sous terre, ses galeries souterraines pourvues de voies ferrĂ©es, ses blockhaus pour mitrailleuses, ses observatoires bĂ©tonnĂ©s, c’était une vraie forteresse. Il fut attaquĂ© par le 31e RI. Pendant qu’une partie du rĂ©giment marchait, du sud au nord, vers les trois sommets du bois, l’autre s’avançait, d’ouest vers l’est, vers le village de la Ville-aux-Bois. La 1re ligne ennemie fut franchie d’un seul bond, mais, sur la 2e ligne, la bataille fut intense. Il fallut rĂ©duire un Ă  un les blockhaus, assiĂ©ger les abris, progresser Ă  la grenade dans les boyaux. Les fantassins du 31e RI, dominant les Allemands, avancĂšrent en faisant de nombreux prisonniers. À midi, le bois des Buttes fut pris en entier, avec plus de 800 prisonniers. ChassĂ© du bois des Buttes, l’ennemi se replia sur le village de la Ville-aux-Bois, farci de mitrailleuses. Les Français parvinrent aux lisiĂšres, mais furent contre-attaquĂ©s. Au bois aux Boches et Ă  la Musette, chaque blockhaus comprenait une mitrailleuse et un abri enfoui profondĂ©ment. Se flanquant rĂ©ciproquement en croisant leurs feux, ces blockhaus Ă©taient reliĂ©s entre eux et avec les organisations arriĂšre par de profonds boyaux et des galeries souterraines. Ils furent un sĂ©rieux obstacle. DĂ©bordĂ©s au sud et mĂȘme Ă  l’est, les occupants continuĂšrent Ă  rĂ©sister, rendant prĂ©caire par leurs feux de flanc l'installation des Français sur le terrain conquis. À Juvincourt, de septembre 1914 Ă  avril 1917, la ferme du CholĂ©ra, point dominant, fut un secteur agitĂ© par les nombreux coups de main des deux adversaires. C’est de ce secteur que les troupes du 32e Corps partirent Ă  l’attaque des positions allemandes. Mais les bataillons de ce corps furent violemment mitraillĂ©s, de la CĂŽte 108 au sud de l’Aisne, et de Juvincourt, et clouĂ©s sur place. Blockhaus allemand À Corbeny, deux groupements de chars devaient coopĂ©rer Ă  l’enlĂšvement de la deuxiĂšme position ennemie, l’un Ă  l’ouest de la Miette, en direction de Juvincourt, l’autre Ă  l’est entre cette riviĂšre et l’Aisne, en direction de Guignicourt et de Prouvais. Le premier groupement, celui de l’ouest, se porta, avant l’attaque, en position d’attente dans les bois de Beau Marais, derriĂšre la ferme le Temple. À 0 h 20, les groupes de chars Schneider partirent en colonne Ă  travers les lignes françaises, suivant une piste amĂ©nagĂ©e. DĂšs la sortie du bois, au nord de la ferme le Temple, les chars furent pris Ă  partie par un feu violent d’artillerie, des avions allemands suivaient leur marche et l’indiquaient au moyen de fusĂ©es rouges. Les chars, successivement atteints, restĂšrent en panne, la plupart en feu. Des bidons d’essence en rĂ©serve, amarrĂ©s aux chars, prirent feu. Un groupement de chars d’assaut ayant suivi la route de Pontavert Ă  Guignicourt, sur la crĂȘte de la croupe du CholĂ©ra, fonça alors dans la deuxiĂšme position allemande, malgrĂ© les barrages de l’artillerie lourde allemande. L'attaque de l’infanterie française, dĂ©cimĂ©e, Ă©parpillĂ©e, Ă  bout de souffle avec de petits groupes de tirailleurs çà et lĂ  dans des trous d’obus, fut brisĂ©e et les efforts dispersĂ©s se heurtĂšrent Ă  la rĂ©sistance allemande qui, le premier dĂ©sordre passĂ©, s’organisa solidement. MalgrĂ© la violence sans cesse accrue du feu d’artillerie, les chars continuĂšrent leur raid, dĂ©passant Juvincourt. Certains d’entre eux atteignirent mĂȘme le bois Claque Dents dont on voit la lisiĂšre au-delĂ  de la vallĂ©e de la Miette. Pris Ă  partie de trois cĂŽtĂ©s Ă  la fois par des piĂšces tirant Ă  tir direct, plusieurs chars furent dĂ©molis. Ceux qui restĂšrent repoussĂšrent une contre-attaque ennemie qui s’avançait en direction de la ferme Mauchamp. En quelques coups de canons et de mitrailleuses, les chars dispersĂšrent aisĂ©ment les tirailleurs ennemis. Les Ă©quipages Ă  pied des chars dĂ©truits se jetĂšrent dans les tranchĂ©es et essayĂšrent de continuer la lutte, mais des avions volant trĂšs bas les repĂ©rĂšrent et les mitraillĂšrent Ă  bout portant. L’ordre de repli fut donnĂ©. Quelques chars revinrent vers 10 h vers la ferme du CholĂ©ra. Cinquante-sept chars furent dĂ©truits, 64 Ă©taient tombĂ©s en panne ou s'Ă©taient enlisĂ©s. Aucun n'avait atteint la 1re ligne allemande. Sur les 790 hommes d'Ă©quipage et d’accompagnement, 180 furent tuĂ©s. Un char Schneider Char Saint-Chamond © WikipĂ©dia À Loivre et Ă  Brimont, les troupes du 32e Corps attaquĂšrent depuis l’Aisne aux abords de Reims. Loivre fut repris par les 23e RI et 133e RI surnommĂ©s respectivement "Les Braves" et "Les Lions". Pendant que d’autres bataillons dĂ©bordaient le village et franchissaient le canal, le 3e bataillon du 133e RI l’attaquait de face. La position Ă©tant solidement organisĂ©e et Ă©nergiquement dĂ©fendue, ils durent s’arrĂȘter devant le cimetiĂšre, vĂ©ritable bastion avec casemates bĂ©tonnĂ©es, et devant les dĂ©combres du moulin, l’un et l’autre remplis de mitrailleuses. Ils reculĂšrent un peu pour demander un barrage de 75, puis s’élancĂšrent Ă  nouveau, derriĂšre le barrage. L’emplacement du moulin et le cimetiĂšre oĂč 122 prisonniers furent faits dans un seul abri de mitrailleurs furent emportĂ©s, puis le village en ruines, oĂč ils se jetĂšrent Ă  la baĂŻonnette, pendant que leurs clairons sonnaient la charge. Le butin fut considĂ©rable, un bataillon de 500 hommes avait fait, Ă  lui seul, 825 prisonniers. Au nord de Loivre et au sud attaqua la 14e DI, les 44e RI, 60e RI, 35e RI et 42e RI. Leur Ă©lan fut tel qu’ils franchirent les deux premiĂšres positions. Des Ă©lĂ©ments arrivĂšrent jusqu'Ă  BermĂ©ricourt. La brigade russe poussa jusqu’aux abords de Brimont, mais ne put parvenir jusqu’au fort. À 10 h 15, le gĂ©nĂ©ral Muteau ordonna la reprise de la prĂ©paration d'artillerie afin de renouveler les attaques sur le plateau de Californie, Vauclair et Corbery. À 10 h 30, le gĂ©nĂ©ral Gamelin communiqua au gĂ©nĂ©ral Nivelle par tĂ©lĂ©phone "La "bataille se livre sur les 1res et 2e positions. Progression sensible de la Ve ArmĂ©e, la VIe ArmĂ©e sur sa droite semble avoir atteint Ailles, Bovelle et Cerny-en-Laonnois. ProgrĂšs plus lent Ă  l'ouest". La bataille sur les 1res et 2e lignes ne correspondait pas aux prĂ©visions du plan du gĂ©nĂ©ral Nivelle. Vestiges de tranchĂ©es au plateau de Californie EntrĂ©e d'un abri souterrain au plateau de Californie À midi se dĂ©clencha une nouvelle attaque française en direction de Vauclair et de Sapigneul. Ils furent tenus en Ă©chec par les Allemands. Les pertes furent qualifiĂ©es dans les communiquĂ©s comme cruelles. Les Allemands contre-attaquĂšrent sur Chavonne pour dĂ©gager les Grinons, la bataille fut violente. Les Allemands, connaissant le dĂ©dale des ruines et des tranchĂ©es, refoulĂšrent les Français du cimetiĂšre au nord du village, oĂč des Ă©lĂ©ments avancĂ©s avaient pris pied. Le monument du village disparu de Sapigneul À 14 h fut publiĂ© le 1er communiquĂ© officiel "La lutte d'artillerie a pris un caractĂšre de violence extrĂȘme pendant la nuit sur tout le front compris entre Soissons et Reims". Aucune mention ne fut alors faite de l'offensive mobilisant plus d'un million d'hommes. Sur le terrain, la situation ne s’amĂ©liorait pas. Les soldats Ă©taient bloquĂ©s. Le gĂ©nĂ©ral Blondlat ordonna la reprise de la prĂ©paration d'artillerie sur le moulin de Laffaux. Au mont Sapin, les Allemands, pour le reprendre, lancĂšrent de violentes contre-attaques, les chasseurs, qui avaient Ă©puisĂ© leurs grenades, se servirent de grenades allemandes trouvĂ©es sur place pour les repousser. À 14 h 30, le 32e Corps d'armĂ©e arrĂȘta les massives contre-attaques allemandes dans la rĂ©gion de Prouvais. Les Allemands, pris sous les feux de l'artillerie lourde, subirent de lourdes pertes. Vers 15 h, les Allemands contre-attaquĂšrent dans le secteur de Loivre et BermĂ©ricourt. Attaque Ă  Craonne © WikipĂ©dia Attaque Ă  Craonne © WikipĂ©dia AprĂšs une nouvelle offensive vaine sur le Moulin de Laffaux dĂ©clenchĂ© vers 18 h, les hommes de la VIe ArmĂ©e et du 1er Corps colonial furent repoussĂ©s sur leurs lignes de dĂ©part. Durant la nuit, la VIe ArmĂ©e put maintenir ces positions, mais dut abandonner le Mont des Singes. Une violente contre-attaque allemande, dĂ©clenchĂ©e vers 18 h 50, dans le secteur de la CĂŽte 108 et Sapigneul rejeta Ă©galement les Français sur leurs lignes de dĂ©part. Les Français ne purent se maintenir qu'Ă  la CĂŽte 108. Le "Jardin du souvenir" au moulin de Laffaux En fin de journĂ©e, le gain de terrain par les Français Ă©tait minime. Ils ne purent maintenir leur avancĂ©e qu'en contrebas du plateau entre Soupir et Chivy et dans le secteur de la Ville-aux-Bois. Le dĂ©putĂ© Jean YbarnĂ©garay dĂ©clara "la bataille a Ă©tĂ© livrĂ©e Ă  6 h, Ă  7 h elle Ă©tait perdue". Le 17 avril 1917, la lutte se poursuivit sur une plus petite Ă©chelle. Le mauvais temps transformait le terrain en boue glacĂ©. Le temps gĂȘnant considĂ©rablement la prĂ©paration d'artillerie, les attaques se limitĂšrent Ă  la rectification des positions prĂ©caires. À 4 h 45, la IVe ArmĂ©e attaqua Ă  l'est de Reims sur la butte de Moronvilliers. Les hommes du gĂ©nĂ©ral Anthoine prirent le Mont Cornillet, le Mont sans Nom et le Mont Blond en faisant 2500 prisonniers. Le 1er Corps fut durement engagĂ© sur le Plateau de Californie. À 4 h 30, les Allemands attaquĂšrent avec des troupes fraĂźches au Mont Sapin, mais les chasseurs du 25e BCP, malgrĂ© leurs pertes, en restĂšrent maĂźtres. Vers 10 h 30, ordre fut donnĂ© au gĂ©nĂ©ral Micheler de se borner Ă  consolider les occupations de la crĂȘte du Chemin des Dames avec la VIe ArmĂ©e. Blockhaus allemand au plateau de Californie Blockhaus allemand au plateau de Californie Aux Falaises de l'Aisne, aprĂšs un travail d’artillerie intense, qui dĂ©fonça quelques creutes, les troupes du 172e RI reprirent l’assaut sur les Grinons Ă  17 h 30. Les mitrailleuses allemandes, sorties des creutes, tentĂšrent de les arrĂȘter, mais furent incapables d’empĂȘcher les fantassins et les SĂ©nĂ©galais d'emporter le sommet des Grinons. Les Français le perdirent sous une contre-attaque sortie d’abris Ă  contre-pente puis le reprirent pour le garder dĂ©finitivement. Chavonne fut Ă©galement pris. La bataille s’était livrĂ©e sous une tourmente de neige et dans la boue glacĂ©e qui Ă©prouva durement les SĂ©nĂ©galais. Carte du secteur de Cerny-Deimling en date du 15 juin 1917 JMO de la 204e Brigade Marocaine Vers 17 h 30, les rĂ©giments d’attaque français emportĂšrent le bois des Gouttes d’Or en entier et, poussant hardiment, atteignirent la Croix sans TĂȘte et la CĂŽte 197, point culminant du plateau d’Ostel. Cet important succĂšs affola les Allemands et les força Ă  retraiter en dĂ©sordre. Les 2e lignes et les rĂ©serves se repliĂšrent sans mĂȘme prĂ©venir les unitĂ©s de 1re ligne. Du cĂŽtĂ© de Vailly, les Français trouvĂšrent le repas d’une compagnie entiĂšre tout servi et dĂ©jĂ  entamĂ©. Sur le terrain de l’avance, les traces de retraite hĂątive abondĂšrent, le sol Ă©tait couvert de matĂ©riel abandonnĂ©. La sucrerie de Cerny fut Ă©galement prise. Au niveau de la Caverne du Dragon, Ă  la suite d’un violent tir de minenwerfer, les Allemands rĂ©ussirent Ă  enlever au 43e bataillon de chasseurs la position du Doigt, au nord du monument d’Hurtebise. Devant la menace d’ĂȘtre rejetĂ©s de la crĂȘte, vers des positions intenables de la vallĂ©e Foulon, les Français dĂ©cidĂšrent de dĂ©gager largement la rĂ©gion du monument. À Craonne, la 2e DI ayant pris pied dans la 1re position allemande, la lutte tourna Ă  la guerre de positions. Au soir du 17 avril, le village de la Ville-aux-Bois Ă©tait peu Ă  peu encerclĂ©. Le village de Braye-en-Laonnois sera pris par la VIe ArmĂ©e Ă  19 h 45. Soupir aprĂšs les attaques d'avril 1917 © WikipĂ©dia Le soir du 17 avril 1917, aux Bois aux Boches et Ă  La Musette, un bataillon du 113e RI, en liaison, Ă  gauche, avec des Ă©lĂ©ments du 313e RI et du 4e RI, fut chargĂ© d’enlever les blockhaus. Le bataillon, dans la nuit tombante, s’élança au chant du rĂ©giment, "VoilĂ  le 113e qui passe", et progressant Ă  droite et Ă  gauche de la N44, aborda, Ă  coups de grenades, les abris creusĂ©s sous la chaussĂ©e. Les Allemands surpris d’abord par la rapiditĂ© de l’attaque se ressaisirent et les mitrailleuses crĂ©pitĂšrent. Un des blockhaus, attaquĂ© Ă  la grenade, et rempli de munitions, explosa avec un bruit formidable, faisant le vide autour de lui, projetant au loin des blocs Ă©normes de bĂ©ton. MalgrĂ© ses pertes, le bataillon poursuivit sa tĂąche. À 21 h, la N44, les ouvrages de Cologne et Hanovre, Ă  l’est de la route, Ă©taient enlevĂ©s. Le bataillon progressa jusqu’au carrefour de la Musette. L’encerclement du bois des Boches, auquel ont collaborĂ© le 313e RI et une compagnie du 4e RI, Ă©tait terminĂ©. Le nettoyage s’acheva dans la nuit et donna 400 prisonniers, dont 10 officiers, en mĂȘme temps qu’une grande quantitĂ© d’armes, d’engins et de munitions. Le 18 avril 1917, l’offensive fut arrĂȘtĂ©e au niveau d'Hurtebise, les fantassins de la 10e DI conservĂšrent le terrain conquis et repoussĂšrent toutes les contre-attaques, çà et lĂ  ils progressĂšrent dans quelques boyau ou tranchĂ©e. Mais les pertes furent lourdes. La zone du plateau, bouleversĂ©e immĂ©diatement derriĂšre la ligne atteinte, Ă©tait dĂ©trempĂ©e, boyaux et tranchĂ©es Ă©taient remplis d’une boue gluante qui gĂȘnait les mouvements. À 6 h, l’assaut fut donnĂ© au Bois aux Buttes. À 8 h, la Ville-aux-Bois fut enlevĂ©e. Dans la matinĂ©e, les Français progressĂšrent jusqu’à la Musette puis dĂ©passĂšrent la route nationale. En trois jours, le 31e RI fit 1500 prisonniers, dont 2 commandants et 32 officiers et captura 50 mitrailleuses, 15 minenwerfer et 6 canons. À 16 h, les Allemands contre-attaquĂšrent entre l'Aisne et Juvincourt, mais furent arrĂȘtĂ©s par l'artillerie lourde qui leur causa de lourdes pertes. La VIe ArmĂ©e occupa le plateau du Chemin des Dames aprĂšs le repli des Allemands sur la Siegfried Stellung, le long de la crĂȘte du Chemin aux Dames. La Ve ArmĂ©e ne progressa pas, mais rĂ©sista aux nombreuses contre-attaques allemandes. Le fort de CondĂ©, abandonnĂ© par les Allemands, fut investi par les Français. Les villages de Chivy, Braye-en-Laonnois, Ostel, Chavonne, Vailly, Celles, CondĂ©-sur-Aisne, Laffaux, Nanteuil-la-Fosse, Sancy, Jouy, Aisy Ă©taient aux mains des Français. De Soupir Ă  Missy-sur-Aisne, la ligne de front avait avancĂ© de 6 Ă  7 km. Au niveau d'Hurtebise, les troupes de la 10edivision coloniale, Ă©puisĂ©es, furent relevĂ©es dans la nuit du 18 au 19 avril par celles du 11e Corps. Troupes française au Chemin des Dames © WikipĂ©dia Le 19 avril 1917, l'offensive française reprit. Les attaques françaises Ă©chouĂšrent devant Bernericourt, le mont de Sapigneul et le Mont Spin. Le 1er corps enleva le plateau de Californie avant de le reperdre. Les troupes de la VIe ArmĂ©e enlevĂšrent le monument d'Hurtebise puis progressĂšrent au nord d’Hurtebise en capturant 500 Allemands. La IVe ArmĂ©e progressa en direction de Laigue. AprĂšs de furieuses contre-attaques, les Allemands reprirent la sucrerie de Cerny-en-Laonnois rendant ainsi prĂ©caire l'installation des Français sur la crĂȘte. À Craonne, la 1re DI et la 162e DI parvinrent Ă  s’accrocher au rebord du plateau. Le 20 avril 1917, les Français suspendirent l'offensive. La VIe ArmĂ©e se maintiendra sur les positions acquises, mais la Ve ArmĂ©e Ă©chouera dans ses attaques ponctuelles des positions allemandes. Le 21 avril 1917, les Allemands se repliĂšrent sur la ligne Hindenburg. Ils avaient, depuis le dĂ©but de l'offensive française, perdu 21 604 prisonniers, 183 canons et 412 mitrailleuses. Les Français, prenant acte de l’échec de la bataille, abandonnĂšrent dĂ©finitivement l'offensive globale au profit d'offensives ponctuelles le 22 avril 1917. Ce mĂȘme jour, ils durent repousser une puissante attaque allemande Ă  Moronvillers. Tir de barrage Ă  Craonne en 1917 © WikipĂ©dia Dans la nuit du 22 au 23 avril, le 34e RI releva dans Craonne le 1er RI. La 1re ligne devant les pentes raides du plateau Ă©tant constituĂ©e par une sĂ©rie de trous d’obus, les communications Ă©taient impossibles de jour. Ils n’y avaient ni boyaux ni tranchĂ©es et, du rebord du plateau, les Allemands dominants tiraient sur les isolĂ©s qui se montraient. En prĂ©paration de l’attaque qui devait donner l’entiĂšre possession des plateaux de Craonne et de Californie, le secteur fut complĂštement rĂ©organisĂ©. Les Allemands surveillaient attentivement tous les mouvements, bombardant les points oĂč l’on travaillait, harcelant continuellement les pistes. Le 25 avril 1917, les Allemands lancĂšrent une nouvelle contre-attaque qui ne leur permit pas de gain de terrain. Le Vieux Craonne Le Vieux Craonne AprĂšs la nomination du gĂ©nĂ©ral PĂ©tain comme chef d’État major gĂ©nĂ©ral, le 29 avril 1917, les Français reprirent l'offensive sur les monts de Champagne le 30 avril 1917. Ils obtinrent quelques succĂšs au Mont Cornillet, au Mont Haut et Ă  Moronvilliers. Cela conduisit, le 1er mai 2017, les Allemands Ă  deux puissantes contre-attaques dans le secteur de Moronvilliers. Le 4 mai 1917, le gĂ©nĂ©ral Mangin fut remplacĂ© Ă  la tĂȘte de la VIe ArmĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Maistre en vue d'une nouvelle offensive. Le 4 mai 1917 Ă  6 h 30, la Ve ArmĂ©e attaqua au Mont Spin et Ă  Sapigneul. Elle enfonça la 1re ligne allemande, mais dut reculer devant les nids de mitrailleuses non dĂ©truits malgrĂ© la prĂ©paration d'artillerie entamĂ©e le 29 avril. La 41e DI prit BernĂ©ricourt vers 13 h, mais une contre-attaque allemande en fin de journĂ©e la rejeta sur ces lignes de dĂ©part. L'attaque du 18e RI sur Craonne vers 18 h surprit les Allemands et permit aux Français d'atteindre les rebords du plateau. Ce jour, eurent lieu les 1res mutineries dans l'armĂ©e française. La 13e compagnie du 321e RI refusa de partir Ă  l'attaque. Le 5 mai 1917, le 18e RI et le 34e RI attaquĂšrent pour consolider les positions prises sur le bord du plateau, mais ne purent dĂ©boucher sur l'Ailette. Ils connurent de fortes pertes, 800 hommes pour le 18e RI et 1100 hommes pour le 34e RI. La Xe ArmĂ©e attaqua en direction du plateau de Vauclair et des Casemates. Les Français atteignirent la crĂȘte dominant l'Ailette et firent 700 prisonniers. Le 15e Corps attaquant entre Craonne et Hurtebise fut cependant pris Ă  revers par les Allemands sortant de la Caverne du Dragon. La ligne française fut portĂ©e dans les ruines de Cerny-en-Laonnois et prĂšs du bord nord du plateau. Mais les Allemands ne se rĂ©signĂšrent pas Ă  la perte du plateau. D’ailleurs, ils possĂ©daient encore les entrĂ©es de nombreux tunnels qui dĂ©bouchaient dans les lignes françaises. Ces tunnels leur servaient de vĂ©ritables places d’armes Ă  l’épreuve oĂč se rassemblaient leurs troupes pour les contre-attaques. Le Chemin des Dames © WikipĂ©dia Les 5 et 6 mai, le Moulin de Laffaux fut attaquĂ© par les 4e, 9e et 11e Cuirassiers, appuyĂ©s par les chars du groupement Lefebvre AS1 et AS10 Ă©quipĂ© de chars Schneider et AS31 Ă©quipĂ© de chars Saint-Chamond. Le 5, Ă  4 h 45 du matin, les cuirassiers Ă  pied s’élancĂšrent contre la redoutable position. La 1re tranchĂ©e fut enlevĂ©e, mais le Moulin tient bon et, de chaque cĂŽtĂ©, des nids de mitrailleuses arrĂȘtĂšrent la progression. Les chars atteignant le plateau, malgrĂ© les obstacles du sol, le Moulin finit par ĂȘtre enlevĂ©. Pendant ce temps, la 2e vague atteignit la 2e ligne allemande. Un barrage de grenadiers allemands l’ayant arrĂȘtĂ©e, un fusilier mitrailleur du 11e Cuirassier abattit les grenadiers les uns aprĂšs les autres. Sur la droite, vers les carriĂšres Fruty, que le bombardement n’avait pas Ă©branlĂ©es, la progression fut lente et pĂ©nible, mais les cuirassiers cernĂšrent et enlevĂšrent les carriĂšres. À 10 heures, l’ensemble de la 2e ligne fut pris. Vers 11 heures, celle-ci fut dĂ©passĂ©e sur plusieurs points. À gauche, le 4e Cuirassier enleva le chĂąteau de la Motte, Ă  droite, le 11e atteignit la CĂŽte 170 et au centre le 9e poussa sur les carriĂšres du ravin d’Allemant oĂč les Allemands rĂ©sistĂšrent avec acharnement. Les Français Ă©chouĂšrent dans la prise du Mont des Singes. Douze chars furent dĂ©truits durant l'attaque. Le 6 mai, le 4e reprit, pour la deuxiĂšme fois, le chĂąteau de la Motte. Les carriĂšres 66ter au sud du ravin d’Allemant, furent dĂ©bordĂ©es, 2 pelotons du 9e Cuirassier s’y battirent avec fureur Ă  la grenade. Malheureusement, au soir, la division se trouvant fortement attaquĂ©e dut se replier. Elle abandonna une seconde fois le chĂąteau de la Motte et se fixa Ă  200 m au sud. Les observatoires du plateau furent conquis et 650 prisonniers furent dĂ©nombrĂ©s. La chapelle mĂ©morial de Cerny-en-Laonnois Le 6 mai, Ă  6 h 30, un effroyable bombardement allemand s’abattit sur Craonne. Le plateau disparaissant dans les flammes, la fumĂ©e et la poussiĂšre semblait ĂȘtre en Ă©ruption. Le barrage français, Ă  son tour, se dĂ©clencha et, dans cet enfer, les colonnes allemandes s’infiltrĂšrent. MalgrĂ© leurs pertes sensibles, surtout en officiers, les fantassins du 34e RI, dans un combat Ă  la grenade et de combat de petits groupes isolĂ©s dans les trous d’obus, continrent la ruĂ©e allemande. Un peloton du 110e Territorial se porta au secours des dĂ©fenseurs dĂ©bordĂ©s. Enfin, Ă  13 heures, un bataillon du 49e RI contre-attaqua et rĂ©tablit la situation du matin. Le 9 mai 1917, l'offensive Nivelle fut suspendue. Le 14 mai 1917, la IVe ArmĂ©e se rendit maĂźtre du Mont Blond et du Mont Cornillet. Le lendemain, le gĂ©nĂ©ral PĂ©tain remplaça le gĂ©nĂ©ral Nivelle Ă  la tĂȘte de l'armĂ©e française. Les Allemands tentĂšrent une nouvelle offensive sur le Chemin des Dames le 19 mai 1917, mais connurent un nouvel Ă©chec. Le 20 mai 1917, dĂ©butĂšrent les mutineries dans l'armĂ©e française. Elles affecteront 150 unitĂ©s combattantes. Les troupes au repos refusĂšrent la reprise des combats. Les tribunaux militaires prononceront 3427 condamnations, dont 554 peines de mort, et 1381 peines de travaux forcĂ©s. Le prĂ©sident PoincarĂ© gracia 90 Ă  95 % des cas des peines de mort, mais le gĂ©nĂ©ral PĂ©tain refusa Ă  7 reprises de transmettre le dossier de grĂące. Quarante neufs mutins furent exĂ©cutĂ©s. MĂ©morial Ă  la creute de Froidmont Le 1er juin 1917, les Allemands lancĂšrent une attaque autour de Laffaux. Dans la nuit, le 2e bataillon du 18e RI refusa de ce battre. Cent trente hommes furent arrĂȘtĂ©s, 12 passĂšrent en conseil de guerre et 5 furent condamnĂ©s Ă  mort. Trois furent exĂ©cutĂ©s, un fut graciĂ© et un put s'Ă©vader le caporal Moulin, hĂ©ros de Verdun. Le 3 juin 1917 dĂ©butĂšrent les mutineries au 217e RI qui durĂšrent jusqu'au 12 juin. Face Ă  ces mutineries, le gĂ©nĂ©ral Maistre fit ajourner le 4 juin 1917, l'offensive prĂ©vue pour le mois de juin. Paysage du Chemin des Dames prĂšs du monument des Basques Paysage du Chemin des Dames prĂšs du monument des Basques Le 3 juin 1917, deux divisions fraĂźches, les 15e et 41e ID, spĂ©cialement entraĂźnĂ©s, devaient enlever le "Winterberg", nom allemand du plateau de Craonne. La prĂ©paration d’artillerie commença dĂšs le 1er juin. Dans la nuit du 2 au 3 juin 1917, pendant les accalmies du marmitage, des dĂ©tachements tentĂšrent d’aborder les lignes françaises pour juger du travail de l’artillerie, mais ils furent repoussĂ©s. Au matin du 3 juin, le bombardement se dĂ©chaĂźna avec une violence qui rappela ceux de Verdun. À 3 h 30, les deux divisions allemandes se lancĂšrent Ă  l’assaut en lignes Ă©paisses, coude Ă  coude. Les IR102 et IR148 de la ID41 avaient pour objectif le plateau de Californie, pendant qu’un bataillon du IR152, fier d’ĂȘtre entrĂ© le premier Ă  Bucarest, progressa vers Craonne, le long des pentes est du plateau qu’il voulait prendre Ă  revers le IR148 attaqua par le saillant nord de la Californie, tenu seulement par les 64e et 24e Bataillons de chasseurs alpins. Les positions furent bouleversĂ©es, toutes les lignes tĂ©lĂ©phoniques rompues, les fusils-mitrailleurs et les fusils encrassĂ©s et sous le premier choc, les chasseurs se repliĂšrent, mais bientĂŽt accrochĂ©s au sol, ils rĂ©sistĂšrent Ă©nergiquement, Ă  coups de fusils, Ă  coups de grenades. Des coureurs ayant pu gagner l’arriĂšre pour rĂ©clamer du secours, Ă  7 h, des Ă©lĂ©ments du 5e Bataillon de chasseurs montĂšrent de Craonne et deux compagnies du 28e Bataillon de chasseurs se prĂ©parĂšrent Ă  contre-attaquer, pendant que l'artillerie française, Ă©crasant le plateau, enferma les occupants dans leur conquĂȘte. Les Allemands tenaient alors une partie du terrain sensiblement rectangulaire dont les cĂŽtĂ©s ouest et sud Ă©taient en contact avec les dĂ©fenseurs. À 2 h 30, les chasseurs des 64e et 28e Bataillons contre-attaquĂšrent, les uns du sud, les autres de l’ouest. Les Allemands, bousculĂ©s, se rendirent ou s’enfuirent, tout le terrain perdu le matin fut repris, le 64e Bataillon de chasseurs retrouva son matĂ©riel, notamment toutes ses mitrailleuses, le sol Ă©tait couvert de cadavres allemands et certains Ă©lĂ©ments de tranchĂ©es Ă©taient remplis de morts. La position sur le plateau des Casemates Ă©tait occupĂ©e par les 49e RI et 18e RI qui, les 4 et 5 mai, l’avait conquise et organisĂ©e. Quand, Ă  3 h 30 du matin, la ID15 allemande gravit les contre-pentes de la forĂȘt de Vauclerc et chercha Ă  aborder de front les tranchĂ©es, elle fut accueillie par un feu terrible de mitrailleuses et criblĂ©e de grenades. Quatre vagues des IR69, IR160 et IR389 allemands furent successivement arrĂȘtĂ©es et dispersĂ©es. Sur un seul point, l’une des compagnies de la dĂ©fense cĂ©da momentanĂ©ment du terrain, sous les jets des lance-flammes, mais, une fois les flammes Ă©teintes, elle contre-attaqua et rĂ©occupa ses tranchĂ©es. Carte du secteur de Bovelle le 20 juin 1917 JMO du RICM Le 6 juin 1917, les Allemands attaquĂšrent Ă  la Ferme des Bovettes prĂšs du fort de Malmaison. DĂšs 3 h 30, leur prĂ©paration d’artillerie Ă©crasa les lignes françaises. Les vagues d’assaut s’élancĂšrent derriĂšre un barrage roulant. Les Français durent reculer devant les lance-flammes, mais Ă  coups de grenades offensives et Ă  coups de fusil, ils rĂ©ussirent Ă  les arrĂȘter. La lutte tourna alors au combat Ă  la grenade et les Français reprirent l’avantage, refoulant les Allemands au-delĂ  du Chemin des Dames. Dans la matinĂ©e, un seul bataillon lança 3500 grenades. Au centre de la bataille, entourĂ©e de toutes parts, une section de mitrailleuses Ă©tait installĂ©e dans un ancien blockhaus de la ligne Hindenburg. Un obus de 210 l’atteignit, Ă  3 h 50, et l’emmura. Le chef de section et les hommes valides se mirent aussitĂŽt Ă  creuser une sape pour dĂ©boucher en galerie sous le mur du blockhaus, l’absence de lumiĂšre, la rarĂ©faction de l’air, l’amoncellement des dĂ©blais rendirent leur tĂąche singuliĂšrement pĂ©nible et il leur fallut quatorze heures de travail acharnĂ© pour aboutir. Creute dans le village de Passy Dans la creute de la "Chaouia" Durant la seconde quinzaine de juin 1917, les Allemands, informĂ©s des mutineries dans l'armĂ©e française, tentĂšrent de nombreuses attaques. Les Français ne restĂšrent pas inactifs et le 25 juin 1917 lancĂšrent une attaque sur la Caverne du Dragon. L’attaque fut confiĂ©e au 2e et au 3e bataillon du 152e RI, les cĂ©lĂšbres "Diables Rouges", et au 6e bataillon du 334e RI. À 4 h, 200 m3 de gaz furent introduits dans les entrĂ©es sud de la Caverne. Les Allemands disposant d'une centrale Ă©lectrique purent ventiler la caverne. AprĂšs un bombardement de 24 000 obus durant toute la journĂ©e, l'assaut fut donnĂ© vers 18 h 05 par 2000 hommes armĂ©s de lance-flammes. À 21 h 30, la caverne fut aux mains des Français. Trois cents Allemands pris au piĂšge dans la caverne furent faits prisonniers. Les Français dĂ©plorĂšrent la mort de 4 officiers et de 46 hommes. Carte du secteur de Cerny le 24 aout 1917 JMO du 72e RI Le 29 juin 1917, Ă  21 h, aprĂšs une courte, mais violente, prĂ©paration d’artillerie, et malgrĂ© le dĂ©clenchement prĂ©ventif du barrage français, les Allemands sortirent de leurs tranchĂ©es des pentes nord de l’éperon de Cerny-en-Laonnois et de la Bovelle et conquirent une partie de la premiĂšre ligne. Le lendemain, vers 17 heures, un officier allemand interpella des grenadiers Ă  une barricade "Si vous voulez vous rendre, leur dit-il, il est encore temps. Mais, Ă  19 h, il sera trop tard, car vous allez ĂȘtre attaquĂ©s d’importance". À 19 h, le marmitage se dĂ©clencha, les Allemands concentrĂšrent le feu de centaines de canons et de minenwerfer sur les lignes françaises. Les projectiles, explosifs, incendiaires et au gaz, s’abattirent en une trombe de feu et de fumĂ©e, le plateau sembla ĂȘtre en Ă©ruption. L'artillerie française se dĂ©chaĂźna alors Ă©galement sur tout le front. La plaine se couvrit de petites colonnes d’assaut. Sans vareuses ni capotes, sans Ă©quipements, chargĂ©s seulement de musettes de grenades, la chemise retroussĂ©e jusqu’au coude, les Stosstruppen progressĂšrent en chantant le long des boyaux, lançant leurs grenades sur les dĂ©fenseurs. D’autres, munis de lance-flammes et de mitrailleuses lĂ©gĂšres, s’infiltrĂšrent Ă  travers le champ d’entonnoirs dont ils avaient Ă©tudiĂ© tous les reliefs. Les mitrailleuses et fusils-mitrailleurs crĂ©pitĂšrent sans arrĂȘt, les grenades ne cessĂšrent d’éclater en un barrage rapprochĂ©. Les Allemands progressĂšrent toujours, pĂ©nĂ©trant dans les mailles de la dĂ©fense. Ils dĂ©bouchĂšrent bientĂŽt en arriĂšre des dĂ©fenseurs français par des tunnels pour les submerger. Cependant, des groupes de combat complĂštement isolĂ©s tenaient barricadĂ©s de tous cĂŽtĂ©s. Jusqu’au matin du 30 juin, on ignora cette rĂ©sistance, le tĂ©lĂ©phone Ă©tant coupĂ©, la TSF ne pouvant Ă©mettre, les pigeons voyageurs ayant Ă©tĂ© asphyxiĂ©s, des coureurs se succĂ©dĂšrent, mais la plupart tombĂšrent sous les balles des mitrailleuses. Une compagnie de rĂ©serve monta sous un bombardement intense, se dĂ©ploya dans les trous d’obus, contre-attaqua et retrouva la liaison avec les dĂ©fenseurs cernĂ©s. TranchĂ©es allemande dans l'Aisne © WikipĂ©dia Le 4 juillet 1917 eut lieu une nouvelle offensive allemande sur le plateau de Californie. Ce fut le dĂ©but de la bataille des observatoires qui dura tout l'Ă©tĂ©. Une cinquantaine d'attaques et une vingtaine de contre-attaques se succĂ©dĂšrent durant cette pĂ©riode. Le 26 juillet 1917, les Allemands rĂ©investirent la Caverne du Dragon. Ils se rendirent maĂźtres de la partie nord de la caverne, les Français gardant la main sur la partie sud. Une Ă©trange cohabitation dĂ©buta alors jusqu'au repli allemand en novembre. Fin octobre 1917 reprit l'offensive française pour la reprise du fort de la Malmaison. Le 17 octobre 1917 dĂ©buta la prĂ©paration d'artillerie. Jusqu'au 22 octobre, 812 canons de campagne, dont 768 canons de 75, 862 canons lourds de 105 Ă  370 et 105 canons de forte puissance dĂ©versĂšrent 3 millions d'obus sur un front de 12 km. Le 21 octobre, l'offensive prĂ©vue pour le 22 fut reportĂ©e au 23 afin de parfaire la prĂ©paration d'artillerie. Vue aĂ©rienne du fort de la Malmaison en 1917 © WikipĂ©dia © WikipĂ©dia Le 23 octobre 1917, tout le plateau de Laffaux fut engagĂ© par l’offensive de l’armĂ©e Maistre. Le 14e Corps, opĂ©rant Ă  l’aile gauche de l’armĂ©e, eut pour mission d’attaquer les deux branches du saillant de Laffaux, de la ferme Bessy ravin de Vauxaillon Ă  la ferme Mennejean ravin de Nanteuil-la-Fosse. Il lui fallut d’abord s’emparer de la triple ligne des tranchĂ©es organisĂ©es sur le plateau, puis descendre dans les ravins d’Allemant et de Saint-Guilain, aux pentes criblĂ©es de carriĂšres bĂ©tonnĂ©es et organisĂ©es, dont quelques-unes pouvaient abriter des bataillons entiers, puis enlever une deuxiĂšme position qui, rĂ©unissant en ligne droite les deux branches du saillant, couvrait Pinon et Vaudesson. Cette position s’appuyait sur le mont de Laffaux, franchissait le ravin d’Allemant et traversait le plateau. À 5 h 15, l’attaque se dĂ©clencha. La 1re ligne fut atteinte Ă  6 h. Au centre, l'avance fut ralentie par des nids de mitrailleuses rĂ©sistant dans le ravin d'Allemant et dans les creutes voisines. À droite, le 75e RI prit les carriĂšres de Fruty, puis le mont de Laffaux. À gauche, le 30e RI encercla Allemant par le nord. À 9 h 15, les assaillants repartirent Ă  l’assaut de la 2e position. Le 140e RI fut arrĂȘtĂ© par les mitrailleuses du bois de la Haute-Pie. Les 64 chars qui accompagnaient l'infanterie les rĂ©duisirent au silence. Le 140e RI atteignit le 2e objectif. À midi, le 14e Corps tenait tous ses objectifs assignĂ©s, sauf le bois 160 dont la conquĂȘte fut assurĂ©e le lendemain par la 28e DI. Le front ennemi fut si Ă©branlĂ© que trois jours aprĂšs, les Français, aprĂšs s’ĂȘtre emparĂ©s de Pinon et de la forĂȘt, bordaient l’Ailette. L'emplacement de l'Ange Gardien fut enlevĂ© d’un seul Ă©lan. La ferme Vaurains un peu plus au nord, Ă  1 km de la ligne de dĂ©part, fut prise vers 10 heures. À 13 h, le gĂ©nĂ©ral amĂ©ricain Pershing put s’y rendre et suivre, de lĂ , la bataille. Les carriĂšres de Montparnasse furent particuliĂšrement bombardĂ©es par les canons de 400 qui rĂ©ussirent Ă  en boucher quelques entrĂ©es. DĂšs le premier jour de l’attaque, elles furent encerclĂ©es et nettoyĂ©es par le 1er BCP, qui s’en rendit maĂźtre, vers 10 h 30, aprĂšs une dure lutte Ă  la grenade et Ă  la baĂŻonnette. L'entrĂ©e de la carriĂšre de Montparnasse Dans la carriĂšre de Montparnasse La ferme de la Malmaison Ă©tait, en octobre 1917, un des points d’appui solides de la 1re position allemande. Le 23, collant au rideau de feu du barrage roulant, les chasseurs du 31e BCP traversĂšrent le plateau et s’emparĂšrent des ruines. Mais la creute, sous la ferme, Ă©tant vivement dĂ©fendue et les "gaziers", ne trouvant pas la cheminĂ©e d’aĂ©ration, les chasseurs n'y obtinrent aucun rĂ©sultat. Pendant ce temps, dans un ronflement sonore, passaient les obus français de 400 qui continuaient d’écraser les carriĂšres Montparnasse. Un des avions d'observation, traversĂ© par un obus, s’enflamma et atterrit entre les lignes. Les aviateurs filĂšrent sous les rafales de mitrailleuses pendant que l’appareil brĂ»lait. Les Allemands occupant la creute se rendirent Ă  9 h 50, 2 compagnies de la Garde du 4e rĂ©giment "Augusta", officiers et chefs de bataillon en tĂȘte, passĂšrent devant les chasseurs, tandis que par un pigeon voyageur trouvĂ© dans la creute, les Français avertirent les Allemands que le 4e rĂ©giment de la Garde Ă©tait entre de bonnes mains. Dans la carriĂšre de Montparnasse Dans la carriĂšre de Montparnasse L’attaque sur le fort de la Malmaison fut menĂ©e par le 11e Corps du gĂ©nĂ©ral Maud’Huy comprenant les troupes coloniales et les zouaves de la division Guyot de Salins, et les chasseurs alpins de la division Brissaud-Desmaillet, deux divisions d’élite qui avaient dĂ©jĂ  rencontrĂ©, Ă  Verdun et sur la Somme, les deux divisions de la Garde qui leur Ă©taient opposĂ©es. Le bataillon Giraud du 4e zouave fut dĂ©signĂ© pour enlever le fort. À 5 h 15, avant le jour, les 1res vagues d’assaut s’élancĂšrent. Rapidement, les lignes de tranchĂ©es furent franchies, la marche fut difficile Ă  cause du sol trĂšs dĂ©foncĂ© et de l’obscuritĂ©. Des mitrailleuses crĂ©pitĂšrent dans le dos des assaillants, les Français continuĂšrent Ă  progresser en espĂ©rant que les bataillons suivants les neutraliseraient. L’artillerie française tira des obus incendiaires sur le fort, qui s’illumina de lueurs rougeĂątres. D’un seul Ă©lan, le profond fossĂ© qui subsistait entre la contre-escarpe et l’escarpe Ă©croulĂ©e fut franchi. Des grenadiers contournĂšrent l’ouvrage Ă  droite et Ă  gauche. Les mitrailleurs qui le dĂ©fendaient furent tuĂ©s ou faits prisonniers. Le fort ruinĂ© n’était plus qu’un chaos. À 6 heures, un zouave agita, puis planta sur le sommet du fort le fanion du bataillon. Pendant ce temps, Ă  l’ouest, marsouins et tirailleurs encerclĂšrent et nettoyĂšrent les carriĂšres de BohĂ©ry. Plus Ă  l’est, les chasseurs Ă  pied, dĂšs le dĂ©part, furent arrĂȘtĂ©s par de terribles tirs de mitrailleuses et un barrage d'artillerie. AprĂšs avoir enlevĂ© les premiĂšres lignes de tranchĂ©es, ils durent progresser Ă  la grenade. Dans les carriĂšres du PanthĂ©on, ils capturĂšrent 4 compagnies du 3e Grenadier de la Garde, mais ils ne purent guĂšre dĂ©passer leur premier objectif, malgrĂ© l’aide des chars d’assaut. Le 25 octobre, ils repartirent Ă  l’assaut, dĂ©cidĂ©s Ă  s’aligner avec la gauche de l’armĂ©e. À force de courage et de mordant, ils forcĂšrent la Garde Ă  lĂącher pied. Le calvaire de l'Ange Gardien Le 24 octobre 1917, le repli des Allemands permit la prise du Mont des Singes et du village de Pinon. Dans la nuit des ordres contradictoires, demandant le repli et le maintien des positions, dĂ©sorganisent les troupes allemandes. Le 25 octobre Ă  l'aube la reprise de l'offensive par les Français permit Ă  la 66e DI de s'emparer de Pargny. Dans la nuit du 1er au 2 novembre 1917, les Allemands Ă©vacuĂšrent le plateau du Chemin des Dames et passĂšrent au nord de l'Ailette. La bataille du fort de la Malmaison fit du cĂŽtĂ© français 4000 morts et 10 000 blessĂ©s. Six chars furent dĂ©truits. Les Allemands eurent 8000 morts, 30 000 blessĂ©s et 11 500 furent faits prisonniers. Les Français leur prirent Ă©galement 210 canons et 750 mitrailleuses. Un blockhaus allemand prĂšs du fort de la Malmaison Durant l'hiver 1917/1918, le Chemin des Dames s'endormit. En fĂ©vrier et mars 1918, le secteur de la Malmaison fut occupĂ© par les hommes de la 26e DI AmĂ©ricaine. À la mi-mai 1918, quatre divisions britanniques entamĂšrent leur pĂ©riode de repos dans le secteur entre Craonnelle et Juvincourt. C'est sur le Chemin des Dames oĂč l'on ne l'attendait pas que, le 27 mai 1918, Ludendorff lança la grande offensive, le Friedensturm, qui devait apporter la victoire et la paix Ă  l’Allemagne. L'offensive fut confiĂ©e Ă  la VIIe ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Von Boehn, forte de 40 divisions. En face se trouvaient 8 divisions françaises et britanniques. Entre 1 h et 4 h, un tir d’anĂ©antissement, rĂ©alisĂ© par 4600 canons, couvrit d’obus tout le plateau. Ce tir s’étendit mĂȘme jusque dans la vallĂ©e de l’Aisne. Au Moulin de Laffaux, contre des troupes quatre Ă  cinq fois supĂ©rieures en nombre, la 61e DI 264e RI, 265e RI et 219e RI rĂ©sista avec tant d’hĂ©roĂŻsme qu’elle paralysa pendant quatre jours la formidable poussĂ©e allemande vers Soissons. La lutte fut acharnĂ©e au ravin d’Allemant et au Moulin de Laffaux. Un des bataillons du 265e RI, rĂ©duit Ă  8 sections aprĂšs le pilonnage et l'intoxication par gaz auxquels il avait Ă©tĂ© soumis, rĂ©sista jusqu'Ă  14 h 45 sur la ligne de soutien courant sur le plateau du nord-ouest Ă  l’ouest du Moulin, ses grenades et ses fusils-mitrailleurs dĂ©cimant les Allemands qui se pressaient sur les pentes des ravins de Vauxaillon et d’Allemant. À 15 h, le 265e RI, dĂ©bordĂ© sur sa droite, reçut l’ordre de se replier. Le repli se fit en bon ordre vers le ravin de Margival. À 17 h 30, les Allemands dĂ©bouchant des ravins, au nord du Moulin, s’emparĂšrent de Laffaux et poussĂšrent vers Soissons. Des dĂ©tachements du 3e bataillon du 219e RI se battirent dĂ©sespĂ©rĂ©ment pendant cinq heures, du Grand Vivier, au sud-est de Pinon, Ă  L’Ange-Gardien. Ils retraitĂšrent en combattant devant le flot des assaillants. Ils tinrent plus d’une heure au nord de l'Ange Gardien et ne se repliĂšrent qu’aprĂšs avoir permis aux artilleurs de faire sauter leurs piĂšces. L'emplacement du village dĂ©truit de Craonne L'emplacement du village dĂ©truit de Craonne C’est de leur position de Cerny-en-Laonnois que les troupes de la VIIe ArmĂ©e allemande partirent Ă  l’assaut du Chemin des Dames. Les lignes françaises Ă©taient tenues dans ce secteur par la 22e DI. Au bord de l’Ailette, des groupes de combat de 15 Ă  20 hommes Ă©taient rĂ©partis le long de la ligne de surveillance, un groupe tous les 300 m environ. Par suite de la faiblesse des effectifs, un bataillon s’allongeait sur 3 km. Les troupes Ă©taient rĂ©parties dans les centres de rĂ©sistance de la ligne principale au bord nord du plateau. De trĂšs faibles rĂ©serves Ă©taient Ă  peine suffisantes pour les contre-attaques. Des sections territoriales de mitrailleurs tenaient Ă  l'arriĂšre la ligne intermĂ©diaire sur le plateau, prĂšs du Chemin des Dames. Pendant la prĂ©paration d'artillerie, les bataillons de tĂȘtes des troupes de 1re ligne gagnĂšrent l’Ailette, la franchirent sur des passerelles, construites par les pionniers au dĂ©but de la nuit, cernĂšrent les postes de surveillance, puis se dĂ©ployĂšrent en tirailleurs au contact des rĂ©seaux. En attendant l’attaque, ils s’efforcĂšrent de pratiquer des brĂšches dans ces rĂ©seaux, Ă  la cisaille ou Ă  l’aide de charges allongĂ©es. À 3 h 40, les colonnes d’assaut suivirent de si prĂšs le barrage d'artillerie que des obus tombĂšrent encore Ă  leur hauteur. Des stosstruppen, s’élançant dans la direction des centres de rĂ©sistance soigneusement repĂ©rĂ©s, engagĂšrent des luttes Ă  la grenade et Ă  la mitrailleuse pour masquer aux dĂ©fenseurs français les colonnes d’assaut qui s’infiltraient entre ces points de rĂ©sistance Ă  travers le lacis de tranchĂ©es et de boyaux creusĂ©s en 1917 et que les Français n'avaient pu occuper. Elles poussĂšrent en avant le plus rapidement possible, sans prĂ©occupation de liaison. Des dĂ©tachements cernĂšrent les postes de commandement, d’autres, se glissant par les tĂȘtes de ravin de Troyon, de Beaulne, coururent vers l’Aisne pour s’emparer des ponts. Les Allemands passĂšrent l'Aisne vers 10 h. Les dĂ©fenseurs des centres de rĂ©sistance se battirent encore sur le plateau, dans l’aprĂšs-midi du 27, quand les colonnes allemandes, Ă  7 km plus au sud, avaient passĂ© l’Aisne. En 15 jours, les Allemands avancĂšrent jusqu'Ă  la Marne et menacĂšrent Paris. L'emplacement du village dĂ©truit de Craonne L'emplacement du village dĂ©truit de Craonne Du 1er juin au 15 juillet, les Allemands tentĂšrent vainement de passer la Marne. Le 18 juillet, le gĂ©nĂ©ral Mangin et le gĂ©nĂ©ral Degoutte attaquĂšrent Ă  l'ouest de ChĂąteau-Thierry Ă  grand renfort de chars et d'avions. Sur le cĂŽtĂ© est, le gĂ©nĂ©ral Berthelot entama la repousse des Allemands. Les Allemands dĂ©bordĂ©s se repliĂšrent sur l'Ourcq puis sur la Vesle. En mĂȘme temps se dĂ©clencha la bataille sur Montdidier et la Somme. Le 18 aoĂ»t 1918, la VIe ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Mangin et la Ve ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Berthelot se lancĂšrent Ă  l'attaque depuis la forĂȘt de Saint-Gobain pour dĂ©border le Chemin des Dames par l'ouest. En une journĂ©e, ils avancĂšrent de 5 km et firent plus de 11 000 prisonniers. Le 21 aoĂ»t 1918, les Allemands furent repoussĂ©s jusqu'Ă  l'Oise et l'Ailette. Le 23 aoĂ»t 1918, le 7e RI, le 30e RI et le 1er Corps atteignirent les bords de l'Ailette. Le 14 septembre 1918, un bataillon de fusiliers marins reprit le Moulin de Laffaux. Le fort de la Malmaison le fut le 28 septembre 1918 par le 25e BCP. Le 30 septembre 1918, la Ve ArmĂ©e attaqua depuis la Vesle dans le secteur de Reims et poussa les Allemands Ă  se replier sur l'Aisne. Le 3 octobre 1918, l'armĂ©e du gĂ©nĂ©ral Mangin, aidĂ© par le 2e Corps italien, se rendit maĂźtre du Chemin des Dames. Le 13 octobre 1918, les Français reprirent la ville de Laon que les Allemands occupaient depuis 1914. Parmi les personnalitĂ©s ayant participĂ© aux combats sur le Chemin des Dames figure Guillaume Apollinaire qui fut blessĂ© Ă  la tĂȘte par un Ă©clat d'obus au Bois aux Buttes en mars 1916. Louis Aragon, mĂ©decin auxiliaire au 355e RI, a suivi l'offensive française en septembre 1918. Jean Giono participa avec le 140e RI aux combats sur Hurtebise et la Malmaison. L'as de l'aviation française Georges Guynemer obtint 8 victoires en combat aĂ©rien au Chemin des Dames. Les as Georges Madon et RenĂ© Fonck obtinrent chacun 4 victoires. Le stĂšle de Guillaume Apollinaire Le bilan des combats sur le Chemin des Dames est effroyable. La comptabilisation des pertes est difficile Ă  Ă©tablir. Ni les Français ni les Allemands n'ont rĂ©alisĂ© un dĂ©compte prĂ©cis. WikipĂ©dia cite pour la pĂ©riode comprise entre le 16 avril et le 24 octobre 1917 les chiffres de 187 000 pertes pour les Français et 163 000 pertes dont 30 000 Ă  40 000 morts pour les Allemands. Certains jours de l'offensive française furent particuliĂšrement meurtriers. Durant la bataille de mai 1917, le 11e Corps connut, entre Hurtebise et la sucrerie de Cerny-en-Laonnois, 1650 tuĂ©s en 24 h. Pour les pertes françaises, d'autres chiffres sont mentionnĂ©s. Entre le 16 avril et le 30 avril 1917, il y aurait eu 16 130 hommes de troupe et 766 officiers de tuĂ©s, 63 284 hommes et 1848 officiers de blessĂ©s et 20 015 disparus. Selon le 1er bureau de l'armĂ©e, les pertes entre le 16 avril et le 10 mai 1917 se chiffreraient Ă  3727 officiers et 135 862 hommes dont plus de 50 000 tuĂ©s et disparus. Entre le 15 septembre et le 30 novembre 1917, il y aurait eu 4329 tuĂ©s, 20 225 blessĂ©s et 1953 disparus. Durant les combats de mars Ă  juin 1918, 433 000 hommes auraient Ă©tĂ© tuĂ©s, blessĂ©s, portĂ©s disparus ou faits prisonniers. La nĂ©cropole britannique de la Ville-aux-Bois Le nĂ©cropole française de Vauxaillon Les destructions au Chemin des Dames furent telles que la zone fut classĂ©e, en 1919, en zone rouge c'est-Ă -dire que les terres Ă©taient impropres Ă  ĂȘtre rĂ©utilisĂ©es. La zone rouge dans l'Aisne comportait, en 1919, 19 000 hectares. Sur les 18 villages repartis le long du Chemin des Dames, 7 furent totalement dĂ©truits, 6 d'entre eux ne furent pas reconstruits. Devant la pression des Ă©lus et des agriculteurs, la zone rouge fut progressivement rĂ©duite. En 1923, elle ne concernait plus que 9500 hectares. À cette date, 44 000 000 mÂł de tranchĂ©es avaient Ă©tĂ© rebouchĂ©s, 40 000 000 m de fil de fer barbelĂ©s avaient Ă©tĂ© enlevĂ©s et 115 000 tonnes de munitions non explosĂ©es avaient Ă©tĂ© retirĂ©es, 553 000 hectares de terre avaient Ă©tĂ© nettoyĂ©s des restes des combats. Actuellement, la zone rouge ne comprend plus que 750 hectares plantĂ©s d'arbres au niveau des communes de Bouconville-Vauclair et de Craonne. Le Chemin des Dames fut, en 1917, une cruelle dĂ©faite pour les Français. Cela explique peut-ĂȘtre l'empressement aprĂšs la guerre de faire disparaĂźtre les traces et les vestiges des combats en ces lieux. Sur le Chemin des Dames, qui correspond grosso modo Ă  la route dĂ©partementale D18 qui relie le carrefour du Calvaire de Chavignon Ă  l'ouest sur la nationale N2 au village de Berry-au-Bac Ă  l'est sur la nationale N44 D1044, ne subsistent que de rares vestiges de ces batailles. Le visiteur devra se contenter des diffĂ©rents monuments commĂ©moratifs et des nĂ©cropoles militaires françaises, allemandes, britanniques, italiennes et danoises. Les nĂ©cropoles bordant le Chemin des Dames rassemblent plus de 160 000 corps, dont un tiers regroupĂ© dans des ossuaires. Notre pĂ©riple dĂ©bute au Moulin de Laffaux oĂč dans le Jardin de MĂ©moire, au bord de la N2, sont regroupĂ©s autour du monument des Crapouillots, diffĂ©rents petits monuments. Le monument des Crapouillots, rĂ©alisĂ© par le sculpteur Marcel Loyau, fut inaugurĂ© le 24 septembre 1933 par le prĂ©sident de la RĂ©publique, Albert Lebrun. Le monument des Crapouillots au Jardin de la mĂ©moire du Moulin de Laffaux Le monument Chasteignier au Jardin de la mĂ©moire du Moulin de Laffaux Le monument Ă  la mĂ©moire des StĂ©nographes au Jardin de la mĂ©moire du Moulin de Laffaux Monument Ă  la mĂ©moire d'Henri Dupouy au Jardin de la mĂ©moire du Moulin de Laffaux Le monument des Cuirassiers au Jardin de la mĂ©moire du Moulin de Laffaux En empruntant la D23, nous passons au monument des Fusiliers marins, Ă©rigĂ© en 1938 Ă  proximitĂ© des carriĂšres de Fruty de l'autre cĂŽtĂ© de la N2, pour atteindre le Calvaire de l'Ange Gardien. Ce calvaire monumental fut inaugurĂ© le 14 septembre 1924 en prĂ©sence de plus de 5000 personnes. Le monument des Fusoliers marins Le calvaire de l'Ange Gardien En poursuivant sur la D23 en direction de Chavignon, nous passons devant la carriĂšre du Montparnasse. L'entrĂ©e de la carriĂšre disparait sous les ronces et les dĂ©tritus en face d'un pylĂŽne de tĂ©lĂ©phonie mobile sur le bord gauche de la route. À l'entrĂ©e du village de Chavignon, un chemin du cĂŽtĂ© gauche de la D23 mĂšne au monument du 1er rĂ©giment de chasseurs Ă  pied. À la sortie de Chavignon en direction d'Urcel, aprĂšs le passage du canal de l'Oise Ă  l'Aisne, se trouve, en bord de la route, un blockhaus allemand. L'entrĂ©e de la carriĂšre Montparnasse L'entrĂ©e de la carriĂšre Montparnasse Dans la carriĂšre de Montparnasse Dans la carriĂšre de Montparnasse Dans la carriĂšre de Montparnasse Dans la carriĂšre de Montparnasse Dans la carriĂšre de Montparnasse Le monument du 1er rĂ©giment de chasseurs Ă  pied Le blockhaus allemande de Chavignon Revenu au Calvaire de l'Ange Gardien, nous empruntons la D18 en direction de l'est. Le 1er monument est celui du RĂ©giment d'Infanterie Coloniale du Maroc RICM inaugurĂ© le 8 juillet 1934. En face en plein champ se dresse un des rares blockhaus allemands survivants. Un peu plus loin se trouve le fort de la Malmaison qui est malheureusement fermĂ© au public. De rares visites sont organisĂ©es par la Caverne du Dragon. Le cimetiĂšre militaire allemand situĂ© entre la D18 et le fort regroupe 11 841 corps dans des tombes individuelles et un nombre indĂ©terminĂ© dans un ossuaire. Il s'agit de soldats allemands morts en France durant la 2e Guerre mondiale. Le monument du RĂ©giment d'Infanterie Coloniale du Maroc Le blockhaus allemand en face du monument du RICM Le cimetiĂšre allemand de la Malmaison Le cimetiĂšre allemand de la Malmaison Au croisement entre la D18 et la D15, nous prenons Ă  gauche en direction d'Aizy-Jouy. AprĂšs avoir quittĂ© la D15 pour une petite route avant la ferme du Hamerat, nous nous arrĂȘtons au bord du 2e chemin sur la droite dans la descente pour partir Ă  la recherche de la Creute du CaĂŻd que nous n'avons pas trouvĂ©e mais nous en avons trouvĂ© une autre perdu dans la vĂ©gĂ©tation. Empilement de tĂŽles mĂ©tro dans cette creute Effrondrement du plafond de la creute, peut ĂȘtre Ă  cause d'un obus Retour sur la D18 jusqu'au belvĂ©dĂšre de la RoyĂšre qui offre une vue sur Laon. Nous prenons la D152 vers Filain qui abrite un des rares monuments allemands. Celui-ci se trouve derriĂšre l'Ă©glise, en contrebas. Cette Ɠuvre d'un sculpteur de Charlottenburg est le dernier vestige d'un cimetiĂšre allemand. Dans le cimetiĂšre attenant Ă  l'Ă©glise fortifiĂ©e se trouvent les tombes de trois soldats anglais tombĂ©s en septembre 1914 lors de la 1re bataille de l'Aisne. Le monument allemand de Filain Le monument allemand et l'Ă©glise de Filain Les tombes de trois soldats anglais dans le cimetiĂšre de Filain Poursuivant sur la D18, nous prenons la direction de Braye-en-Laonnois pour nous rendre Ă  la carriĂšre de Froidmont. Les soldats de la 26e Yankee Division dont le monument jouxte la carriĂšre laissĂšrent dans celle-ci plus d'un millier de gravures et d'inscriptions. Les visites de la carriĂšre ne se font qu'Ă  travers l'association qui gĂšre le site. La carriĂšre est fermĂ©e au public. L'entrĂ©e de la creute de Froidmont Le monument de la 26e Yankee Division Revenu sur la D18, nous empruntons le chemin partant sur la gauche pour nous rendre Ă  la chapelle commĂ©morative du village dĂ©truit de Courtecon. Le village disparu de Courtecon Le chapelle de Courtecon À Cerny-en-Laonnois, la nĂ©cropole française prĂ©cĂšde la nĂ©cropole allemande. Au croisement se trouve la chapelle-mĂ©morial du Chemin des Dames, inaugurĂ© le 22 avril 1951. La chapelle est accompagnĂ©e d'une lanterne des morts Ă©rigĂ©e pour ĂȘtre vue des cathĂ©drales de Laon, de Soissons et de Reims. Un peu Ă  l'Ă©cart du croisement se trouve la colonne du 1er Bataillon du Loyal North Lancashire Regiment. La nĂ©cropole française de Cerny-en-Laonnois La nĂ©cropole française de Cerny-en-Laonnois La chapelle-mĂ©morial de Cerny-en-Laonnois La chapelle-mĂ©morial de Cerny-en-Laonnois La chapelle-mĂ©morial de Cerny-en-Laonnois La laterne des morts de Cerny-en-Laonnois La colonne du 1er Bataillon du Loyal North Lancashire Regiment À la sortie de Cerny-en-Laonnois en direction de Craonne, nous prenons le chemin Ă  gauche vers le cimetiĂšre civil. Au niveau de ce cimetiĂšre se trouvait l'ancien village de Cerny-en-Laonnois dont il ne subsiste que quelques pierres. Dans les bois sont encore reconnaissables quelques trous d'obus que l'Ă©rosion fait disparaĂźtre petit Ă  petit. L'emplacement du village disparu de Cerny-en-Laonnois L'emplacement du village disparu de Cerny-en-Laonnois L'emplacement du village disparu de Cerny-en-Laonnois Une entrĂ©e d'une galerie souterraine prĂšs du village disparu de Cerny-en-Laonnois Revenu sur la D18 nous faisons un petit dĂ©tour par le village de Passy pour y admirer les nombreuses creutes intĂ©grĂ©es aux diffĂ©rentes propriĂ©tĂ©s. La seule qui soit librement accessible est celle oĂč le jĂ©suite Teilhard de Chardin, caporal au 4e rĂ©giment mixte de Zouave et Tirailleurs, tenait des messes. Entre avril et juin 1917, il officia comme brancardier dans les combats du Chemin des Dames. Le chemin partant en face du croisement pour le village de Passy au niveau de la D18 mĂšne au monument du village disparu d'Ailles. La creute Teilhard de Chardin Ă  Passy La creute Teilhard de Chardin Ă  Passy La creute Teilhard de Chardin Ă  Passy La creute Teilhard de Chardin Ă  Passy La creute Teilhard de Chardin Ă  Passy Le monument du village disparu d'Ailles La prochaine Ă©tape sur le Chemin des Dames est la Caverne du Dragon. L'extĂ©rieur du site est marquĂ© par l’Ɠuvre "constellation de la Douleur" du plasticien Christian Lapie. Les neuf silhouettes de 6 m de hauteur installĂ©s en 2007 Ă©voquent le sacrifice des tirailleurs africains. Nous nous trouvons ici Ă  la partie la plus Ă©troite du plateau du Chemin des Dames. À quelques mĂštres se trouve la ferme d'Hurtebise qui fut l'objet d’ñpres combats. Elle fut dĂ©jĂ  l'enjeu de la bataille de Craonne en mars 1814 entre NapolĂ©on 1er et les Prussiens et les Russes. Face Ă  la ferme se trouve le monument des "Marie-Louise" Ă©rigĂ© en 1927. Ce monument remplace la colonne Ă©rigĂ©e en 1904 pour commĂ©morer la victoire de NapolĂ©on 1er. RĂ©alisĂ© par le sculpteur Maxime del Sarte, le monument reprĂ©sente un soldat de la Garde ImpĂ©riale et un poilu Ă©levant les lauriers de la victoire. Monument "Aux morts de la 164e division" Ă  la Caverne du Dragon La "Constellation de la Douleur" Ă  la Caverne du Dragon La "Constellation de la Douleur" Ă  la Caverne du Dragon Le monument des Marie-Louise Ă  Hurtebise La route D886 partant sur la gauche au niveau de la ferme Hurtebise mĂšne Ă  l'ancienne abbaye de Vauclair. Cette abbaye fut l'une des plus anciennes abbayes cisterciennes de France. FondĂ©e en 1134 par Saint-Bernard, elle fut transformĂ©e en ferme aprĂšs la RĂ©volution. Fortement endommagĂ©e par les bombardements français de 1917, elle est restaurĂ©e depuis les annĂ©es 1960. L'abbaye de Vauclair L'abbaye de Vauclair L'abbaye de Vauclair L'abbaye de Vauclair AprĂšs Hurtebise la route fait une fourche. En prenant Ă  droite nous arrivons au monument des Basques Ă©levĂ© en 1928 par les anciens combattants de la 36e DI constituĂ©e de contingents du sud-ouest. Le monument, Ɠuvre de Claude Grange, montre un paysan basque en costume rĂ©gional regardant vers le sud-ouest, tournant le dos au plateau et adossĂ© Ă  un obĂ©lisque de 14 m de hauteur. À proximitĂ© se trouve le monument rendant hommage aux nombreux joueurs de rugby originaires du sud-ouest tombĂ©s au Chemin des Dames. Le monument des Basques Le monument des Basques Le monument des Basques Le monument aux joueurs de rugby En prenant aprĂšs Hurtebise Ă  gauche vers Craonne, nous passons devant le monument de NapolĂ©on 1er. Cette Ɠuvre de Georges Thurotte Ă©rigĂ© en 1974 commĂ©more la victoire de NapolĂ©on sur les troupes prussiennes et russes le 7 mars 1814. La statue se trouve Ă  l'emplacement du moulin de Vauclair qui aurait servi d'observatoire pendant la bataille. Peu aprĂšs nous atteignons le parking du plateau de Californie surplombant le village de Craonne. Depuis ce parking des sentiers permettent de parcourir le plateau de Californie et le plateau des casemates, haut lieu des combats de 1917. À l’extrĂ©mitĂ© du plateau se trouve la tour observatoire Ă©rigĂ©e en 2013. Au sommet de ses 25 m, le regard embrasse l'ensemble du champ de bataille. À ces pieds se trouve un blockhaus allemand servant de base Ă  une stĂšle Ă  la gloire du 18e RI qui prit le plateau le 5 mai 1917. En s’enfonçant dans les sous-bois, les restes des tranchĂ©es et les trous d'obus sont encore bien reconnaissables. Le monument de NapolĂ©on 1er La tour observatoire du plateau de Californie Le blockhaus surmontĂ© de la stĂšle Ă  la gloire du 18e RI TranchĂ©e sur le plateau de Californie EntrĂ©e d'un abri souterrain sur le plateau de Californie TranchĂ©e sur le plateau de Californie La route nous mĂšne ensuite Ă  l'emplacement de l'ancien village de Craonne dont il ne reste rien. L'emplacement est occupĂ© par un arboretum gĂ©rĂ© par l'ONF. Au niveau du croisement suivant se trouve le monument aux morts du village qui fut reconstruit le long de la route allant vers Craonnelle et sa nĂ©cropole. Emplacement du village disparu de Craonne EntrĂ©e de cave dans le village disparu de Craonne Le monument aux morts de Craonne La nĂ©cropole française de Craonnelle Nous poursuivons notre pĂ©riple sur la D18CD en direction de Corbeny oĂč nous prenons la D1044 vers Berry-au-Bac. À la Ville-aux-Bois, nous nous dirigeons vers Pontavert pour nous rendre au Bois des Buttes sur la stĂšle de Guillaume Apollinaire Ă©rigĂ© par Yves Gibeau. Dans les bois se distinguent encore les vestiges des tranchĂ©es. Nous faisons demi-tour pour aller admirer, dans le village de la Ville-aux-Bois, le monument au 2e Bataillon du Devonshire Regiment qui fut laminĂ© lors de l'offensive allemande du 27 mai 1918. Le long de la D1044 se trouve la nĂ©cropole britannique. La stĂšle de Guillaume Apollinaire Le monument au 2e Bataillon du Devonshire Regiment La nĂ©cropole britannique de la Ville-aux-Bois La nĂ©cropole britannique de la Ville-aux-Bois Au carrefour entre la D1044 et la D925 se trouve d'un cĂŽtĂ© le calvaire du carrefour du CholĂ©ra et de l'autre le monument national des chars d'assaut. Ce monument fut inaugurĂ© le 2 juillet 1922 en prĂ©sence des gĂ©nĂ©raux Foch, Mangin et d'Estienne. Le monument, conçu par le sculpteur Maxime del Sarte, est Ă©rigĂ© au lieu-dit ferme du CholĂ©ra oĂč furent engagĂ©s les premiers chars par l'armĂ©e française. Le monument porte les noms des Ă©quipages tombĂ©s lors des affrontements sur le Chemin des Dames. Le calvaire du CholĂ©ra Le monument aux chars Le monument aux chars Le char Schneider Nous poursuivons vers Berry-au-Bac oĂč se trouve la CĂŽte 108, sujet d'une terrible guerre des mines. Le site, dont la visite n'est pas autorisĂ©e des visites guidĂ©es sont organisĂ©es par la Caverne du Dragon, prĂ©sente un des plus importants cratĂšres de mines de France. À la sortie de Berry-au-Bac en direction de Reims, le chemin dans les champs partant sur la gauche de la D1044 au sommet de la cĂŽte juste aprĂšs le panneau indiquant que vous ĂȘtes en Champagne mĂšne au monument commĂ©moratif du village disparu de Sapigneul. Le monument au village disparu de Sapigneul Nous faisons demi-tour jusqu'au monument national des chars d'assaut pour prendre la D925 vers Pontavert et Oeuilly. À la sortie du village d'Oeuilly, en direction de Bourg-et-Comin, un chemin Ă  droite mal indiquĂ© mĂšne Ă  la nĂ©cropole française Ă©tablie dĂšs 1917 Ă  cĂŽtĂ© d'une ambulance de campagne hĂŽpital. Depuis la nĂ©cropole, montez Ă  pied le long du chemin d'accĂšs pour prendre le 1er chemin forestier Ă  droite avec une barriĂšre. Au bout d'environ 500 m se trouve la creute de la "ChaouĂŻa". Sur la façade se trouve une inscription en français et en arabe dĂ©signant le "PC ChaouĂŻa" oĂč des centaines de soldats s’abritĂšrent lors des affrontements sur le Chemin des Dames. La nĂ©cropole d'Oeuilly La nĂ©cropole d'Oeuilly La creute de la "ChaouĂŻa" La creute de la "ChaouĂŻa" La creute de la "ChaouĂŻa" La creute de la "ChaouĂŻa" La creute de la "ChaouĂŻa" La creute de la "ChaouĂŻa" Nous revenons sur la D925 pour nous rendre Ă  Bourg-et-Comin et Ă  Soupir. Des deux cĂŽtĂ©s de la route se trouvent les deux nĂ©cropoles françaises et la nĂ©cropole allemande, l'une des plus importantes de l'Aisne avec 11 079 corps. En prenant juste avant les nĂ©cropoles, la route Ă  droite vers le centre du village, nous pouvons voir, dans les prĂ©s, le portail du chĂąteau de Soupir, unique vestige de ce chĂąteau totalement dĂ©truit par les bombardements. À la sortie de Soupir en direction de Vailly-sur-Aisne se trouve la nĂ©cropole italienne regroupant les victimes des brigades Napoli et Salermo tombĂ©es lors de la reprise du Chemin des Dames en septembre 1918. La nĂ©cropole, Ă©tablie en 1921, compte 592 tombes. La nĂ©cropole française n°1 de Soupir La nĂ©cropole française n°1 de Soupir La nĂ©cropole française n°2 de Soupir La nĂ©cropole française n°2 de Soupir La nĂ©cropole allemande de Soupir La nĂ©cropole allemande de Soupir Le portail du chĂąteau de Soupir La nĂ©cropole italienne de Soupir La nĂ©cropole italienne de Soupir La nĂ©cropole italienne de Soupir En poursuivant sur la D925, nous atteignons Chavonne puis nous prenons la D885 en direction d'Ostel. Le 1er chemin Ă  gauche en direction de la ferme de Folemprise nous mĂšne au monument des Aviateurs oĂč reposent le lieutenant Marcel Vernes et le sergent pilote Jean Peinaud dont l'avion de reconnaissance fut abattu Ă  cet endroit le 24 mars 1917. Le monument des Aviateurs Nous avons complĂ©tĂ© notre visite par un dĂ©tour vers Fismes oĂč se trouve le pont mĂ©morial de la 28e DIUS. Enjambant la Vesle, ce pont commĂ©more les troupes amĂ©ricaines ayant libĂ©rĂ© Ă  deux reprises la ville en septembre 1918 et en aoĂ»t 1944. Le pont fut dĂ©truit en septembre 1914 par les Français pour retarder l'avance des Allemands. Reconstruit en 1916, il fut Ă  nouveau dĂ©truit en mai 1918. La reconstruction aprĂšs la guerre fut financĂ©e par l'Ă©tat de Pennsylvanie et la ville de Meadville. Il fut Ă  nouveau dĂ©truit en juin 1940 dans le but de retarder l'avance des troupes allemandes. Le pont mĂ©morial fut construit en 1955. La "constellation de la douleur" du pont mĂ©morial de Fismes Le pont mĂ©morial de Fismes Le pont mĂ©morial de Fismes A Braine se trouve, Ă  cĂŽtĂ© de la nĂ©cropole française, la seule nĂ©cropole danoise de la 1re Guerre mondiale. Elle abrite les sĂ©pultures de 79 soldats danois du Schleswig annexĂ© en 1866 par l'empire allemand. EnrĂŽlĂ©s contre leur grĂ© dans l'armĂ©e allemande, ces soldats ont Ă©tĂ© retirĂ©s des nĂ©cropoles allemandes Ă  la demande des familles pour ĂȘtre regroupĂ©s en ce lieu en 1934. La nĂ©cropole danoise de Braine La nĂ©cropole danoise de Braine La nĂ©cropole danoise de Braine La nĂ©cropole française de Braine Ces photographies ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es en juilet 2020. Les indications pour accĂ©der Ă  ce lieu insolite sont donnĂ©s sans garantie. Elles correspondent au chemin empruntĂ© lors de la rĂ©alisation des photographies. Elles peuvent ne plus ĂȘtre d'actualitĂ©. L'accĂšs au lieu se fait sous votre seule responsabilitĂ©. Si vous constatez des modifications ou des erreurs, n'hĂ©sitez pas Ă  m'en faire part. Cette page a Ă©tĂ© mise en ligne le 29 aout 2020 Cette page a Ă©tĂ© mise Ă  jour le 29 aout 2020
OSTEL1918. A partir de fin janvier 1918, la 26e DI US ("Yankee Division") arrive sur le Chemin des Dames et occupe le front entre Pinon et Braye Cette division de 20000 hommes est mélangée avec les troupes françaises sur place (21e DI) afin de s'acclimater à la guerre de position. Dans notre secteur, il s'agit du 93e RI et du 64e RI.
Le Chemin des Dames Le Chemin des Dames, une dĂ©cision catastrophique. Nous sommes le 6 avril 1917. Le gĂ©nĂ©ral en chef Robert Nivelle a Ă©tĂ© nommĂ© en dĂ©cembre 1916 pour prĂ©parer une attaque massive au printemps 1917. Il a prĂ©vu d’attaquer avec 800 000 hommes et 3 000 canons le 16 avril au Chemin des Dames. Depuis que le plan est divulguĂ©, beaucoup d’officiers et de gĂ©nĂ©raux ont fait connaĂźtre leurs rĂ©ticences au gouvernement. Le ministre de la Guerre, Paul PainlevĂ©, rĂ©cemment nommĂ© Ă  la suite de la dĂ©mission de Lyautey – qui ne croyait pas lui non plus au plan Nivelle – a clairement pris parti contre le plan Nivelle, aprĂšs une enquĂȘte approfondie. Le prĂ©sident de la RĂ©publique Raymond PoincarĂ©, lassĂ© de ces dĂ©bats et disputes qui affaiblissent l’armĂ©e et le commandement, a convoquĂ© une ultime rĂ©union pour dĂ©battre et dĂ©cider de lancer l’attaque ou pas. Un dialogue tendu oĂč le destin de la France se joue dans une dĂ©cision incertaine. PAINLEVÉ, Ă  PoincarĂ© Monsieur le prĂ©sident de la RĂ©publique
 POINCARÉ CafĂ© ? PAINLEVÉ Merci. Monsieur le prĂ©sident, je vous suis reconnaissant d’avoir organisĂ© cette rĂ©union Ă  quelques jours de l’éventuel dĂ©clenchement de l’attaque du Chemin des Dames. POINCARÉ Je ne sais s’il y a lieu de s’en rĂ©jouir, monsieur le ministre de la Guerre. Mais il le fallait. Votre opposition au gĂ©nĂ©ral en chef est devenue publique, la Chambre ne parle que de cela. Un peu de cafĂ© monsieur le prĂ©sident du Conseil ? RIBOT Non merci. Un temps Oh pardon. Ça, la Chambre est trĂšs nerveuse. PAINLEVÉ Trois ans de guerre ! Qui aurait pu imaginer cela en 1914 ? POINCARÉ, il goĂ»te le cafĂ© Il est tiĂšde. À PainlevĂ©. Loin de moi l’idĂ©e de vous faire des reproches, monsieur le ministre, mais si vous connaissiez l’art de la guerre aussi bien que les mathĂ©matiques
 PAINLEVÉ, qui l’interrompt Je sais, la victoire serait acquise. POINCARÉ En effet. PAINLEVÉ Il n’est pas facile de discuter avec le gĂ©nĂ©ral Nivelle. MĂȘme pour vous. POINCARÉ, Ă  Ribot Vous n’avez jamais apprĂ©ciĂ© ni mĂȘme soutenu notre nouveau gĂ©nĂ©ral en chef, monsieur le prĂ©sident du Conseil. À PainlevĂ© CafĂ© ? PAINLEVÉ Non merci. Monsieur le prĂ©sident de la RĂ©publique, je ne suis ministre de la Guerre que depuis trois semaines. Je n’ai guĂšre eu le temps de prendre Nivelle en grippe. Mais il se trouve
 POINCARÉ qui l’interrompt Il se trouve, PainlevĂ©, qu’en trois semaines, vous avez eu le temps de dĂ©stabiliser le commandement. 
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Guide tourisme, vacances & week-end dans l'AisneVisite virtuelleAjouter aux favorisSupprimer des favorisAjouter au circuitSupprimer du circuitLocalisĂ© entre Laon, Soissons et Reims, le Chemin des Dames, parcours de MĂ©moire, long de 30 km et large de 8 km, connut durant la PremiĂšre Guerre mondiale le dĂ©roulement de violents combats. C'est en ce territoire qu'eut lieu en avril 1917 l'offensive Nivelle contre l'armĂ©e allemande, ainsi que les mutineries de soldats français dĂ©sespĂ©rĂ©s, suite Ă  l'Ă©chec de l'assaut, les pertes humaines considĂ©rables et les conditions de vie nos jours, nombre de sites de mĂ©moire jalonnent cet itinĂ©raire du souvenir CimetiĂšres militaires français et allemands ; Caverne du Dragon, sur la commune d'Oulches-la-VallĂ©e-Foulon, rĂ©amĂ©nagĂ©e en espace musĂ©ographique consacrĂ© Ă  la PremiĂšre Guerre mondiale, aux batailles du Chemin des Dames et au quotidien des poilus ; Constellation de la Douleur, aux abords de la Caverne du Dragon, Ɠuvre de l'artiste Christian Lapie, commĂ©morant la participation de milliers d'hommes d'Afrique occidentale Ă  l'offensive ; MĂ©morial de Cerny-en-Laonnois ; Monument des Basques, sur la commune de Craonnelle ; Plateau de Californie, ponctuĂ© de vestiges de tranchĂ©es et de cratĂšres d'obus ; Monument des Chars d'Assaut, sur la commune de Berry-au-Bac ; Arboretum de Craonne, Ă  l'emplacement de l'ancien village dĂ©truit de Craonne ; Forts de la Malmaison et de Condé  Autant de lieux tragiques, Ă©mouvants et poignants, qui tĂ©moignent du dĂ©sespoir des poilus face Ă  l'horreur et l'absurditĂ© de la guerre
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Sentierspédestres racineux, chemins forestiers, dénivelé, traversée du Gazon du Faing, Lac noir, Lac Blanc et Lac des Truites aussi appelé Lac du Forlet et par temps dégagé un détour par l'observatoire de Belmont Rocher ou encore le Rocher de Hans. Une bien jolie randonnée à faire par beau temps. C'est mieux pour le paysage.

1 Le tĂ©moin Nous n’avons, Ă  ce jour, pu recueillir aucun Ă©lĂ©ment biographique sur ce tĂ©moin hormis ceux qui transparaissent dans sa narration. Il s’agit probablement d’un officier subalterne ou d’un sous-officier ? appartenant au 131e RI qui occupe un poste de chef de section comme le laissent clairement entendre deux passages du texte pp 75 et 80. Le tĂ©moignage de Bonnamy ne permet pas d’établir clairement son appartenance Ă  l’armĂ©e de mĂ©tier ou Ă  celle de conscription. 2 Le tĂ©moignage La SaignĂ©e, E. Chiron, 1920, 157 p. Un dessin signĂ© de l’auteur en premiĂšre de couverture. Une dĂ©dicace A mes camarades du 131e » Une courte prĂ©face, localisĂ©e et datĂ©e Juvincourt-Berry-au-Bac 1917 ». 3 Analyse Le tĂ©moignage de Georges Bonnamy s’apparente Ă  la catĂ©gorie des souvenirs de guerre non recensĂ©s par Cru, ni dans TĂ©moins 1929 ni dans Du TĂ©moignage 1930. Les premiers mots de la prĂ©face situent tout Ă  fait cet Ă©crit dans un genre testimonial particulier parce que critique En Ă©crivant ces pages j’ai voulu surtout rendre hommage au soldat français de la guerre, qui, malgrĂ© les fautes de ses dirigeants entraĂźnant pour lui tant de misĂšres Ă©vitables, est demeurĂ© contre l’adversitĂ© et a su lutter Ăąprement jusqu’à son triomphe. » Souvenirs d’autant plus critiques que Bonnamy met en cause non seulement la conduite de cette offensive par le haut commandement militaire mais Ă©pingle Ă©galement la responsabilitĂ© des politiques en Ă©voquant notamment les polĂ©miques littĂ©raires » qui se dĂ©clenchĂšrent autour de cette offensive avant mĂȘme la fin du conflit. Trois moments trĂšs diffĂ©rents caractĂ©risent ce tĂ©moignage dont la construction est parfois assez dĂ©concertante, alternant des chapitres de narration Ă©vĂ©nementielle aux chapitres d’analyse ou de remĂ©moration. La portĂ©e de ce tĂ©moignage est donc une combinaison complexe alternant Ă  la fois une relation objective de faits guerriers probablement Ă©crite Ă  partir de carnets et un discours d’analyse construit a posteriori, dĂ©jĂ  fortement empreint d’une forme de pensĂ©e reprĂ©sentative de celle de l’ancien combattant. Les six premiers chapitres brossent un tableau gĂ©nĂ©ral de la guerre. Les neuf chapitres suivants sont centrĂ©s exclusivement sur l’offensive du Chemin des Dames de 1917 mais mĂȘlent deux approches diffĂ©rentes. La premiĂšre offre un tableau prĂ©cis de l’offensive du Chemin des Dames du 16 au 29 avril 1917 dans sa partie orientale. Elle fournit une chronologie et une topographie particuliĂšrement prĂ©cises de la pĂ©riode d’engagement de l’unitĂ© Ă  laquelle appartient l’auteur. La seconde partie, originale, offre une analyse rĂ©trospective des insuffisances militaires et politiques qui furent Ă  l’origine de l’échec. L’auteur entend y exposer un point de vue critique sur ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit sur cette offensive au regard de sa propre expĂ©rience vĂ©cue. Cette partie est suivie d’un retour au narratif Ă©vĂ©nementiel portant sur la pĂ©riode de l’aprĂšs combat fin avril et dĂ©but mai, mĂȘlĂ©e de passages plus analytiques Ă©voquant les mutineries ou la justice militaire. Enfin, un dernier chapitre Ă©voque un pĂšlerinage d’aprĂšs guerre sur ce mĂȘme lieu. Chapitres 1 Ă  6 la guerre au quotidien Les six premiers chapitres de ces souvenirs, intitulĂ©s Dans la TranchĂ©e », Les Travaux », Les CorvĂ©es », Les Gaz », les Sapes » et Un Enterrement », offrent un tableau somme toute classique de la littĂ©rature de tĂ©moignage, centrĂ©s sur la vie matĂ©rielle du soldat. Aucune indications temporelles n’y figurent mais quelques indications spatiales assez prĂ©cises permettent de pallier cette lacune par la consultation des JMO ou de l’historique du 131e RI Berry-au-Bac boyau de Hazebrouck au chapitre 2 et Argonne boyaux de Bolante et de la Fille morte aux chapitres 3 et 4. Aucune localisation fiable n’est envisageable pour les chapitres 5 et 6. Ces six premiers chapitres offrent des considĂ©rations gĂ©nĂ©rales sur la guerre. Quelques thĂ©matiques particuliĂšres y sont Ă©voquĂ©es – perception du temps de guerre et Ă©vocation de la camaraderie au front chapitre 1. – importance des travaux et corvĂ©es dans l’économie de la guerre au quotidien chapitres 2 et 3. – importantes pertes occasionnĂ©es par la guerre des mines en Argonne chapitre 3. – guerre des gaz chapitre 4. – qualitĂ© des fortifications allemandes et rĂ©pugnance des troupes françaises aux travaux de fortification ; accidents dus Ă  la manipulation des grenades ennemies chapitre 5. – enterrement d’un camarade chapitre 6. Chapitres 7 Ă  16 le Chemin des Dames d’avril Ă  mai 1917 L’engagement du 131e du 16 au 29 avril L’intĂ©rĂȘt majeur du tĂ©moignage de Bonnamy rĂ©side Ă  n’en pas douter dans la description prĂ©cise et complĂšte de son implication dans l’offensive du 16 avril 1917 au sein de la Xe armĂ©e prĂ©vue initialement pour assurer l’exploitation de la percĂ©e qu’auraient dĂ» produire les deux armĂ©es de rupture, les Ve et VIe armĂ©es. L’auteur Ă©voque d’entrĂ©e les espoirs suscitĂ©s par cette attaque qui devait mettre un terme au conflit Cette offensive ? Elle doit ĂȘtre le terme de nos souffrances, notre dernier effort ; elle doit ĂȘtre victorieuse impĂ©tueusement et conduire l’ennemi Ă  la dĂ©route. On en parle partout et partout on a confiance. » p 55 La prĂ©paration sur le papier ne peut que renforcer cette confiance initiale Tout est scrupuleusement Ă©tudiĂ© et solutionnĂ© et mĂȘme le commandement a poussĂ© la prĂ©voyance jusqu’à nous indiquer le lieu, l’heure et la durĂ©e des pauses que nous devons faire au cours de notre marche en avant ! C’est de la prĂ©voyance qui va peut-ĂȘtre un peu trop loin
 » p 56 Le 15 avril, le 131e quitte son cantonnement de Ventelay et se dirige vers Roucy. Les espoirs semblent confirmĂ©s par le spectacle de la prĂ©paration d’artillerie en cours Plus nous avançons et plus le grondement des canons devient assourdissant ; je suis littĂ©ralement ahuri. » p 57 L’Aisne est franchie et le rĂ©giment s’installe dans des sapes du bois de Beaumarais, en attente d’ordres. L’auteur occupe une position de chef de section il se met Ă  la recherche d’abris capables de protĂ©ger ses hommes et se cherche une sape individuelle, dĂ©jĂ  occupĂ©e par un cadavre
 Cette prĂ©sence inattendue l’oblige Ă  rejoindre ses hommes. L’arrivĂ©e d’un agent de liaison lui permet de connaĂźtre les derniers ordres 
 l’heure H est Ă  6 heures, notre rĂ©giment doit intervenir Ă  H+4, c’est-Ă -dire 10 heures. » p 60 Ce temps d’attente d’avant l’attaque est long et particuliĂšrement difficile Ă  gĂ©rer. On le meuble par des pratiques superstitieuses qui semblent vouloir conjurer le sort Pour nous divertir, quelqu’un propose de jouer Ă  pile ou face nos existence prĂ©caires ! Je lance Ă  mon tour le sou en l’air et le sort me donne pile
 je dois ĂȘtre tuĂ© ; l’impression que je tire de ce jeu n’est Ă©videmment pas bonne. » p 60 Vers 6 heures, l’artillerie française ralentit ses cadences de tir, signe de l’imminence de l’attaque. DĂ©jĂ  les premiers blessĂ©s des armĂ©es de rupture refluent Un trĂšs jeune officier passe prĂšs de nous, trĂšs roide, avec une terrible plaie Ă  la mĂąchoire que ne recouvre aucune compresse ; nous lui demandons si l’affaire se passe bien ; il nous fait signe que oui. Mais nous recueillons en peu d’instants tellement de renseignements contradictoires que nous ne savons que penser. » pp 61-62. La dĂ©ception des espoirs initiaux ne tarde pas Ă  venir A 10 heures, l’ordre de nous mettre en route ne nous est pas donnĂ©, alors nous commençons Ă  douter du succĂšs de l’offensive. La journĂ©e entiĂšre s’écoule ainsi Ă  regarder passer les blessĂ©s, refluer en dĂ©sordre des convois de toutes sortes, des tanks, de la cavalerie. » p 62 La nuit venue, un ordre enjoint l’unitĂ© du tĂ©moin Ă  se porter latĂ©ralement jusqu’au bois Clausade oĂč elle passe la deuxiĂšme journĂ©e de l’offensive Nous sommes complĂštement isolĂ©s dans ce bois et peut-ĂȘtre mĂȘme ignorĂ©s ! Aucune nouvelle du combat qui se livre devant nous n’arrive jusqu’ici ; seule la canonnade nous renseigne vaguement sur la marche des opĂ©rations et nous sommes bien forcĂ©s de reconnaĂźtre que le mouvement de rempli des Allemands ne ressemble guĂšre Ă  une dĂ©route
 Je regarde les plans d’attaque surannĂ©s avec amertume aujourd’hui, nous devrions ĂȘtre Ă  Sissonne ! » p 63 L’officier est dĂ©sorientĂ©, aux sens propre et figurĂ© du terme, par cette nouvelle mission d’oĂč suinte l’improvisation consĂ©cutive Ă  l’échec des armĂ©es de rupture 
 nous ne faisons plus face Ă  nos objectifs primitifs et nous ne possĂ©dons aucun plan ni renseignement du terrain qui s’étend devant nous. » pp 63-64 S’ensuit une marche de nuit confuse qui amĂšne le bataillon sur les rives de la Miette, adorable ruisseau jadis, affreux bourbier de sang et de cadavres ce soir-lĂ . » p 64 Personne ne sait oĂč aller. On pense ĂȘtre dans les lignes ennemies. On reflue pour savoir par la suite que les Ă©lĂ©ments de tĂȘte du bataillon ont simplement croisĂ© une poignĂ©e de prisonniers allemands qui se repliaient vers les lignes françaises. Dans cette confusion qui rĂšgne jusqu’au petit jour, compagnies et sections se sont mĂȘlĂ©es, les hommes se sont Ă©garĂ©s et n’ont eu aucun ravitaillement depuis leur dĂ©part. Il faut attendre le milieu de la matinĂ©e pour qu’un guide envoyĂ© par le commandement emmĂšne le bataillon sur les anciennes positions du 4e RI, jonchĂ©es de cadavres. Il est maintenant acquis que l’armĂ©e d’exploitation va donc simplement servir Ă  combler les pertes des armĂ©es de ruptures durement Ă©prouvĂ©s Nous sommes tous affreusement pĂąles et ce qui nous fait le plus mal c’est de voir autant de Français Ă©tendus et si peu d’Allemands. » p 70 Le 131e RI occupe la tranchĂ©e de la route 44 et s’y enterre, coincĂ© entre les hauteurs de Craonne et Berry-au-Bac-cote 108, toujours tenues pas les Allemands. Le troisiĂšme jour d’engagement est celui de tous les dĂ©couragements Je sens que le moral de la troupe va constamment en s’affaiblissant. Pourtant il Ă©tait solide, il y a trois jours, jamais je ne l’avais vu aussi beau. Ces hommes et leurs chefs Ă©taient partis Ă  l’attaque plein[s] d’enthousiasme, sĂ»rs de leur force et de la dĂ©faite de l’ennemi. » p 73 La lassitude s’installe d’autant mieux qu’ aprĂšs trois jours de marches dĂ©sordonnĂ©es, en tous sens, pĂ©nibles et meurtriĂšres, nous n’avons pas vu l’ennemi, nous ne savons pas mĂȘme oĂč il se trouve et nos pertes sont lourdes ! » p 74 La liaison entre les unitĂ©s voisines n’est mĂȘme pas assurĂ©e il existe des trous » dans le dispositif français. Le chef de bataillon dĂ©cide de partir en reconnaissance en avant avec ses officiers vers le boyau Belt oĂč les Français n’ont jamais mis les pieds mais qui est jonchĂ© de cadavres allemands. De retour vers ses hommes, Bonnamy est chargĂ© d’établir la liaison avec les unitĂ©s voisines qu’il cherche durant une heure dans une parfaite obscuritĂ©. La liaison est enfin accomplie au niveau du boyau de la Somme occupĂ© par des troupes du 76e RI. Les travaux de terrassement dĂ©fensifs peuvent alors commencer. Le jour suivant, vers 8 heures, un feldwebel vient se rendre. Selon ses dires, la situation n’est guĂšre meilleure dans les lignes allemandes oĂč rĂšgnent Ă©galement confusion et fatigue. La journĂ©e est calme car les Allemands qui occupent les hauteurs du Bois des Boches n’ont pas encore dĂ©couvert les nouvelles positions françaises. Mais dĂšs le 20 avril, l’efficacitĂ© des tirs allemands ne cesse de croĂźtre pour atteindre un parfait rendement. Les hommes du 131e RI sont dĂ©sormais dĂ©finitivement Ă©tablis dans une nouvelle guerre d’usure oĂč remuer la terre est un gage de vie. Bonnamy Ă©voque rĂ©trospectivement l’échec du 4e RI devant Juvincourt, position que son rĂ©giment occupe actuellement Courtine de l’Ancien Moulin. Le 4e, sĂ©rieusement Ă©prouvĂ© par ses pertes le 16 avril et peu soutenu par son artillerie, n’a pu ni rĂ©sister aux contre-attaques allemandes ni se maintenir dans cette localitĂ©. Les ordres actuels paraissent tout aussi incohĂ©rents Je m’étonne, en le parcourant, que ce systĂšme de tranchĂ©es ne soit la propriĂ©tĂ© de personne ; cette position dominante est incontestablement prĂ©fĂ©rable Ă  celle que nous occupons. Pourquoi ne nous en emparons-nous pas, il n’y a qu’à avancer ? » p 83 Le commandement, absent des premiĂšre ligne, semble parfaitement ignorer la position des troupes 
 mon opinion et celle des autres petits chefs d’infanterie qui m’environnaient Ă©tait nĂ©gligeable eu Ă©gard Ă  nos grades ne pouvaient avoir d’écho. » p 85 Le 131e est donc condamnĂ© Ă  subir les bombardement allemands jusqu’à sa relĂšve opĂ©rĂ©e le 29 avril par le 313e RI. L’analyse de l’échec L’ùre du tĂ©moin » Je me propose ici de faire connaĂźtre quelques vĂ©ritĂ©s sur l’offensive menĂ©e par les troupes françaises au mois d’avril 1917. Je ne parlerai que du secteur que j’ai vu, mais j’en parlerai sĂ»rement 
 » p 89 On l’aura facilement compris, la position de tĂ©moin visuel, revendiquĂ©e avec force par l’auteur, l’autorise Ă  entrer dans l’analyse des polĂ©miques littĂ©raires » qui Ă©clatĂšrent au sujet de cette offensive bien avant la fin de la guerre, pour y apporter sa propre contribution On dirait qu’une frĂ©nĂ©sie s’est emparĂ©e de tous ces gens qui rĂ©pandent Ă  profusion sans s’en rendre compte, des erreurs et des lĂ©gendes. Ils veulent tous dire leur mot sur cette affaire et ils exposent les faits sous vingt jours diffĂ©rents 
 » p 89 Le premier visĂ© n’est autre que le ministre de la Guerre, Paul PainlevĂ©, qui a fait paraĂźtre dĂšs novembre 1919, La vĂ©ritĂ© sur l’offensive du 16 avril 1917 cf. partie 4. Non, Monsieur PainlevĂ©, vous ne publierez pas toute la vĂ©ritĂ© c’est impossible ! » p 90, lui rĂ©pond l’auteur de La SaignĂ©e. Selon lui, trĂšs pĂ©remptoire sur ce point, seul celui qui a de ses yeux vu a droit Ă  la parole pour Ă©voquer ce qu’on qualifierait sans doute aujourd’hui une forme de micro-histoire Et vous, les historiens de la Grande Guerre, les critiques militaires ineffables, qui avez vu l’offensive d’avril 1917 de fort loin, dans votre bureau et dans vos chaussons, gardez-vous de porter des jugements tĂ©mĂ©raires basĂ©s sur des documents plus ou moins authentiques et, en tous cas, seulement sur des documents ; l’histoire en souffrirait. » p 89 Craignant que les historiens ne pratiquent comme il le faudrait l’analyse critique des documents d’état-major, le tĂ©moin entend leur fournir ici sa version des faits Ă  partir de ce qu’il a pu observer directement. Constatant que nulle part, nous n’avions avancĂ© selon les prĂ©visions du commandement », Bonnamy s’en prend d’abord Ă  la dĂ©fense de Nivelle qui a prĂ©tendu, dĂšs sa comparution devant la commission BrugĂšre, que si le pouvoir politique l’avait laissĂ© mener son offensive jusqu’au terme, celle-ci ne se serait pas forcĂ©ment soldĂ©e par un Ă©chec. LĂ  oĂč Nivelle avait toujours cherchĂ© Ă  minimiser les pertes, Bonnamy entend lui rĂ©pondre, lĂ  encore avec l’autoritĂ© de celui qui Ă©tait Les pertes que nous avons subies pendant cette seconde phase de l’offensive, c’est-Ă -dire pendant la durĂ©e de l’organisation du terrain conquis, furent trĂšs sĂ©vĂšres et quoi qu’il n’en soit fait mention dans les statistiques officielles relatives Ă  l’offensive, je prĂ©tends qu’elles doivent s’y rattacher, elles en sont la consĂ©quence. » p 92 Poursuivant l’analyse des pertes, Bonnamy en soldat aguerri et expĂ©rimentĂ© conclut Mais ce qui est anormal, c’est que nos gains furent hors de proportions avec nos pertes. » p 94 Revenant sur l’engagement de son unitĂ©, le tĂ©moin analyse la conduite de cette opĂ©ration oĂč rien ne se passa selon [les] prĂ©visions » prĂ©paration d’artillerie irrĂ©guliĂšre, non conquĂȘte des hauteurs tenues par les Allemands Craonne, Bois des Buttes et des Boches, cote 108, dĂ©fense obstinĂ©e de l’ennemi, prĂ©sence de blockhaus garnis de mitrailleuses, tanks qui n’ont remplir leur mission, soutien insuffisant de l’artillerie. Quant aux secteurs oĂč une progression a pu ĂȘtre accomplie, l’absence de directives coordonnĂ©es Ă©manant du haut commandement, n’a pas permis de les conquĂ©rir facilement, comme il aurait Ă©tĂ© possible de le faire pour la trouĂ©e de Juvincourt. Les troupes durent s’enterrer sur place, quitte Ă  subir l’écrasement par l’artillerie ennemie. Les modifications des plans initiaux n’ont pas Ă©tĂ© absentes mais elles ont Ă©tĂ© trop lentes, entraĂźnant avec elles la confusion inĂ©vitable. » p 104 A la question de savoir pourquoi l’offensive fut mal montĂ©e, l’auteur rĂ©pond en pointant les conditions mĂ©tĂ©orologiques dĂ©plorables, la fatigue des combattants avant mĂȘme leur engagement, le dĂ©sordre ambiant, les mauvaises liaisons entre l’état-major et la troupe, l’insuffisance en nombre et l’imprĂ©paration des tanks. Mais Bonnamy ne se contente pas de remettre en cause les bĂ©vues du haut commandement, il Ă©voque Ă©galement les dĂ©faillances des Ă©chelons infĂ©rieurs au cours de l’affaire de Sapigneul, un commandant avait emmenĂ© les plans d’engagement d’une partie de la Ve armĂ©e qui fut pris par les Allemands. Le plan d’attaque gĂ©nĂ©ral n’en fut pas pour autant modifiĂ©. Bonnamy ne donne toutefois pas raison au gouvernement de reprocher Ă  l’ancien commandant en chef de lui avoir cachĂ© ce fait Or, je dis que le gĂ©nĂ©ral en chef Ă©tait seul juge de cette affaire et qu’il a bien fait de prendre une dĂ©cision sous sa responsabilitĂ©, le Gouvernement Ă©tant incapable d’avoir une opinion personnelle Ă  ce sujet. » p. 108 Il semble ignorer ou, du moins, nĂ©gliger, puisqu’il a lu les Ă©crits de PainlevĂ©, l’existence de la confĂ©rence de CompiĂšgne du 6 avril oĂč l’existence de ce fait aurait dĂ» ĂȘtre portĂ© Ă  la connaissance des autoritĂ©s gouvernementales, l’affaire de Sapigneul ayant eu lieu deux jours avant ladite confĂ©rence. Parfois dĂ©fenseur de valeurs purement militaires, il ne peut que dĂ©plorer l’absence de dĂ©cisions tranchĂ©es qui ont caractĂ©risĂ© du dĂ©but Ă  la fin cette offensive du cĂŽtĂ© des politiques Mon avis est que ou bien le gĂ©nĂ©ral Nivelle Ă©tait reconnu incapable, et il fallait le remplacer ; ou bien on lui faisait confiance, et, dans tout ce cas, il fallait le laisser agir seul jusqu’au bout. Ces atermoiements et ces colloques n’ont pu que le gĂȘner. » p 114 Le tĂ©moin a-t-il lu les thĂšses dĂ©fendues par les proches de Nivelle, dont celles du commandant De Civrieux ? Ce n’est pas impossible cf. partie 4. Evoquant sans jamais le citer explicitement la polĂ©mique nĂ©e autour de la parution dans le Collier’s national Weekly – un hebdomadaire amĂ©ricain Ă  fort tirage qui dĂ©fendit les thĂšses de Nivelle contre celles de PainlevĂ© – Bonnamy n’en poursuit pas moins sa dĂ©monstration Ă  charge, dĂ©monstration oĂč chacun d’ailleurs en prend pour son grade
 Dans cet article, Wythe Williams avait prĂ©tendu que la prĂ©sence de parlementaires Ă  l’observatoire de Roucy et non Roncy, comme l’indique le texte avait provoquĂ© une intervention directe du ministre de la Guerre pour mettre fin Ă  l’offensive. Nuançant les thĂšses des uns et des autres, Bonnamy n’en tranche pas moins la question en dĂ©clarant qu’ il est prouvĂ© que la prĂ©sence de ces douze parlementaires au front [dont Clemenceau, Ferry, Doumer, Favre et Renaudel] n’a pas eu pour effet de provoquer une intervention politique. » pp 117-118 Il n’en dĂ©plore pas moins la prĂ©sence de ces chefs de l’Etat constituaient une gĂȘne pour les gĂ©nĂ©raux dirigeant les opĂ©rations, et les attitudes qu’ils ont eues ont pu influer sur les dĂ©cisions prises. » p 117 Se mettant, parfois un peu naĂŻvement, Ă  la place du commandant du GAR, il poursuit en dĂ©clarant Mon avis est que ces parlementaires ont follement commis une grande faute en se rendant sur le front de l’attaque. Je ne sais si le gĂ©nĂ©ral Micheler eut beaucoup de plaisir Ă  les avoir auprĂšs de lui, ou s’il les a subis par respect, mais ce que je sais bien, c’est que je n’aurais pas tolĂ©rĂ© leur prĂ©sence une minute, que je les aurais renvoyĂ© purement et simplement Ă  leurs propres affaires, Ă  leurs chiffons de papier ». J’aurais Ă©vitĂ© d’ĂȘtre ainsi gĂȘnĂ© par les mouches du coche ! » p 117 Il semble toutefois ignorer combien le commandant du GAR cultivait Ă  souhait les soutiens politiques dont le principal n’était autre qu’Antonin Dubost, le prĂ©sident du SĂ©nat. Reprenant le flambeau de celui qui y Ă©tait », Bonnamy a alors beau jeu de dĂ©noncer ce qu’il juge ĂȘtre la semi-couardise des parlementaires prĂ©sents Ă  Roucy Voulaient-ils plus simplement encourager les soldats de leur prĂ©sence ? Oh ! la belle pensĂ©e ! Mon rĂ©giment, allant Ă  l’attaque, est passĂ© dans Roncy la veille du 16 avril ; il Ă©tait nuit, et je n’ai pas aperçu les parlementaires, et, les aurais-je vus, que je n’en n’aurais pas eu plus de courage. » pp 118-119 Nous sommes lĂ  au cƓur d’un discours ancien combattant, construit aprĂšs la guerre et empreint d’un anti-parlementarisme de circonstance
 L’aprĂšs combat Reprenant la narration Ă©vĂ©nementielle, Bonnamy s’attache alors Ă  dĂ©crire la pĂ©riode qui suit immĂ©diatement l’engagement du 131e. Les hommes sont extĂ©nuĂ©s de fatigue mais ne s’en chargent pas moins d’un prĂ©cieux butin de guerre pris aux Allemands p 121. Dans un passage qui ne va pas sans rappeler les souvenirs de TĂ©zenas du Montcel pour un secteur voisin L’Heure H. Etapes d’infanterie, Valmont, 1960, il dĂ©crit le soulagement de l’aprĂšs combat et ce bonheur de sortir vivant de la bagarre » p 121. L’unitĂ© se rend nuitamment au Bois des Boches, rĂ©cemment reconquis, s’y perd pour retrouver enfin la route de Pontavert. Le repos se fera Ă  Vantelay oĂč le rĂ©giment doit entrer musique en tĂȘte sous l’Ɠil du colonel qui tient beaucoup Ă  ce retour en fanfare. » p 127 La fatigue des hommes provoque plutĂŽt un triste dĂ©filĂ©. » Les lieux de cantonnement sont des baraquements vermoulus et branlants, sans fenĂȘtres souvent, et qui s’érigent au milieu d’un lac de boue. » p 129 Les hommes sont pour la majoritĂ©, peu enclins Ă  bavarder ». On cherche avant tout le sommeil. Les troupes sont mĂ©contentes de leurs chefs. Elles doutent de la victoire », apprennent que les permissions sont suspendues et dĂ©plorent les piĂštres conditions matĂ©rielles qui leur sont rĂ©servĂ©es au repos. Elles sont Ă©galement mĂ©contentes du gouvernement » car des rumeurs de paix avec l’Allemagne et de mauvais traitements Ă  l’égard de leurs femmes et leurs enfants se rĂ©pandent probablement la rumeur des Annamites. Puisque les permissions sont suspendues et que les journaux n’arrivent plus, les soldats les tiennent pour exactes. » p 133 Reprenant Ă  son compte l’intrusion d’agents secrets, provocateurs de troubles » chĂšre au commandement, l’auteur nuance son propos en disant que leur action a Ă©tĂ© postĂ©rieure Ă  la dĂ©moralisation de l’armĂ©e » pp 133-134 Son rĂ©cit est lĂ  encore contaminĂ© par des rĂ©surgences mĂ©morielles de l’aprĂšs guerre, avec un Ă©loge du commandement et de la mĂ©thode PĂ©tain p 134. Son tĂ©moignage direct sur les mutineries est plutĂŽt concis voire rĂ©servĂ© sur ce point particulier Au milieu de cette ambiance, mon rĂ©giment, malgrĂ© son dĂ©sordre apparent, conserva son sang froid et se contenta de protester par des paroles. » p 135 Le 131e, bien que n’ayant pas terminĂ© sa pĂ©riode de repos, va ĂȘtre appelĂ© Ă  remonter en ligne. Ce qui provoque un surexcitation insolite » des clameurs s’élĂšvent au moment oĂč la musique rĂ©gimentaire joue, l’arrivĂ©e du colonel est l’occasion de rĂ©clamer des permissions. Le lendemain, montant en ligne, les hommes entonnent la chanson de Craonne mais une fois arrivĂ©s aux tranchĂ©es tout rentre dans l’ordre, les retardataires rejoignent peu Ă  peu leur unitĂ©, bientĂŽt la bonne volontĂ© et la discipline renaĂźt partout. » p 136 Dans un chapitre intitulĂ© Les conseils de guerre aux armĂ©es », Bonnamy renoue avec un rĂ©cit analytique et gĂ©nĂ©raliste. Selon le tĂ©moin Ă  qui il 
 a Ă©tĂ© donnĂ© d’assister plusieurs fois Ă  de pareils jugements » p 138, cette justice 
 a Ă©tĂ© rendue souvent dans de mauvaises conditions de labeur, avec une prĂ©cipitation outrageante et sans une conception de la grandeur de la tĂąche entreprise et de la responsabilitĂ© encourue. On a produit des jugements le plus souvent avec un minimum de temps, d’efforts et d’arguments ; on a jugĂ© des faits, on n’a pas jugĂ© l’homme. » p 137 Bonnamy reproche Ă  ces tribunaux militaires la piĂštre qualification des juges, une mĂ©connaissance des dossiers, des manquements Ă©lĂ©mentaires au code de justice, des vices de formes et la prĂ©sence d’avocats commis d’office Ă  qui on n’a pas laissĂ© le temps de prĂ©parer une vĂ©ritable dĂ©fense. Illustrant son propos par deux exemples qu’il connut directement, Bonnamy en conclut que les grands griefs que l’on peut retenir contre cette justice sont qu’elle ne s’entourait pas de toutes les compĂ©tences dĂ©sirables et qu’elle Ă©tait hĂątivement rendue – au contraire de la justice civile ! » p 142 Evoquant ensuite la constitution des corps francs en rĂ©ponse aux Stosstruppen allemands, le tĂ©moin constate qu’ aprĂšs avoir Ă©tĂ© trĂšs en vogue dans l’armĂ©e française, [ils] tombĂšrent dans le marasme et Ă  peu prĂšs dans l’oubli. » Ce sont en gĂ©nĂ©ral d’assez mauvais sujets au caractĂšre intraitable que la guerre n’avait pas contribuĂ© Ă  rendre meilleur. » p 143 La crĂ©ation des compagnies franches posa rapidement des problĂšmes au commandement En ligne ils accomplissaient avec entrain toute mission donnĂ©e, mais au repos ils estimaient avoir droit Ă  la plus complĂšte tranquillitĂ©. » p 144 Souvent ivres, ils sont peu disciplinĂ©s et peu respectueux des hiĂ©rarchies en place. Leur rapide disparition correspondit Ă  un rĂ©el soulagement pour le commandement. Le chapitre Une attaque » dĂ©crit un engagement qui s’est trĂšs probablement dĂ©roulĂ© Ă©galement sur le Chemin des Dames. Aucune indication temporelle ni topographique ne figurent dans ce rĂ©cit de combat. Il pourrait s’agir de l’attaque du 21 novembre 1917 visant Ă  la reconquĂȘte du saillant de Juvincourt, briĂšvement Ă©voquĂ©e dans l’historique du 131e. Bonnamy qualifie cette attaque d’ opĂ©ration de dĂ©tail comportant la rĂ©duction d’un saillant ennemi ». Elle est prĂ©cĂ©dĂ©e d’une forte prĂ©paration d’artillerie. Il justifie son succĂšs par le fait que toutes les opĂ©rations de faible envergure ainsi conçues et exĂ©cutĂ©es ne peuvent que rĂ©ussir, car la lutte est trop inĂ©gale pour qu’il en soit autrement. » p 151 Chapitre XVI PĂšlerinage Le dernier chapitre du tĂ©moignage de Bonnamy laisse entiĂšrement la parole Ă  l’ancien combattant. Les souvenirs qu’il est revenu quĂ©rir sur le Chemin des Dames sont tous empreints d’une amertume teintĂ©e d’une certaine forme de nostalgie. De retour sur les lieux oĂč il combattit et oĂč nombre de ses camarades reposent encore, il y dĂ©nonce le retour Ă  la vie dans ce qui restera pour lui Ă  jamais un ancien champ de bataille devenu un sanctuaire sacrĂ© Des Ă©trangers y sont venus, profanateurs de nos misĂšres et de nos souvenirs terribles ; ils y sont encore, ils grouillent en tout sens en s’appelant et en riant
 et j’ai envie de leur crier de respecter ces lieux meurtris 
 Je les fui[s] et je cours dans le dĂ©dale des tranchĂ©es me rĂ©fugier au cƓur de ce champ de bataille. LĂ , personne n’est venu, personne ne viendra, car c’est loin, inconnu et dĂ©sert, car cela n’est rien pour eux »  pour moi c’est tout un lambeau de ma vie, lambeau atroce ! » p 154 4 Autres informations – Anonyme, Historique succinct du 131e RI – De Civrieux commandant, L’offensive de 1917 et le commandement du gĂ©nĂ©ral Nivelle, Van Oest, 1919, 269 p. – Jagielski et D. Rolland, En terminer avec l’affaire du Chemin des Dames ? La commission BrugĂšre 1917-1927 », Bulletin de la FĂ©dĂ©ration des SociĂ©tĂ©s historiques et archĂ©ologiques de l’Aisne, Ă  paraĂźtre sur l’affaire des parlementaires prĂ©sents Ă  Roucy et sur les polĂ©miques dĂ©clanchĂ©es par l’article du Collier’s national Weekly. – P. PainlevĂ©, La vĂ©ritĂ© sur l’offensive du 16 avril 1917, La Renaissance politique, littĂ©raire, Ă©conomique, novembre 1919, 107 p. et Comment j’ai nommĂ© Foch et PĂ©tain, FĂ©lix Alcan, 1923, 424 p. Jagielski, 17/02/10
LaCaverne du Dragon se situe sur le Chemin des Dames, sur le territoire de la commune d'Oulches-la-Vallée-Foulon, dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.Il s'agit d'un lieu stratégique lors de la PremiÚre Guerre mondiale et plus précisément lors de l'offensive Nivelle, pendant la bataille des observatoires [1].. Ce sont les Allemands qui, lors de leur occupation de

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